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16 mars 2012

Les lieux-dits portant le nom de notre patronyme

Faisons aujourd’hui un peu d’onomastique[1] et abordons les lieux-dits dont le toponyme est le même que celui de notre patronyme[2] et tentons de savoir s’il existe une corrélation entre eux et, si oui, laquelle.

Un lieu-dit se définit « comme un endroit de faible étendue dont le toponyme est issu du nom de l’un de ses anciens habitants, d’une particularité propre à sa géographie, de son histoire locale ou d’un ancien village ».
Nous voyons ainsi que le premier critère est déjà un indice montrant qu’il est possible qu’existe un lien entre ces « lieux-dits Pauzat » et nos ancêtres. Mais si oui, est-ce toujours le cas ?
 Si l’on se réfère à l’époque où ces lieux-dits furent identifiés, souvenons-nous que leurs orthographes étaient souvent le reflet de leur écriture phonique. Citons : « S’agissant des lieux-dits, l'orthographe de ces noms paraîtrait vaine, puisque chaque curé, chaque maire, chaque secrétaire de mairie, a adopté sa propre version, qu'il modifiait éventuellement d'un acte à l'autre. Beaucoup de ces noms sont aussi des patronymes d'habitants de la commune, qui n'habitent d'ailleurs plus dans le hameau correspondant. »
Ce point est important, comme on le verra plus tard, car il ouvre cette recherche à des noms de lieu-dit dont l’orthographe n’est pas exactement celle de notre patronyme d’origine. Dans l’article  « Les Pouzat sont-ils des Pauzat qui s'ignorent ? » en mars 2011, nous avions fait la preuve que certains Pouzat de l’Yonne étaient en fait, à l’origine, des Pauzat[3]. 
Examinons maintenant les lieux-dits « Pauzat » recensés aujourd’hui :

1er cas : lieu-dit Pauzat, à Issor en Béarn
Son écriture ne comporte pas d’article (ex : Le Pauzat) et est très proche d’un autre lieu-dit ayant pour toponyme le nom d’une famille ayant des liens étroits avec les Pauzat du lieu, les Camgros.
On devine donc que ce toponyme n’est autre que le nom porté par des Pauzat qui vivaient à cet endroit. Il y existe d’ailleurs encore une ferme.

2ème cas : lieu-dit Pauzat en Puy-de-Dôme
Cet endroit se situe a priori près de la commune de Escoutoux, environ 30km à l’est de Clermont-Ferrand où « CALMARD Benoît, ex curé, domicilié à Pauzat[4], département du Puy-de-Dôme, fut  condamné à mort et envoyé à l’échafaud comme réfractaire, le 28 nivôse an 2 (17 janvier 1794), par le tribunal criminel dudit département. »
 Situation du lieu-dit Pauzat à proximité de la commune d’Escoutoux et sur la carte de Cassini avec son écriture phonique Posa relevée à l’époque.

3ème cas : lieu-dit Pauzat à Vieillevie en Cantal
Cette fois-ci, le contexte est différent, ce lieu-dit s'appelle « La Grange du Pauzat ».
Il s’agit « d’un endroit isolé, sur une colline dominant le Lot, sans trace d’habitation ou de four à pain autour de cette grange (cadastre en 1830), ce qui est très rare dans le coin » tel qu’en témoigne la nouvelle propriétaire de ce terrain qui en a fait son lieu d’habitation et une chèvrerie toute neuve, son mari y ayant installé à côté un atelier de lithographie.
 
Ainsi, au moment où les US et le Canada commencent à produire leurs propres fromages au lait cru, il est intéressant de voir qu’en France, notre nom participe à la sauvegarde de notre patrimoine gastronomique.
Notons qu’auparavant, cet endroit devait être un lieu de repos (la pause) pour les animaux en estive.

Il existe aussi en Provence des terres qualifiées Pauzat, l’inventaire des possédants bien à Château Gombert[5] en 1595 nous en donne un exemple :
- Honnorade BLANC               possède à Font Cuberte :                  Issard pauzat
- Anthoine JULLIEN                possède aux Prats :                            prêt pauzat
- Jean SARDOU dit Marrou     possède à Beaume Laugière :            Issard pauzat
Le document de l’IGN sur le glossaire des noms de lieux en France nous indique que 
-          Issart (essart, eyssart) signifie entre autres, terrain en friche, terrain vague, espace gazonné.
-          Quant au mot prêt, il s’agit certainement du mot pré, terrain où l’on conduisait les vaches.
Ceci étant dit, nous voyons que le qualificatif pauzat, commun à ces terres, doit certainement indiquer que celles-ci étaient des pâturages en été.
Le point commun à ces lieux-dits est qu’on y trouve aucune habitation destinée à héberger des familles. Leur nom est donc lié à l’usage qui en est fait et non à celui du propriétaire du site.

