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17 mai 2015

L'inconnu de Dieppe

Une fois n’est pas coutume, j’ai fait la découverte étonnante d’un PAUSAT ayant vécu au cours de la seconde moitié du 17e siècle à Dieppe, en haute Normandie. 
Qui est-il et qu’est-il allé faire si loin de ses racines occitanes ?

Même si nos ancêtres se déplaçaient plus souvent que nous avons tendance à l’imaginer, ce fait est assez rare, et le manque d’information le concernant rend difficile la compréhension de son éloignement.
Pour le moment, dans l’attente incertaine d’avoir plus tard quelques indices supplémentaires, nous allons tenter d’explorer les raisons probables qui pourraient expliquer cette immigration.

Le point de départ de cette histoire est un acte de baptême du 22 août 1689 rédigé à la paroisse Saint Rémy de Dieppe où notre inconnu est le parrain d’un dénommé Simon FLEURY[1], fils de Nicolas (1664-1727 &1684) et de Catherine MARE (ca 1660-/1697). La marraine s’appelle Marie Anne BOULE.
Acte de baptême citant Simon PAUSAT
Avant d’essayer de comprendre ses motivations, rappelons le contexte historique de l’époque.


Contexte historique

1- Dans le royaume de France, le 17e siècle est marqué par des famines à répétition alors que la peste y est installée à l’état endémique, accompagnée d’épidémies de choléra, de variole et de typhus[2]. De nombreux paysans vendent leurs terres à très bas prix pour survivre et des troubles importants agitent les campagnes et les villes.

2- En 1689, Dieppe situé au nord de la côte normande, face à l’Angleterre est l’un des ports les plus importants du royaume de France, citons :
« À partir du règne de Louis XI et pendant plus d'un siècle, la prospérité de Dieppe ne cessa de se développer; la ville et le port s'agrandirent; de nombreux vaisseaux furent armés dont les expéditions, et les découvertes accrurent le commerce et l'industrie de la ville. Le protestantisme y fit depuis le milieu du XVIe siècle des progrès rapides; les luttes et les persécutions religieuses la désolèrent bientôt et en 1685, la révocation de l'édit de Nantes provoqua l'émigration d'un grand nombre de ses habitants déjà décimés par les épidémies de peste de 1668 et de 1670. Une attaque de la flotte anglo-hollandaise acheva la ruine de la malheureuse cité. En juillet 1694, l'amiral anglais Barklay la bombarda à l'improviste et la détruisit de fond en comble[3] ».
Gravure du bombardement de Dieppe en 1694 et carte de la France protestante lors de l’édit de Nantes
Étudions maintenant les raisons possibles de sa présence à Dieppe

Pourquoi Simon PAUSAT réside-t-il à Dieppe ?

À la lecture de ce bref rappel historique, on comprend que Simon PAUSAT n’est pas venu à Dieppe pour le plaisir d’y bénéficier de son climat marin, mais sans doute pour d’autres raisons plus sérieuses comme fuir sa région d’origine devenue inhospitalière et/ou pour y trouver un travail.

1- Hypothèse religieuse

Quoiqu’il faut rester très prudent sur cette hypothèse, notons que l’origine hébraïque du prénom Simon[4] pourrait laisser entendre que notre Simon PAUSAT aurait été de religion protestante[5] et que donc, son parcours vers le nord aurait eu pour motivation de fuir les persécutions contre les protestants.
Rappelons que les conséquences de la révocation de l’Édit de Nantes ont chassé du territoire français des centaines de milliers d’individus : « 200.000 quittèrent clandestinement le pays ou en firent déplacer aussi un grand nombre fuyant les persécutions et les dragonnades qui commencèrent dès 1680 en Poitou, en Béarn et en Languedoc[6] ».
Cette première hypothèse, a priori sérieuse, est donc de considérer que lui ou sa famille fuirent ces persécutions pour se réfugier vers un autre pays plus accueillant comme l’Angleterre ou la Hollande. Dans ce cas, l’arrêt de cette tentative à Dieppe peut s’expliquer par le conflit qui oppose le royaume de France avec ces pays et qui le bloque au nord de la France. Rappelons que Dieppe est l’une des plus importantes des 43 Églises réformées de Normandie.

2- Hypothèse de la recherche d’un travail

Contrairement à l’hypothèse précédente, on peut envisager qu’il soit remonté dans le nord de la France pour se substituer aux protestants qui avaient fui « les persécutions consécutives à la révocation ou annulation de l’Édit de Nantes (Édit de Fontainebleau de 1685) « qui prévoit que les pasteurs doivent se convertir ou quitter le royaume sous 15 jours. Les fidèles, tolérés en principe, seront le plus souvent persécutés jusqu’à leur abjuration. La Révocation suscite un vaste mouvement d’émigration ».

   a. Construction navale : C’est le cas où lui ou sa famille allèrent rejoindre Dieppe à une époque où ce port avait besoin d’un nombre important de mains d’œuvre, en particulier dans la construction navale, car Colbert faisait alors construire une grande marine de guerre.

   b. Commerce par voie maritime : le négoce par voie maritime, relations maritimes et commerciales entre Dieppe et les ports de la mer Baltique (en concurrence avec les Anglais et les Hollandais) permettait d’exporter les sels (usage du poisson salé) et les vins français, puis en retour de ramener des céréales, principalement le blé quand il en manquait en France, bois, chanvre pour les cordages, lin pour confectionner les voiles, goudron … produits employés pour la construction des navires autant commerciaux que militaires. Pendant de nombreuses années Dieppe est le port normand le plus actif dans ce commerce et a donc un besoin important en gens de la mer.