En conclusion, nous constatons qu’il n’existe que quelques lieux-dits « Pauzat » recensés à ce jour, mais que l’on peut partager en deux catégories : celle se référant au nom de la personne qui y a habité et celle qualifiant l’usage qui en est fait.
Il est aussi significatif de noter que les premiers sont situés dans des lieux coïncidant avec les berceaux « Pauzat » déjà connus et que les seconds se situent en dehors de ces derniers. Ceci met bien en évidence la distinction entre le surnom donné à un individu et celui donné à un lieu en fonction de son usage, à partir de la même appellation occitane.
Par ailleurs, il aurait été intéressant  de parler aussi des lieux-dits portant un toponyme dont l’orthographe est voisine (Pouzat, etc..)[6]. Mais, devant le nombre important recensé pour ces derniers (plus de trente seulement pour les lieux-dits « Pouzat ») et les questions que ceci soulève : (pourquoi sont-ils plus nombreux que ceux portant notre patronyme ? sont-ils des toponymes dont l’orthographe est dérivée de Pauzat, ou non ? et si c’est le cas pour certains, lesquels ?), ce sujet est reporté à plus tard et seulement, s’il sera possible d’en trouver l’explication ou de proposer des hypothèses plausibles.
Exemples :
Ardèche, plateau près du bord du Pouzat et Quercy, La combe du Pouzat

[1] Cette science étudie l'histoire et l'étymologie des noms propres. Elle se divise en deux branches : l'anthroponymie, consacrée aux noms de personnes (anthroponymes), et
la toponymie, consacrée aux noms de lieux (toponymes).
[2] L’existence et la répartition de notre patronyme en Occitanie depuis les 11/12ème siècles a fait l’objet du premier article de ce blog, en 2010.
[3] Ceci s’explique encore aujourd’hui en Catalogne sud, où mon nom se prononce PAOUZAT. Son écriture phonétique POUZAT serait donc encore potentiellement envisageable si le contexte social était le même.
[4] Il existe aussi la référence à la commune de Plauzat (environ 20km au sud de Clermont-Ferrand) comme lieu de cette exécution, durant la Révolution française.
[5] A partir de 1595, année du rattachement de Château Gombert au terroir de Marseille, plusieurs inventaires de possédants biens ont été effectués. Ces derniers, réalisés pour servir de base au calcul de l’imposition, donnent la cartographie du paysage du village et de ses environs.

28 février 2012

Quels sont nos ancêtres les plus anciens identifiés à ce jour ? - 2e partie

Dans l’article précédent, nous avions commencé à répertorier ceux qui, portant notre patronyme depuis sa création vers les 11/13ème siècle, avaient laissé un indice jusqu’à nous, avant que le relevé systématique des actes civils soit réellement effectif, c’est-à-dire avant le 17e siècle.
Ces PAUZAT sont par nature rares et pourtant, nous en trouvons un certain nombre, au travers de documents divers. Dans l’article précédent nous avions parlé de :
- Arnaut PAUZAT qui « le 10 avril 1398, fait hommage au comte de Périgord pour ce qu’il possède en la juridiction de Bourdelle ».
- Pierre ARNAUD né en 1385, damoiseau de PAUZAT …
Tous deux du berceau Guyenne, à ces derniers nous pouvons y ajouter :
- Jacques PAUSAT, né vers 1581, qui décède à l’âge de 28 ans à Arveyres, par noyade dans la « zini » de la Dordogne.

acte de décès du 13 juillet 1609 à Arveyres, page 93
Berceau Limousin :
- Marie PAUZAT, mariée vers 1525 à un riche marchand du village de Villoutreys, Pascaud de Villoutreys (à Saint-Martin-le-Vieux, canton d'Aixe-sur-Vienne, à quelques km au SW de Limoges), avec qui elle eut six enfants mâles (dont deux prêtes). Elle décédera avant 1539.
Berceau Béarn :
- Johan PAUSAT né à Issor en 1570.
- Berdolet PAUSAT né, lui aussi, à Issor vers 1580. Ce dernier est cité sur un parchemin de 1615, concernant à Issor un échange de terre entre lui, ses voisins et Arette.

Hors des berceaux connus à ce jour :
- En 1577, Jean PAUZAT, sautier vidommal[1] à Chamoson, officier de la cour dans le Valais en Suisse. (voir cartes ci-dessous, au SW de Sion).

- Gaspard PAUSAT, né à Vaux et décédé avant 1598, sans que l’on sache, s’il s’agit de Vaux en Suisse ou l’une des quatre communes existant en France (Allier, Hte-Garonne, Moselle et la Vienne), ainsi que la localité rattachée à Champs sur Yonne dans le département de l’Yonne.
- Hugonine PAUSAT, fille du précédent, mariée le 28/12/1598 à Vaux avec Estienne MAURAZ
- …. PAUZAT, en 1517 en Angleterre (Ellingham County, Southants), information à confirmer.
- Barthélémy PAUZAT né en 1525, marié à Peyronne CHAUVET dont il a eu un fils en 1548, dénommé Pierre dit BÉLUQUET, et une dizaine d’autres PAUZAT répertoriés, tous de Salon-de-Provence ou dans la région. Ce qui laisse supposer qu’avant le 17e siècle, il aurait existé un berceau provençal.
Cependant, il faut noter l’existence de Bernard PAUSAT, marié à Salon-de-Provence avant 1565 à Jeanne MAILLAND, mais … originaire de la Corrèze. Il semblerait donc que ce dernier soit venu du berceau Limousin.


En conclusion, on ne trouve une cohérence géographique entre les berceaux et les individus identifiés avant l’enregistrement généralisé des actes de baptême, soit vers le 17e siècle, que pour les berceaux Limousin et Béarn. Il est curieux de constater qu’avant cette date, il exista des PAUSAT en des lieux différents des berceaux connus à ce jour, soit que leurs descendances les quittèrent, soit que celles-ci disparurent, faute d’héritiers mâles. En Guyenne, à Bourdeilles, avons-nous un cas semblable ou simplement une extension du berceau Limousin ? En Provence, par contre, l’énigme est complète, car cette souche semblait prometteuse, étant donné le nombre d’individus recensés, mais curieusement aucun registre n’identifie plus tard des individus qui auraient dû appartenir à ce berceau.
Notons que ceux recensés actuellement en Provence (Marseille) sont originaires de Castelnaudary (Languedoc).
Les cas de l’Angleterre et de la Suisse sont marginaux, mais le dernier est intéressant, car établi et montrant que le parcours de nos ancêtres fût moins casanier que ce que l’on pourrait imaginer. Mais d’où venait cette famille, du Limousin ?
Il reste donc encore beaucoup de recherches à entreprendre pour expliquer ces situations, et à condition qu’existe la possibilité qu’elles aboutissent.


[1] Sautier : Huissier du Conseil d’État, à Neuchâtel, en Suisse
Vidame : Homme qui tenait les terres d’un évêché ou d’une abbaye, à la condition d’administrer le temporel du titulaire, de commander ses troupes, de rendre la justice civile en son nom dans l’étendue de ses fiefs.

14 février 2012

Quels sont nos ancêtres les plus anciens identifiés à ce jour ? - 1ère partie

Rappel : La rédaction des actes judiciaires et la tenue des registres de baptême, mariages et sépultures de nos ancêtres furent officiellement créées vers la moitié du 15e siècle[1]. Mais en fait, l’ordonnance royale qui en avait décidé ainsi fut peu suivie. Ces registres ne furent mis en place effectivement qu’à partir de 1667, date où un texte royal, dit le « code louis » en élargit le contenu et obligea de les tenir en double exemplaire (le curé conservait l’original et le double était déposé aux greffes du bailliage ou de la sénéchaussée[2]).
Aujourd’hui, ces registres nous permettent donc théoriquement, de retrouver à partir de cette date, les individus qui avaient pour surnom notre patronyme actuel.
Mais qu’en est-il de ceux qui vécurent avant, durant la période où leurs surnoms apparurent[3] jusqu’à la mise en place de ces registres, c’est-à-dire entre les 11/13ème siècle et la moitié du 17ème?
A priori, aucune trace ne subsiste d’eux (à l’exception des nobles qui, par leurs activités ou leur influence, eurent l’occasion d’intervenir dans de nombreux actes).
Par conséquent, il devient intéressant de relever les rares exceptions à cette règle concernant les PAUZAT que nous avons pu trouver. 

Le plus ancien à porter notre patronyme, que nous connaissons à ce jour, est Arnaut PAUZAT, sans doute propriétaire terrien, qui est cité dans un inventaire de la châtellenie[4] de Bourdeille:
« le 10 avril 1398, il fait hommage au comte de Périgord[5] pour ce qu’il possède en la juridiction de Bourdelle ». 
vue du château de Bourdeilles et citation de Arnaud de Pauzat en 1398











Histoire du château de Bourdeilles :
Bourdeilles (Bordelha en occitan) est une commune française située dans le département de la Dordogne. Notons qu’au XIII siècle un grand nombre de localités, disséminées dans tout le Périgord, sont sous l'autorité des Templiers. 
Vers 1259, les guerres fratricides des Bourdeille contribueront à la démolition du premier château.
En 1365, la châtellenie de Bourdeilles compte près de 800 feux sur une surface de 300km2 environ. Les seigneurs successifs de Bourdeilles sont à la fois de grands propriétaires fonciers et détenteurs du droit de ban[6].
En 1341, Philippe VI de Valois cède Bourdeilles à Archambault IV, comte de Périgord. Bien que vassal du roi d'Angleterre depuis le traité de Brétigny, ce dernier se rallie au roi de France en 1369 et subit les foudres du Prince Noir. Édouard Plantagenêt assiège le château et s'en rend maître au bout de onze semaines " par grand advis et malgré escarmouches et grands apertises d'armes " (chroniques de Jehan Froissard). Huit ans plus tard, Du Guesclin et le duc d'Anjou reprennent la place.
Confié à des capitaines nommés par les comtes de Périgord, Bourdeilles devient un repaire de brigands et de pillards. Il faudra la remise du comté à Louis d'Orléans, en 1397, pour mettre fin à leurs agissements. La garde du château est alors confiée à Arnaud Ier de Bourdeille, descendant des premiers coseigneurs.
C’est ainsi, qu’en 1398, Arnaut de Pauzat fait hommage à son tour au comte du Périgord pour ce qu’il possède en la juridiction de Bourdeilles.
Rappelons que Bourdeilles se situe à moins de 20km, au NW de Périgueux, mais aussi à environ 30km de Jumilhac-le-Grand, l’un des centres du berceau Limousin des PAUZAT.

L’hommage :
Le début du Moyen Age est marqué par des invasions fréquentes et meurtrières ; devant le danger, des hommes libres demandent à des hommes plus puissants de les aider et de les protéger. En échange, ils acceptent de les servir et de perdre une partie de leur liberté. Plus tard, ces relations évoluent, et une cérémonie de l'hommage établit des liens entre l'homme qui demande protection "le vassal" et un seigneur riche et puissant : le vassal, à genoux, s'engage d'abord à être "l'homme" de son seigneur, ensuite il lui jure aide et fidélité sur les reliques, le seigneur en échange lui accorde une terre pour qu'il puisse vivre et le servir
La cérémonie de l’hommage a lieu au château du suzerain, elle est composée de trois parties importantes :
- le vassal jure fidélité à son suzerain, il est à genoux les mains dans les siennes
- le vassal et le suzerain échangent un baiser sur la bouche en signe de fraternité et de fidélité.
- le suzerain remet ensuite à son vassal un objet symbolisant la concession du fief, cette terre constitue le fief, le fief est à l'origine de la féodalité.
Un vassal qui ne respecte pas ses engagements est déclaré comme vassal félon, il perd tout ses bénéfices à commencer par le fief. 
Hommages à Arthur et à Charles d'Orléans, cérémonie à droite