3- Hypothèse intégrant les deux précédentes
On peut aussi envisager que Simon PAUSAT et sa famille exerçant le métier de batelier ou de construction de charpente de bateau, pour les mêmes raisons que dans la première hypothèse, fuirent les persécutions en se dirigeant vers le nord de la France :

   a. par exemple à partir du Loiret
Nous savons qu’à partir de l’Auvergne et du Limousin, nous avons eu quelques PAUSAT qui émigrèrent au nord vers l’Yonne[7] et ensuite un peu plus à l’ouest dans le Loiret. Pour ces derniers, nous ignorons si le métier d’origine est le même que celui de leurs voisins de l’Yonne, mais on peut envisager qu’une partie de ceux-ci participèrent à l’approvisionnement de la ville d’Orléans, en pratiquant le même métier via la Loire.

   b. Par exemple à partir de Bordeaux
Pour les mêmes raisons, certains PAUSAT exerçant leur métier de matelot ou de charpentier de navires et résidant à Vayres ou Arvayres[8] ont pu saisir l’occasion de s’expatrier vers Dieppe pour bénéficier de salaires plus rémunérateurs.

Étudions maintenant d’où venait-il :

Région d’origine de Simon PAUSAT

Rappelons qu’il est entendu que notre patronyme est incontestablement d’origine occitane et donc que les PAUSAT résident initialement dans la moitié sud de la France.

Quant aux prénoms, ceux usités au sein d’une même famille étant souvent reconduits de génération en génération, on donne à l’enfant le même prénom que le parent du même sexe ou celui d’un proche qui est choisi pour être le parrain. Il existe donc pour chaque famille une continuité dans le temps des prénoms qui perdura jusqu’à la fin de l’Ancien régime et même encore quelquefois jusqu’à nos jours.

Le cas du prénom Simon est intéressant, car sa rareté chez les individus recensés dans la base des PAUSAT devient un avantage pour trouver sa région d’origine, quand, comme c’est le cas, sa localisation est circonscrite à une zone unique du territoire.



Parmi les PAUSAT ayant vécu avant la fin du 17e siècle et portant le prénom Simon, nous trouvons en effet :
- Simon PAUSAT (n°1589) né en 1589 à Pannes dans le Loiret
- Simon POUZAT (n°1987) marié en 1677 à Lyon avec Isabeau MAISTRE
- Simon PAUSAT (n°1170) marié en 1679 à Montel-de-Gelat (Auvergne) avec Marguerite DESPATIN
- Simon PAUSAT (n°2119) marié en 1679 à Dontreix (Limousin) avec « inconnue »
Nous pouvons donc imaginer qu’il est probable que le Simon qui nous intéresse soit issu probablement de l’une de ces familles, toutes plus ou moins situées au centre de la France.

En conclusion, espérons que l’examen des archives de Dieppe ou tout autre document fortuit livreront une partie des informations qui nous manquent pour connaître la vérité sur cet individu, émigré isolé, ayant quitté sa région natale et ses racines occitanes. Dans le cas contraire, sa brève histoire nous aura permis de connaître un peu mieux le contexte de son époque située au cœur du règne de Louis XIV.

[1] Ce patronyme étant répandu à cette époque qu’au nord-est de la France, on peut considérer que cette famille est originaire de cette région.
[2] On compte 1 million de morts entre 1651 et 1663, avec un taux record de mortalité dans la région parisienne et en Bourgogne.
[3] L’Angleterre était en guerre depuis 1688 avec la France (guerre de la ligue d’Augsbourg).
[4] On trouve deux étymologies au nom Simon : le nom grec Simôn, nom ancien dérivé du terme grec simos, signifiant « qui a le nez camus » et un nom masculin provenant de l'hébreu shimeone ou Sim’ôn et qui signifie littéralement « Dieu a entendu ma souffrance » ou « Yahvé a entendu » selon Genèse 29,33.
[5] Quoique les prénoms bibliques ne soient pas majoritaires chez les protestants (cf. « les prénoms des protestants au XVIIe siècle » de Jacques Houdaille
[6] En 1685, à la révocation de l'édit de Nantes par le roi Louis XIV, Dieppe perd plus de 3 000 de ses habitants qui émigrent à l'étranger.
[7] Voir l’article de ce blog du 02/05/2013
[8] Voir les articles de ce blog du 18/10/2010 et 15/10/2012 à 21/12/2012

10 mars 2015

Nos ancêtres émigrèrent-ils en Catalogne?

Les mouvements de population durant le Moyen-âge font l’objet de recherches qui nous permettent aujourd’hui de lever le voile sur le fait, a priori sous-estimé, que nos ancêtres se déplaçaient fréquemment et parfois fort loin.
Ceci peut sembler surprenant si l’on compare leur peu de moyens de locomotion par rapport aux nôtres, mais pour eux marcher n’était pas une recommandation de leur médecin pour éviter de prendre du poids et rester en forme physique, mais était simplement leur mode de vie.
Ainsi, la lieue terrestre était l’unité de longueur correspondant à la distance parcourue par une personne pendant une heure. Selon les régions, celle-ci était de l’ordre de 3 à 4 km… et s’ils n’avaient pas de bottes de sept lieues, il était normal qu’ils fassent des trajets de 30 à 40 km par jour, les plus riches faisant porter leurs bagages sur un âne ou un mulet, ou encore se déplaçant à cheval.

Donc, les distances n’étant pas un obstacle rédhibitoire, les mouvements de population obéissent seulement à des considérations économiques, tels que la marchandisation de certains produits (tissus, épices, etc.), à la recherche d’un travail (forestier, pasteur, etc.) ou à un besoin sécuritaire, pour se soustraire à la famine, la guerre ou aux persécutions.
La période de l’Ancien régime réunissant, au cours de son histoire, l’ensemble de ces facteurs, il n’est donc pas étonnant d’y trouver les causes de nombreuses émigrations. Parmi celles-ci, certaines se firent vers le sud, en particulier vers l’Espagne.

Nous avons déjà évoqué dans ce blog, des PAUSAT allant à Cadix pour y exercer le métier de courtier et de négociant, dont le béarnais Jean-Baptiste PAUSAT et son oncle Bernard. Mais, tous ne s’illustrèrent pas avec autant de succès, certains restèrent anonymes et la seule empreinte qu’ils auraient pu laisser dans l’histoire est celle de leur patronyme transmis à leurs descendants.

Serait-ce le cas des PAUSA vivant en Catalogne, au sud de la Cerdagne ?

L’émigration française en Espagne durant l’Ancien régime : quelques repères

1- Le travail universitaire d’un étudiant de Valence sur l’émigration gasconne nous indique que : « dans un document de 1617, écrit par un voyageur français, il est dit que plus de 15.000 Français vivent dans la ville de Valence. Étant donné que la population de la ville et de ses alentours était de 56.000 habitants; les "Français" composaient, plus de 25% de la population totale ».

2- En consultant un ouvrage récent d’un universitaire catalan[1], nous apprenons (à partir des contrats de mariage des archives notariales) qu’à Castelló d’Empuries (situé à 50 km au sud de Perpignan, anciennement le fief du comté du même nom), entre :
- 1555 et 1558, il y avait 102 Français (10,8 % de la population),
- 1585-1588, ce chiffre descend à 22 (3,5% de la population), sans doute, suite aux « représailles générales contre les Français », ces derniers étant accusés souvent à tort des méfaits commis dans la région, c’étaient les boucs émissaires de l’époque.

Il faut noter que la majorité étant protestante, ils avaient fui la France pour se soustraire aux dictats qui leur imposaient d’abjurer leur foi, mais se retrouvaient dans un pays sous la domination absolue de l’Église catholique. Ainsi, ils furent de nouveau pourchassés, cette fois-ci par la Sainte Inquisition.

Pour la Catalogne, entre 1560 et 1700, le Tribunal de Barcelone va arrêter 3.047 personnes, dont la moitié fut accusée de pratiques hérétiques, surtout de luthéranisme et de calvinisme.
Ces Français venant de la moitié sud de la France, donc de l’Occitanie étaient originaires :
- 21,2 % des Pyrénées et pré-Pyrénées (Pamiers, Tarbes, …)
- 32,9 % du Languedoc et de la vallée de la Garonne (Agen, Albi, Montauban, Toulouse, ..)
- 43,5 % des « Terres hautes » et des « Massifs » (Rodez, Saint-Flour, ..)
- 2,3 % de Bourgogne
Leurs métiers étaient très divers : chapelier, bourrelier, chirurgien, maréchal-ferrant, menuisier, paysan, berger, muletier, maraîcher, tailleur, valet de juments, tisserand, potier, journalier, sabotier, chaudronnier, etc.

Ces émigrants français étaient appelés GAVATX, ce mot apparait la première fois en 1603, date qui coïncide avec le pic de l’émigration. Dans la Principauté de Catalogne, ce mot désignait les personnes venues de la France Occitane.

3- Une autre étude[2] consacrée au Baix Llobregat[3] donne des chiffres voisins pour la période 1565-1699 :
Pour 6253 mariages, 725 l’étaient avec un conjoint français, soit une moyenne de 10,7% (avec un pic entre 1564 et 1569 : 23,1%, 25% à Barcelone).

L’émigration des PAUSAT en Catalogne : a-t-elle existé ?
Dans l’arrière-pays de la Costa Brava, ignoré des touristes, se situe entre la mer et les contreforts des Pyrénées un sommet nommé Mare de Deu del Mont culminant à plus de 1123 m et qui domine toute la plaine s’étendant jusqu’à la mer.
À ses pieds, quelques villages, hors du temps, se répartissent ce territoire et parmi eux, Llers, Banyoles et Sant Martí de Sesserres.