Damoiseau[7] :
Á la même époque, on trouve un individu nommé Pierre ARNAUD (né en 1385, fils de Pierre ARNAUD et Éléonore BARRIERE) damoiseau de PAUZAT …
Ce PAUZAT avait donc certainement un rang social élevé, mais on ignore encore le lieu où il vivait. Était-ce Arnaut de PAUZAT ou l’un de ses parents?
La suite de « Quels sont nos ancêtres les plus anciens identifiés à ce jour ? » sera publiée dans le prochain article , à bientôt donc …

[1] « Entre le 10 et le 15 août 1539, le roi François 1er signe une ordonnance de 192 articles dans son château de Villers-Cotterêts.
Cette ordonnance très importante institue en premier lieu ce qui deviendra l'état civil en exigeant des curés des paroisses qu'ils procèdent à l'enregistrement par écrit des naissances, des mariages et des décès.
L'ordonnance établit par ailleurs que tous les actes légaux et notariés seront désormais rédigés en français. Jusque-là, ils l'étaient en latin, la langue de toutes les personnes instruites de l'époque ».
[2] Bailliage : tribunal qui jugeait au nom du bailli / circonscription soumise à la juridiction d’un bailli (officier d’épée ou de robe qui rendait la justice au nom du roi ou d’un seigneur).
Sénéchaussée : sous la juridiction d’un sénéchal, officier-chef de la justice et aussi de la noblesse.
[3] Voir le premier article de ce blog (14 septembre 2010) relatif à ce sujet.
[4] Territoire soumis à la juridiction d’un châtelain.
[5] En 1398, Archambaud VI le Jeune fut le dernier comte de Périgord, destitué en 1399, car le roi déposséda les derniers comtes de leurs terres, et le Périgord fut inféodé de nouveau en 1400 avec rang de pairie, au duc Louis Ier d'Orléans.
[6] En droit féodal, le seigneur haut-justicier dispose du pouvoir de faire des règlements et des proclamations publiques, ou droit de ban, sur l'étendue de son domaine, d'où il a aussi le droit de bannir les criminels. Ainsi, par un ban, le seigneur s'attribue, dès le XIe siècle, le monopole d'installations telles que four, halle (qu'à l'origine il était seul à pouvoir faire construire), forge, pressoir, moulin à grain, moulin à huile,..
[7] ce titre était donné au début du Moyen-âge « à un jeune gentilhomme qui n’était point encore reçu chevalier, et qui aspirait à l’être », mais vers la fin du Moyen-âge, à « un jeune noble accompagnant le châtelain ou la châtelaine à la chasse, à la promenade, au voyage, servant à la table, et faisant office de messager ».

25 janvier 2012

Les guerres de religion en vallée de Barétous

Les guerres de religion au XVIIe siècle touchèrent toute la France, mais jetons un regard particulier sur ce qu’elles furent dans le berceau béarnais des PAUSAT.

Au cours du XVI siècle, lassée par les « coupables dérèglements » de l’Église, une partie non négligeable de la population européenne se tourne vers le protestantisme, au culte dépouillé, sinon austère, privilégiant la foi et la prière.
En France, à partir de 1517, les idées luthériennes se sont propagées touchant en priorité la noblesse (le protestantisme, religion propagée par les livres, a eu peu d'audience auprès des paysans et du menu peuple urbain) et vont entraîner durant 40 ans une guerre civile continue.
C’est à cette époque, qu’en 1562, après la mort de son mari, Jeanne III d’Albret, mère du futur roi de France Henri IV, fit du Béarn un État protestant d’où elle avait chassé les catholiques dès 1564 en interdisant l’exercice et les manifestations de leur culte. Les ecclésiastiques qui ne se convertirent pas, durent s’exiler.
Catherine de Médicis, alors Reine de France, envoie Antoine de Lomagne, le Baron de Terride en 1569 pour y rétablir le catholicisme. Ce dernier établit un siège devant Navarrenx, mais Jeanne d’Albret appela au secours le Comte de Mongommery qui leva une armée protestante qui regagna le Béarn et obligea les catholiques à se replier sur Orthez où une bataille sanglante fit rage que les catholiques perdirent et où, 6 de leurs chefs furent amenés à Navarrenx, puis exécutés. Le Béarn resta donc protestant.
Comment ramener les hérétiques à la foi catholique
En 1598, l’Édit de Nantes signé par Henri IV assure aux protestants le libre exercice du culte dans les villes où il était pratiqué avant 1597 et le libre accès à tous les emplois. Mais à cette date, le nombre de ces derniers a diminué de moitié, celle restante est concentrée dans le Sud de la France où se concentrent plus de 80 % des fidèles.
Le Béarn est alors l’un des noyaux de cette religion en France, mais sa primauté y est en réalité fragile, seulement 15% environ des béarnais étaient acquis à la Réforme. Les circonstances politiques préservèrent cette primauté jusqu’en 1599 ; mais par exemple, dès 1594, les députés de la vallée de Barétous demandaient aux États la restauration du catholicisme.
Le berceau béarnais et carte du protestantisme en Europe
Malgré la liberté accordée aux protestants par l’Édit de Nantes, la répression durera cependant pendant tout le XVIIe siècle. En 1622, le roi Louis XIII mena une expédition en Béarn pour imposer sa stricte application.
Dans la vallée de Barétous, c’est-à-dire au cœur du berceau béarnais des PAUSAT, le village d’Arette reste catholique autour de François de Béarn, malgré la tentative d’en faire le centre de la nouvelle « église recueillie ». Les deux autres maisons nobles importantes de la vallée, Lanne avec Marie de Colomer, titulaire de la domenjadure[1] et Aramits dont le chef, Pierre, est un des fidèles de Jeanne d’Albret, sont passés à la Réforme.
Le seigneur d’Issor, Gaston, laisse faire la nouvelle religion qui s’y implante avec vigueur (28 familles protestantes ; en 1665, on compte 123 religionnaires pour 470 catholiques). Lorsque l’échec d’Arette sera patent, le ministre s’installera à Issor, puis devra l’abandonner pour Osse.
En 1661, le curé de Moncayolle, Bernard de Goyheneche, soulève le peuple. Surnommé Matalas, il devient intolérant envers les Réformés. Á la tête de quelques 3 000 hommes, il se rend à Montory où il fait régner la terreur, contraignant 15 chefs de famille à se rendre à l'église, une torche à la main et à jurer de vivre dans la foi catholique, les menaçant pour les convaincre, de brûler leurs maisons.
Le maire d’Issor, M. Jean-Jacques CAZAURANG[2], m’a confié qu’à cette époque, la population de sa commune était divisée en deux groupes, les partisans de la foi catholique vivant sur la rive droite du gave de Lourdios qui traverse le village et ceux de la Réforme sur la rive gauche !
A priori, les PAUSAT identifiés à ce jour sont « officiellement » catholiques, mais ceci est a nuancer, étant donné que mes recherches n’ont été entreprises que dans les registres de l’église catholique, ce qui expliquerait en grande partie cette situation. Notons que le lieu-dit « PAUZAT » se situe en amont d’Issor, sur la rive droite.