Pour les deux premiers villages, une recherche sur le site des mormons donne, depuis l’an 1600 à nos jours, le chiffre de 1882 résultats pour le nom PAUSA.

acte de mariage de Marianna Pausa à Banyoles en 1696

Pour le dernier, celui de Sant Martí de Sesserres, c’est le mariage d’un catalan ayant émigré en France en Cerdagne qui nous apprend qu’il est né dans ce village en 1850 et que sa mère s’appelle PAUSA.
Les recherches à la mairie de la commune dont ce village dépend et aux archives ecclésiastiques de Girona n’ont malheureusement rien donné, la majorité des documents de Sant Martí de Sesserres ayant été détruits durant la guerre civile.


Pour quelle raison ce dernier ayant quitté le mas de ses parents, chercha du travail en Catalogne nord à Prats de Mollo, en Roussillon[4] ? Pour le moment je l’ignore, mais son acte de mariage du 26 janvier 1875 nous indique qu’il a 25 ans, qu’il est domestique et qu’il se marie à une Française nommée Marie Anne Thérèse NOU, journalière, âgée de 39 ans et née dans cette commune.

Acte de mariage du fils de Marie PAUZA

On peut cependant se demander si, à l’origine, celui-ci n’est pas originaire d’un berceau situé en Occitanie, suite à la migration d’un français surnommé PAUSAT, cherchant en Catalogne des cieux plus propices..

A contrario, on peut aussi envisager qu’il s’agit d’un berceau sans lien avec les autres, car si la Catalogne n’a jamais fait partie de l’Occitanie, elle partage avec elle la même langue ou presque[5], puisque le catalan est dérivé de l’occitan provençal (exemple : le mot mas signifiant une ferme isolée en Provence a le même sens en Catalogne).
De ce fait, en reprenant les mêmes hypothèses développées dans ce blog pour les PAUSAT d’Occitanie, on peut supposer que certains Catalans se virent affublés de ce surnom. Il y aurait donc dans cette partie du nord-est de la péninsule ibérique un autre berceau PAUSAT « cousin » de ceux situés en Occitanie.


Remarque : Notons, cependant, une particularité qui le différencie des surnoms occitans, c’est que celui-ci n’est pas au participe passé, c’est-à-dire se terminant par le suffixe AT, mais comme un nom commun s’écrivant PAUSA (plus tard, PAUZA).
En dehors du fait qu’il peut s’agir d’une erreur d’écriture lors de la rédaction des actes, cette particularité poserait la question du sens exact que l’on a bien voulu donner à ce surnom et si celui-ci a une origine qui diffère de celui qui a prévalu en Occitanie. Notons aussi que le mot PAUSA (d’origine latine) existe aussi en castillan, mais qu’à ce jour il n’a généré aucun surnom dans ce qui fut autrefois la Castille.

[1] réf. : immigració francesa i repressió a la catalunya del segle xvi: alguns exemples del comtat d’Empúries de Josep Colls i Comas
[2] la immigració occitana a catalunya: el cas del baix llobregat (segles xvi i xvii) de f. Xabier Gual i Remírez, Valentí Gual i Vilà, Carles Millàs i Castellví
[3] région englobant Barcelone
[4] Avant que la Catalogne perde son indépendance, il y a 300 ans, lors de la guerre de la succession des Bourbons, celle-ci s’étendait jusqu’au nord de la Cerdagne. Mais au 19ème siècle, la langue catalane est le lien de communication naturel entre cette partie de la France et son territoire d’origine.
[5] Jusqu'au Moyen Âge, le catalan et l'occitan (en France) ne faisaient qu'une seule et même langue: ce sont des destins politiques différents et deux rattachement à des blocs dominants opposés qui les ont fait évoluer chacun de leur côté. Après de longs débats, les intellectuels catalans ont fini par proclamer solennellement en 1934 que le catalan était distinct de l'occitan, le premier faisant partie du groupe ibéro-roman; le second, du groupe gallo-roman.

17 mai 2012

Les Pauzat qui émigrèrent (3e partie) : que sont-ils devenus?

Dans l’attente d’informations provenant de descendants d’émigrés qui pourraient nous transmettre une partie de l’histoire de leurs ancêtres, nous allons conter dans cet article, celle d’Élisabeth Pauzat, émigrée aux United States, à partir des souvenirs qu’ont gardé d’elle, sa famille restée au pays.

Contexte :
En cette fin du 19e siècle, l’émigration vers les Amériques est à son point culminant. Le travail des recruteurs pour les Compagnies maritimes est certainement très efficace et les informations « optimistes » de ceux qui sont déjà partis ne font qu’encourager les autres à les rejoindre.
Ainsi, on constate que même certains font des va-et-vient entre les deux continents et curieusement non pas en partant de Bordeaux le port le plus proche (pour les béarnais), mais du Havre ou de Boulogne-sur-Mer.
Autre remarque, les départs se font tous en fin d’année, après les récoltes, quand le travail dans les champs a cessé et New York, port d’arrivée, n’est qu’un lieu de transit vers une autre destination, souvent La Californie où la main-d’œuvre est particulièrement recherchée[1].