Avec la révocation définitive de l’édit de Nantes en 1685, le pouvoir feint de croire à la conversion massive des protestants. La religion est en principe tolérée, mais les pasteurs doivent se convertir ou s’exiler. Les fidèles eux, n’ont pas le droit à l’exil, afin d’éviter les départs d’artisans à l’étranger, la sanction qui leur est réservée sera la peine de mort et la confiscation de leurs biens, commuée en peine de galères à perpétuité.
Les moyens de persécution des protestants
C’est dans ce contexte « qu’une vingtaine de béarnais condamnés partirent pour Marseille, port d’attache principal. Habillés d’une camisole et d’un bonnet rouges, les fers aux pieds, ils ramaient sans ménagement du printemps à l’automne ».
La répression, dirigée en Béarn par  l’intendant Nicolas Foucault, se traduit par la fermeture de 15 temples sur 20, le stationnement de troupes dans certaines villes, le logement de celles-ci chez les protestants[3], les campagnes massives de conversion, la restriction de la liberté de mouvement des pasteurs, et enfin les contrôles sévères à la frontière avec l’Espagne (Somport, St-Jean Pied de Port).

 Les résultats actuels de mes recherches, circonscrits aux registres catholiques fournissent un nombre d’environ 50 individus ayant vécus en Béarn durant cette période. Le début des recherches du côté protestant n’a pour le moment rien donné. Mais cette recherche sera plus difficile, et certainement limitée quant à ses résultats, les registres protestants ayant pour la plupart disparus.


[1] une Domendajure est une terre noble sans maison fortifiée : ll y avait en Béarn au moyen-âge une catégorie "socioprofessionnelle" spéciale : les domengers. La Domenjadure ou « Domecq » était avant tout une maison noble dans le sens premier d' « affranchi du servage » , franche d’imposition. préfigurant la terre seigneuriale. Par exemple, la seigneurie d'Athos était une simple Domenjadure, qui avait comme privilège le péage du bac traversant le gave.
[2] M. Jean-Jacques CAZAURANG est le promoteur et corédacteur de l’ouvrage « BARÉTOUS ». C’est dans ce dernier, dans la partie traitant de l’histoire de la vallée que j’ai trouvé certaines informations citées dans cet article.
[3] En 1681, Louis XIV décide d'en finir avec « l'hérésie de Calvin ». Il envoie des régiments de soldats, les "dragons" chargés d'obtenir, par la persuasion en principe, mais en réalité par tous les moyens qu'ils jugeront bons, l'abjuration de l'hérésie.
Le procédé est simple : munis d'un billet de logement, les dragons, hommes et chevaux, se présentent chez les personnes que l'on sait acquises aux idées « pernicieuses » (la foi évangélique) et qui sont d'ailleurs souvent dénoncées par le curé lui-même. Le logeur doit alors héberger cavaliers et montures, les nourrir et de surcroît leur verser chaque jour une somme d'argent.
Le résultat des dragons missionnaires est immédiat : en quelques semaines on obtient ainsi des dizaines de milliers de conversions au catholicisme.







11 janvier 2012

Existe-t-il des berceaux « PAUZAT / PAUSAT » hors les frontières occitanes ?

J’avais émis l’hypothèse dans ce blog (en septembre 2010) qu’au Moyen-âge, lors de la création des « surnoms », notre patronyme avait dû naître simultanément en plusieurs endroits et créer ainsi ce que j’ai appelé des berceaux[1].
D’où, vers le 11e ou le 12e siècle, selon le contexte (métier, trait de caractère ou physique, lieu géographique, etc.), un individu s’est trouvé désigné par ses voisins d’un surnom (issu du langage parlé) qui deviendra ensuite le patronyme de ses descendants, orthographié plus au moins exactement, au gré de chaque rédacteur de document[2] (le titulaire étant presque toujours analphabète et ne pouvant ni l’épeler ni en vérifier l’orthographe).

Pour notre patronyme, les berceaux identifiés jusqu’à ce jour se situaient tous en Occitanie (Provence, Guyenne, Languedoc, Limousin et Béarn) donc, issus d’un territoire où l’occitan, sous ses différentes formes (provençal, gascon, languedocien, auvergnat, limousin), était la langue usitée. Nous avons donc eu des écritures de notre surnom dépendantes de cette langue et toutes issues des déclinaisons du verbe PAUSAR[3].
En général, l’écriture de ce dernier est dérivée de l’utilisation du participe présent : PAUSAT, avec la terminaison en AT. On trouve cette écriture dans tous les berceaux précités.
Plus rarement[4] et récemment, nous avons constaté l’écriture PAUSA que l’on trouve en Limousin, mais aussi au centre de l’Espagne (Ciudad Real) et en Catalogne (Barcelone, Bañoles, Llers). Ce qui démontre la filiation de ces surnoms avec les langues romanes (ou aussi appelées Latines).

Ainsi, la possibilité de l’attribution d’un surnom à un individu, existant en théorie pour toutes les populations de la planète et donc, n’étant pas circonscrite à un seul territoire et encore moins à un seul berceau, il est normal « qu’une même cause provoquant les mêmes effets », l’on retrouve ces surnoms dans plusieurs pays.
Par exemple, dans le cas d’un surnom lié à la pratique d’un métier, on trouve pour celui de tailleur : TAILOR en Angleterre, SASTRE en Espagne, SCHNEIDER en Allemagne, etc.
Si l’on se circonscrit à une écriture sinon identique, du moins semblable, il faut s’en tenir aux territoires dont les langues parlées étaient voisines. Ainsi, pour un individu surnommé PAUSAT ou PAUSA, parce qu’il avait l’habitude de faire des pauses durant son travail ou avait un caractère flegmatique, son surnom traduira cet état, mais ne sera écrite sous cette forme que dans les territoires où l’on parle les langues romanes.
Carte des berceaux recensés à ce jour dans les territoires de langues romanes

Partant de ce principe, en cherchant les langues appartenant à la même famille que l’occitan[5], on devrait trouver des berceaux supplémentaires de notre patronyme dans des régions où ces langues étaient parlées, c’est-à-dire le castillan, le catalan, l’aragonais, etc. (voir la carte ci-dessus).
La réponse à la question : « existe-t-il des PAUSAT/PAUSA hors les frontières occitanes ? » est donc affirmative. Les premières recherches ont permis de trouver des PAUSA en Catalogne (le catalan est dérivé du provençal) et aussi au nord de Madrid. Voir l’acte ci-dessous :
Acte de baptême en 1675 de Martina Pera PAUSA, village de Bañoles

En conclusion, il est probable que l’on trouvera ces patronymes là où on les cherchera … à condition, que cela soit dans les frontières précitées. Remarquons que nous ne pouvons pas écarter l’hypothèse d’un PAUSAT ayant quitté son berceau pour en créer un autre. Cette hypothèse est aussi à prendre en considération, sachant que nous ne connaîtrons jamais ce qui s’est passé entre le moment de l’introduction des surnoms et leurs premières transcriptions écrites au 16e siècle. Nos ancêtres eurent la possibilité durant ces siècles de se déplacer sur des distances importantes, l’ont-ils utilisée ?


[1] Nous entendrons ici par "berceau" (et par extension, le groupe d'individus qui en est issu, même après l'avoir quitté), l'endroit où, à une période donnée de l'histoire de notre civilisation, un individu et, par là même, sa famille, s'est vu attribué par son voisinage le surnom qui allait permettre de le distinguer de tous ceux qui possédaient le même prénom.
[2] principalement le notaire pour les testaments, le curé pour les baptêmes, mariages et décès
[3] L’origine du substantif « pause » vient du latin « pausa » (en grec « pausis »), signifiant une pause, une suspension provisoire d’une action. Cette origine a été reprise en occitan et la conjugaison du verbe correspondant « pausar » a donné « pausat » au participe présent et plus tard l’écriture phonique « pauzat ».
[4] Comme l’on ne trouve, en général, que ce que l’on cherche et inversement, il est probable que dans la réalité, ayant négligé l’écriture PAUSA, celle-ci soit sans doute plus répandue que ce que j’ai trouvé à ce jour.
[5] Langue indo-européenne appartenant au groupe roman (ce dernier étant dérivé du latin vulgaire, c'est-à-dire de la forme de latin véhiculaire utilisée pour la communication de tous les jours, parlé entre le 5e et le 10e siècle).

29 décembre 2011

Les Pauzat en Espagne

Penchons-nous, cette fois-ci, sur les PAUZAT ayant vécu en Espagne et tentons de comprendre les raisons de leurs parcours « tras los Pirineos » [1].
La proximité de la frontière espagnole avec le berceau béarnais laisserait penser qu’il y ait de nombreux PAUZAT ayant tenté l’aventure. En fait, leur nombre est relativement peu important. Je pense qu’une partie n’ait fait que séjourner temporairement dans ce pays, pour une ou plusieurs saisons et sont retournés régulièrement chez eux. Pour les autres, nous n’en avons pas encore trouvé de traces tangibles, hors ceux énumérés ci-dessous, correspondant à la période de 1790 à 1916 environ et dont leurs parcours possèdent encore une grande part de mystère.