Histoire connue à ce jour d’Élisabeth Pauzat :
Elle est née le 3 août 1889 à Arette (Béarn), dans la maison CASSOU, fille de Louis Pauzat, tailleur de pierres de profession, alors âgé de 31 ans et de Anne NOUQUÉ, sa femme.
D’ores et déjà, précisons que sa famille maternelle, les NOUQUÉ, compte de nombreux individus dans la vallée de Barétous, dont une grande partie émigrera aux United States.
De ce fait, elle est en contact permanent avec certains d’entre eux et sans doute avec François NOUQUÉ, son futur époux.
- En 1898, Pierre NOUQUÉ (né le 14 décembre 1864 à Arette, meunier de profession, marié le 3 janvier 1895 à Geneviève MAYSONNAVE (née le 6 mars 1866 à Arette) part du Havre, sur le navire Rotterdam, pour rejoindre New York le 5 décembre 1898.
- L’année suivante en 1899, sa femme (appelée Geneviève NOUQUÉ sur le registre de bord) part du même port, sur le navire Graf Waldersee, pour New York, où elle arrive le 1 octobre 1899 pour rejoindre sans doute son mari.
- En 1904, on retrouve ce Pierre NOUQUÉ qui entre-temps a dû revenir en France, car il part du Havre sur le navire La Touraine, il a maintenant 40 ans, pour arriver à New York le 8 octobre 1904.
- Et enfin, en 1907, Élisabeth PAUZAT, âgée seulement de 18 ans, qui part du Havre sur le navire La Gascogne pour New York, où elle arrive le 4 novembre 1907.
Mais elle n’est pas seule, car voyagent avec elle, originaires du même village : Geneviève NOUQUÉ, précitée, qui a maintenant 42 ans, accompagnée de deux enfants, Jacques NOUQUÉ âgé de 4 ans (né à Arette en 1903) et Madeleine NOUQUÉ âgée de 9 ans (née à Arette en 1898).
Est-ce une coïncidence ? Sans doute que non, si elle accompagne Geneviève et ces deux enfants (dont celle-ci est vraisemblablement la mère), c’est pour les accompagner, a priori, soit en tant que « dame de compagnie », soit pour rejoindre aux United States son futur époux, soit les deux[2].
Ce que l’on sait d’elle ensuite, c’est qu’elle se marie avec Frank NOUQUÉ, dont nous n’avons pas de traces dans les registres d’émigration. Notons que son prénom est la traduction anglaise de François. Donc, il s’agit d’un François NOUQUÉ, né dans la vallée de Barétous (Béarn) vers 1880 et qui aurait lui aussi émigré aux United States[3].
Louis et René                           Louis en 1941                                      Jackie
Ils vécurent à San Francisco en Californie et eurent deux garçons, René et Louis :
-                     Le premier, né vers 1910, décédera en 1942.
-                     Le second, Louis Jean NOUQUÉ, né en 1912 (avec les yeux bleus, patrimoine génétique de nombreux PAUZAT du Béarn), se mariera avec Catherine LECAY (elle aussi d’origine française), ils vécurent à Palo Alto puis à San José en Californie. Louis vivra jusqu’en 1983.
Louis et sa femme Catherine eurent une fille Jackie qui aura deux enfants Stève et Jeannine, nés entre 1958 et 1960. Le premier aurait fait des études de vétérinaire et la seconde se serait mariée très jeune avec un jeune homme originaire des Philippines. Tous deux et leur mère Jackie habitaient en Californie à Mission Viejo.

Commentaires :
- Remarquons sur la photo du centre (Louis en 1941), l’inscription sur le véhicule : « Genuine French », ce qui signifie « authentiquement français », et il s’agit de boudins (le mot est français, car sa traduction en anglais aurait dû être associée au mot pudding). Donc, à cette époque (ayant pris, peut-être, la succession de l’entreprise de ses parents), il vendait ou fabriquait du boudin, saucisse ou autre .. selon une recette béarnaise ! Nous savons que plus tard, dans les années 1950, il possédait une «  chaîne » de blanchisseries / teintureries qu’il revendra dans les années 70, à l’arrivée des textiles synthétiques.
En ces quelques mots et sur quelques années, nous avons l’exemple du dynamisme d’une famille d’émigrés à la conquête du Nouveau Monde.
Dany Pauzat en 1979, en Californie: entourée de Louis Nouqué (1ère génération)
et sa femme Catherine Lecay et à droite, avec Jeannine (3e génération).
 