Zuñigà/Pampelune : Le premier personnage découvert est Jean-Baptiste PAUZAT-ZUNIGA[2], personnage déjà traité sur ce blog, dont l’histoire est sans doute digne d’un roman et dont le chemin passe a priori par l’Espagne, mais aussi par Veracruz au Mexique, pour terminer à Bordeaux, où il sera armateur, consul de ce dernier pays et où il décédera en 1839.

Valladolid : Le second, découvert récemment est Tecla[3] PAUZAT BAYLONG dont les seules informations connues indiquent que cette femme fut l'ultime compagne du peintre espagnol Serafín AVENDAÑO[4] qui vécut à Gênes, voyagea dans de nombreux pays dont la France, avant de rentrer en Espagne à Valladolid vers la fin de sa vie (période probable : 1910-1916). I l eut une fille Anita, dont on ne sait pas si Tecla est la mère.

Madrid : Le troisième est Bernardo PAUZAT dont la seule preuve d’existence, à ce jour, est de figurer comme destinataire d’une carte postale que mon grand-père Jean Sylvain PAUZAT est sensé avoir voulu lui envoyer.
En fait, il existe deux cartes postales[5] ayant en commun :
au recto : une photo de mon grand-père, très jeune[6], en livrée de chauffeur d’une voiture qui semble être immatriculée en Espagne dans la province de Madrid (plaque minéralogique M241).
vers 1912, Jean Sylvain Pauzat au volant d'une voiture immatriculée M241
Au verso, ces deux cartes ont le cachet d’une société indiquant "FYLABA" et dessous  "Mesón de Paredes, 33". Cette dernière information donne l’adresse d’une rue à Madrid qui existe encore aujourd’hui.
Par contre, ces deux cartes postales ont des destinataires différents :
dans l’une, ce dernier est : « Señor Bernardo PAUZAT Inspector de Exploitation » et il n’y a pas de message.
Dans la seconde, figure le nom de ma grand-mère à une adresse « calle Espartiñas » située, elle aussi, à Madrid dans un quartier proche de la précédente où, il semble logique qu’elle et son mari durent loger. Étant donné qu’ils se sont mariés à Paris en 1915, cette carte devrait être écrite après cette date. Par contre, la photo semble dater d’avant le service militaire de mon grand-père, soit avant 1913.
verso des deux cartes postales, dont l'une adressée à Bernardo Pauzat
Finalement, on peut se demander, à partir de ces deux cartes postales ayant un lien avec Madrid :
Qui est ce Bernardo? Est-ce un Bernard PAUZAT expatrié ou un descendant d’un PAUZAT installé en Espagne depuis un certain temps et dont le prénom a été hispanisé ?
Qui était le propriétaire de cette voiture, celui de la villa Bergerie à Biarritz dont mon grand-père était le chauffeur ?
Ce dernier avait-il un lien de parenté avec ce Bernardo PAUZAT qui vivait alors à Madrid et qui était a priori Inspecteur d'exploitation d’une société ...?

Madrid : Le quatrième connu est Jean Charles Marie PAUZAT, né à Féas (Béarn) le 18 mai 1890, de père inconnu et de Marie Thérèse Amélie PAUZAT. Son grand-père est Pierre Auxence PAUZAT, notaire à Féas.
En 1910, il est domicilié lui aussi à Madrid et secrétaire de mairie ! Cependant, il a la nationalité française, car appelé pour faire son service militaire en France, il est renvoyé dans ses foyers le 8 novembre 1913 (enfant unique, il est déclaré soutien de famille).
Le 2 août 1914, lors de la déclaration de la guerre à l’Allemagne, il est cependant rappelé lors de la mobilisation générale. Il sera fait prisonnier en 1918.
Après la fin de la guerre, il est nommé facteur auxiliaire de l’administration des postes des Basses Pyrénées à Féas le 1 mai 1922. On ne sait pas s’i y est décédé ou s’il est parti vivre ailleurs.

Tarragone : Enfin, le dernier est une femme : Maria PAUSA, célibataire, ménagère, née en Espagne à Tarragone en 1848, habitant le faubourg Marceau dans la banlieue de Sidi Bel Abbes en Algérie où elle décède à l'âge de 40 ans. Son acte de décès du 14-11-1888 n’indique pas le nom des parents. Son appartenance avec le patronyme PAUSAT/PAUZAT n’est donc pas vérifiée.

En conclusion, existait-il un noyau de PAUZAT en Espagne et plus particulièrement à Madrid au début du 20e siècle ? Curieusement, à cette époque, on y croise plusieurs individus dont le lien entre eux n’est pas établi, en particulier autour de ce Bernardo PAUZAT.
Aussi, tout contemporain, lecteur de ce blog, ayant connaissance d’une partie manquante de ce puzzle est le bienvenu, de même pour m’indiquer un début de piste à suivre. Merci d’avance de me contacter pour participer à cette recherche.