- Autre remarque : Dany PAUZAT, lors de ses deux voyages en Californie pour aller voir sa « famille américaine », constate que si Louis et sa femme Catherine parlent le français et sont toujours attachés à la langue et au pays de leurs ancêtres, leur fille Jackie « s’exprimait très peu dans celle-ci et la troisième génération, pas du tout ! ». Ainsi, on comprend comment le souvenir d’Élisabeth PAUZAT s’estompe peu à peu avec le temps, de manière irréversible, léguant à ses descendants : des photos, des lettres ou d’autres documents, dont le souvenir sera lentement perdu et au mieux, conservés dans un grenier ou tout autre même lieu …
Nous ignorons donc si les NOUQUÉ contemporains et américains ont gardé la mémoire de leur aïeule Élisabeth, née Pauzat. Si oui, est-ce que l’histoire de son parcours en Amérique a survécu au temps et franchira l’Atlantique, faisant le chemin inverse qu’elle aura suivi, mais cette fois-ci par internet, en quelques secondes, et non plus par mer, durant plusieurs jours ?
La réponse à cette question est maintenant du ressort de l’un de ses descendants, s’il lit ces lignes et s’il souhaite que le souvenir de son aïeule Élisabeth ne disparaisse pas.

[1] On remarque que de nombreux émigrants sont employés en Californie comme horticulteurs fleuristes. Cette filière a été provoquée par l'importante production horticole qui s'est implantée dans les environs de San Francisco. Cette industrie s'est développée et de nombreuses et gigantesques entreprises vivent toujours de cette production. Ce sont les Basques qui ont initié cette culture. Ils en sont toujours les principaux
chefs d'entreprises.
[2] L’une des petites nièces d’Élisabeth, Dany Pauzat, lors de sa visite en 1979 à sa famille californienne déclare : «  Je leur ai porté, lors de mon premier voyage, la bague d'Élisabeth Pauzat, sa bague de fiançailles ? ; cette bague se trouvait parmi les bijoux de ma tantine marraine Catherine Pauzat et nous n'avons jamais su pourquoi ». 
[3] Il existe un François Nouqué, né à Lescun (Béarn) le 17 janvier 1881, son père s’appelle Pierre Nouqué (né en 1858).

25 avril 2012

Les Pauzat qui émigrèrent (2e partie) : qui sont-ils ?

Après avoir énoncé les différentes raisons historiques qui ont poussé nos ancêtres à s’expatrier, voici le moment, dans la deuxième partie de cet article, d’en dresser la liste et les circonstances connues de leurs départs. 
Les premiers cas d’émigration recensés commencent au moment de la Révolution française. Notre article de mars 2011 en avait déjà évoqué quelques cas exceptionnels, dont celui de Jean-Baptiste Pauzat Zuñiga (n°378)[1], originaire d’Issor (Béarn) qui, sans doute ayant émigré en Espagne, fit du commerce avec le Mexique, devint armateur à Bordeaux et consul du Mexique dans cette même ville. Il parraina les débuts professionnels de plusieurs Pauzat, tous originaires du même lignage familial.

Il y eut aussi, Barthélémy Pausat (n°1448), fils de Henri Pausat[2], tué par les « nègres » en Martinique vers 1790/91, mais qui partit certainement dans le cadre d’une campagne militaire française[3].

Ceux qui suivirent furent, par ordre chronologique des départs :

Pierre Pauzat Berges (n°477), né à Gurmençon (Béarn) vers 1809, il habite Bordeaux lorsqu’il part le 16 mars 1826 pour Londres (Angleterre) à l’âge de 16 ans ½, avec un passeport portant une attestation de J-B Pauzat Zuñiga, afin de faire son instruction commerciale. On ignore s’il est revenu, ce qui est probable.

Bernard Pauzat dit Couchez (n°472), né à Vieilleségure (Béarn) le 29 décembre 1803, il  part à l'âge de 24 ans, le 23 novembre 1827, à destination de La Havane (Cuba), pour affaires de commerce, sous la "tutelle" de J-B Pauzat-Zuñiga précité. Est-il revenu ?

Jean-Charles Marie Pauzat (n°359), né le 3 novembre 1858 à Féas (Béarn) d’un père négociant de vins en gros, engagé conditionnel le 26-10-1877 à la mairie de Pau, mobilisé pour le service militaire en 1878, dispensé absent (son livret militaire lui ayant été restitué), réserve active le 26-10-1882, car il partit de Bordeaux pour aller à Buenos Aires (Argentine) le 7 décembre 1879, célibataire et ayant déclaré comme profession : employé de commerce. Sa présence y est signalée en octobre 1879, il y décédera à l’âge de 28 ans, le 28 mars 1886, sans que l’on sache s’il s’est marié et s’il a eu des enfants.
recensement à Buenos Aires, au registre des émigrés, de Jean-Charles Marie Pauzat








Joseph Pausat (berceau inconnu), signalé à Los Angeles (Californie) en 1882

P.J. Pouzat (n°2165), né en 1849 (berceau inconnu), quitte le Havre (navire La Bourgogne) pour New York, où il arrive le 28 août 1893

Basile Jacques Pausat/Pauzat (n°631), né le 13 juin 1875 à Lanne (Béarn). IL est dispensé de service militaire, car … élève ecclésiastique. On le retrouve le 15 mai 1901 en Argentine à Buenos Aires (célibataire, garçon de chambre, 886 Corrientes), le 21 mars 1904 à New York (8e avenue), mais il a dû revenir en France quelque temps, puisqu’il indique Lanne comme résidence le 3 mars 1905. Il est passager pour New York, en partance de Cherbourg (navire Saint Paul), le 1er mai 1905. Le 9 mai 1905, il réside à San Francisco (614 Broadway street).
Il manque à l'appel de la mobilisation générale le 2-8-1914, signalé décédé, puis déclaré insoumis le 1er juin 1916, le décès n’ayant pas pu être établi.

Joseph Pauzat (a priori n°57), né à Arette (Béarn) le 14 juin 1880 en la « maison AMBIELLE ». Il fait son service militaire du 15 novembre 1901 au 18 septembre 1904, où il obtient un certificat de bonne conduite. Il passe dans la réserve de l’armée active le 1er novembre 1904. Il effectue une première période d’exercices au 18e Régiment d’Infanterie en 1907, mais, est absent à la seconde en 1911 : il en est dispensé, étant à l’étranger, hors d’Europe.
En effet, entre temps, il a quitté à l’âge de 30 ans le territoire français le 11 octobre 1910, en prenant à Bordeaux, un bateau (le Saint-Laurent) à destination de New York. Le recensement de 1920 aux United States indique qu’il réside à Los Angeles (Los Nietos Precinct Whittier Town). Il y sera naturalisé le 14 juin 1917 (Southern District, Central Division, Los Angeles, California).
Entre temps, il est rappelé à la mobilisation générale du 2 août 1914. Manquant à l’appel, il est déclaré insoumis le 30 janvier 1915, puis rayé des contrôles de l’insoumission vers 1968 (prescription de 53 ans).
Finalement, il revient en France où il décède à Oloron (Béarn) à l’âge de 97 ans, le 20 décembre 1957. On ignore s’il s’est marié et s’il a eu des enfants.

Jean-Charles Marie Pauzat (n°337), né le 18 mai 1890 à Féas (Béarn), petit-fils du notaire du lieu et neveu de son homonyme ci-dessus, sans doute fils unique, car il est dispensé du service militaire étant déclaré « soutien indispensable de famille » le 23 août 1912. Curieusement, il ira vivre en Espagne où il résidera à Madrid comme secrétaire de mairie[4] !
Lors de la mobilisation générale du 2 août 1914, il est cependant rappelé sous les drapeaux. Durant ce conflit, il sera fait prisonnier (captivité en 1918), puis à la fin de la guerre, il rejoint son village natal où il sera classé « affecté spécialement dans l’administration de la poste comme facteur auxiliaire, le 1er mai 1922 ». Pas d’information concernant son état civil (marié le 20 août 1910 ?) et s’il a eu des enfants.

Élisabeth Pauzat (n°54), née à Arette (Béarn) le 3 août 1889 dans la « maison CASSOU », elle part du Havre à l’âge de 18 ans, sur le navire La Gascogne, et arrive à New York le 4 novembre 1907 (son nom est orthographié Pawzat). Elle vivra en Californie, San Francisco, où elle est recensée en 1920, avec son mari Frank Nouqué, avec qui elle a eu deux enfants René et Louis. Elle décédera dans la même ville le 5 avril 1922, à l'âge de 33 ans. Ci-dessous, la photo exposée sur sa tombe.

Eddie Pauzat (ou Dauzat), né en 1874 (berceau inconnu), part avec sa femme Alice (née en 1889) pour les United States où il résidera en 1910 dans l’État de la Louisiane, ville de Avoyelles.

Henri Pouzat (n°2166), né à Paris en 1852, célibataire, quitte Le Havre (navire Le Provence) pour New York, où il arrive le 4 septembre 1910.

Jean Pouzat (n°1851), né en 1849 (berceau inconnu), part du Havre (navire La Savoie) pour New York, où il arrive le 8 septembre 1919 [Infos sources : Archives nationales du Canada, Listes de passagers, 1865-1935 (RG 76)]. Est-il allé ensuite au Canada ?

Jean Pazat (n°627) et Augusta Pazat (n°628), nés à Coutras (Gironde), partent de Bordeaux pour New York, où ils arrivent le 27 juin 1920

Charles Étienne Léon Pauzat (n°624), né en 1903 (berceau inconnu) (classe d’incorporation : 1923, source : registre d'incorporation militaire de la Mayenne-Est), passager pour New York en partance du Havre, le 1er février 1921 (navire : Roussillon) à l’âge de 17 ans, arrive à New York le 1er février 1921. Il devient bijoutier, créateur de bijoux en 1939, décède à l’âge de 39 ans, le 23 juillet 1942 (Manhattan).
        
Sanis Pauzat (n°626), né en 1900 (berceau inconnu), arrive à New York le 27 janvier 1922, à l’âge de 22 ans, en étant parti de Marseille sur le navire Canada.

Léon Pauzat (n°625), né en 1885 (berceau inconnu), arrive à New York, après être parti de Southampton (port au sud de l’Angleterre, navire : Olympic) le 27 février 1924, à l’âge de 39 ans

Léon Pouzat (n°xxx), né en 1884 (berceau inconnu), arrive à New York, après être parti de Southampton (port au sud de l’Angleterre, navire : Olympic) le 19 mars 1924. Est-ce une coïncidence avec le Léon ci-dessus ? Même lieu de départ, même navire (mais la rotation suivante).