[1] Rappelons que « L'Espagne a été la première et principale destination de l'émigration béarnaise. Au 18e siècle, des béarnais résident en Aragon ou en Navarre toutes proches, mais aussi dans des provinces plus lointaines, comme l'Andalousie ou à Valence.
[2] Voir les articles de ce blog qui lui sont dédiés, depuis octobre 2010. La piste du village de Zuñigà en Navarre, initialement privilégiée, puis abandonnée, semble reprendre de la vigueur, suite à la découverte de l’existence d’un « passeport de Pampelune » qui laisse penser qu’il y a bien un lien entre ce village (situé à 71 km de Pampelune) et lui.
[3] Prénom féminin ancien, d’origine italienne, usité seulement durant la première moitié du 20e siècle. Ce peintre aurait-il connu Tecla en Italie lors de son séjour à Gêne ?
[4] Peintre espagnol né à Vigo en 1838 - décès à Valladolid en 1916.
[5] La carte postale destinée à la correspondance, directement affranchie, a été inventée à la fin du 19ème siècle par un prussien. Reprise en France un peu plus tard et illustrée par une photo personnalisée de son choix, elle aura un succès foudroyant qui durera jusqu’après la première guerre mondiale.
[6] Probablement entre 1910 et 1912, à cette époque il avait entre 18 et 20 ans et était chauffeur à la Villa Bergerie, Quartier du Gaz à Biarritz.

15 décembre 2011

Jean Pauzat, lieutenant dans l'artillerie à cheval de la Garde Impériale, meurt au cours de la bataille de Wagram.

(informations provenant du site d’art militaire et souvenirs historiques de Bertrand MALVAUX)

Dernière victime des conflits français ajoutée dans mon article précédent[1], Jean PAUZAT a vécu durant la période révolutionnaire en y prenant une part active jusqu’à son décès lors de la bataille de Wagram[2], en juillet 1809 à l’âge de 32 ans.

Né le 3 mars 1777 à Saint-André de Cubzac en Gironde, il s’engagea comme volontaire dans le 16e bataillon du Bec d’Ambès le 1er septembre 1792 (soit, si l’information est exacte à l’âge de 15½ ans !) et participa aux guerres civiles de 1792 et 1793 en Vendée[3].
En juin 1794, il est incorporé dans le 7e Régiment d’Artillerie à cheval[4] et servit à l’armée des Pyrénées occidentales pendant trois ans.

Artillerie à cheval














Revenu en France, il participa au début de la guerre de l’an VI en Italie[5] où il partit en mai 1798 avec l’armée d’Orient en tant que fourrier[6]. En mai 1800, il obtint le grade de maréchal des logis-chef. Le 21 mars 1801, lors de la bataille d’Alexandrie, après avoir eu deux chevaux tués sous lui, il prit la place de l'un de ses camarades qui venait d'être blessé et continua de combattre avec la plus grande intrépidité ; sa conduite lors de cette journée lui valu une grenade d'honneur[7] que le premier consul lui décerna par arrêté du 18 pluviôse an XI ( 7 février 1803). Le 2 juin 1804, il est nommé adjudant sous-officier. Le 1 mai 1806, il passe lieutenant en second dans l'artillerie à cheval de la garde impériale; le 29 août 1808, il fut nommé lieutenant en premier et fit en cette qualité la campagne de 1808 en Espagne. Il mourut, les armes à la main, le 6 juillet 1809, sur le champ de bataille de Wagram.

Régiment d'artillerie française et à droite, brevet d'honneur de Jean PAUZAT










J’ignore, à ce jour, les origines de Jean PAUZAT. Cependant, il semble vraisemblable que sa famille est issue du berceau « Guyenne ». La lecture de son acte de naissance pourra seul nous informer sur ses ascendants.
Nous savons qu’il a consacré sa vie à la carrière militaire à un moment, où la France fut entraînée dans de nombreux conflits. Son décès à Wagram l’empêchera de connaître la fin des guerres napoléoniennes et leurs épilogues tragiques. Son parcours me fait penser à un livre très ancien « récits de la vieille France[8] » d’Alfred ASSOLLANT, édité en 1889 et qui fut remis à l’un de mes oncles, quatre ans plus tard, comme prix d’orthographe, de géographie et d’instruction morale et civique. Il retrace le parcours de François Buchamor, parcours étrangement semblable à celui de Jean Pauzat et sans doute de beaucoup d’autres dont nous ne connaîtrons jamais l’histoire.



[1] Voir l’article consacré aux Pauzat morts lors des conflits
[2] Celle-ci se déroula autour de l’île de Lobau sur le Danube les 5 et 6 juillet 1809 et eu pour résultat la victoire de la Grande Armée française sur l’armée autrichienne dirigée par l’archiduc Charles.
Napoléon fit préparer son attaque, notamment les ponts et les positions d’artillerie, car il désirait engager cette bataille avant l’arrivée des troupes de l’archiduc Jean qui venait en renfort à marche forcée depuis l’Italie. La bataille de Wagram fit près de 11000 tués répartis de manière relativement égale entre les deux camps et presque 50000 blessés. Elle décida de la fin de la guerre de la cinquième coalition.[3] La guerre de Vendée est le nom donné à la guerre civile qui opposa partisans (bleus) et adversaires (blancs) du mouvement révolutionnaire dans l'Ouest de la France, entre l'An I et l'An IV(1793 et 1796) au cours de la Révolution française, et plus particulièrement pendant la Première République.
[4] Toutes les compagnies d'artillerie à cheval seront réunies en régiments en 1794. L‘artillerie montée permet d’être mise en position et en batterie beaucoup plus rapidement. Ce sera un avantage décisif pour les armées de la République.
[5] Bonaparte partit le 11 mars 1796 (21 ventôse de l’an IV) rejoindre l’armée d’Italie dont il avait reçu le commandement en chef le 2 mars.
[6] Sous-officier responsable du cantonnement des troupes et du couchage ainsi que de la distribution des vivres et des vêtements.
[7] Récompense assez rare, puisque seulement environ 120 « grenades d’or » furent distribuées
[8] Ouvrage passé dans le domaine public, dont le texte est disponible sur internet : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k68578f.pdf