Charles Pauzat (n°1938 ou 624 ci-dessus ?), né en France en 1904 (berceau inconnu), part avec sa femme Joséphine (née en 1910) et ses deux enfants Charlotte (n°2144), née en 1926 et Charles (n°1945), né en 1928, pour les United States où il résidera à Hudson dans l’État du New Jersey, au moment du recensement de 1930.

Basile Pauzat (n°248), berceau Béarn, marié à Marguerite Bon avec qui il a eu une fille Madeleine (n°1187), puis remarié à Caroline Bazerque, avec qui il a eu une seconde fille Renée (n°518)*, il est recensé en 1930 aux United States avec ses deux enfants et sa seconde femme.
*Renée Pauzat (n°518), précitée, née en 1909 s’est mariée à Jacques Perrin, avec qui elle a eu 5 enfants, est-elle restée aux USA ?

Gabrielle M M Pauzat (n°1959), née en septembre 1920 à Lambeth, Greater London – Surrey, pas d’autres informations (berceau inconnu, mais vraisemblablement du Limousin). Ses parents étaient-ils de passage en Angleterre ou y avaient-ils émigré ?

Victor Pausat (n°2146), né en 1939 (berceau inconnu), se rend aux Philippines, où il décède le 8 septembre 1940 (Bais City,​ Negros Oriental,​ Philippines).

Jean-Louis Pauzat (n°496), né à Valenciennes le 24 mars 1936 (berceau Béarn), part pour le Mexique après la Seconde Guerre mondiale, où il rencontrera sa femme Maria Georgina. Ils se rendront ensuite aux United States, mariés sans doute le 26 novembre 1996, pour la Floride à Miami où ils ouvriront une boulangerie-pâtisserie qui défendra avec succès la « french touch ». Ils ont deux filles Dominique (n°499), née au Mexique et Françoise (n°500), née en Floride.
Dominique H. Pauzat (n°497) est sans doute partie en même temps que son frère Jean-Louis (n°496) précité.

Patrick Pauzat (n°872), né le 28 décembre 1950 à St-Yrieix-la-Perche dans le Limousin, fils de Jean Pauzat (n°813) et de Marcelle Desport, part aux United States où après un passage en Californie et en Floride, il réside dans le Connecticut, naturalisé le 16 septembre 1977.

Valèrie Stéphanie Pauzat (n°455) vivant actuellement au NW de l’Espagne, berceau inconnu.

Jean-Pierre Pauzat (n°1), berceau Béarn, contemporain, retraité, réside en Catalogne Sud.

Et d’autres personnes localisées aux United States, sans autres renseignements :
-          Joa Pauzat (Californie),
-          Nellie Pauzat (Californie),
-          Jean Pauzat (Missouri)
-          Jean Louis Pauzat et son épouse Mary C. La Plante (Cook County, Illinois)
-          Brian P Pauzat (Californie, Los Angeles)
-          Chad J Pauzat et Chad A Pauzat (Louisiane)
-          Janine M Pauzat (Floride, Fort Lauderdale)
-          John Pauzat (Floride)
Et aussi :
- Pranas Pauza qui part du port de Bremerhaven (Allemagne) le 2 mars 1948 pour Melbourne (Australie) où il arrive le 27 avril.
- Madeleine Pauzat, recensée au Canada, Québec (Genealogical Dictionary of Canadian Families (Tanguay Collection), 1608-1890)
- T. Pauza, Halifax (Canada)

  
Dans cette liste, non exhaustive, nous devinons que derrière ces noms et ces dates, se cachent des histoires personnelles, dignes d’intérêt, mais dont le souvenir s’estompe progressivement à chaque nouvelle génération.
Que sont-ils devenus, ces hommes et ces femmes qui ont eu le courage de quitter leurs villages, leurs familles et leur patrie ?
C’est à ceux qui détiennent encore une partie de ce patrimoine de l’aider à survivre et de témoigner. Ce blog vous est proposé dans ce sens, c’est maintenant à vous de communiquer ce dont vous avez hérité de vos ancêtres : un parcours, une anecdote, des photos, un fait particulier ou tout simplement, l’histoire d’une famille refondée dans un nouveau pays.

Vous pouvez, pour cela, me contacter[5] à l’adresse email:  geneapauzat1@gmail.com. Votre témoignage permettra d’évoquer et d’honorer ceux de nos ancêtres qui entreprirent cette aventure.
To do this, contact me at the email address: geneapauzat1@gmail.com
Your testimony will allow to honor those of our ancestors who undertook this adventure.
Para ello, pueden ponerse en contacto conmigo a la dirección de correo electrónico siguiente : geneapauzat1@gmail.com
Sus palabras nos permitirán evocar y honrar nuestros antepasados, aquellos que emprendieron esta aventura. 

Prochain article prévu :         

Les Pauzat qui émigrèrent
3e partie : que sont-ils devenus?

[1] Cet identifiant permet de retrouver la personne dans les arbres et les listes présentés sur les sites dédiés :
http://sites.google.com/site/geneapauzat
http://sites.google.com/site/ancestrypauzat/
[2] ce dernier, originaire de Castelnaudary, est le fondateur de la branche marseillaise, il eut un autre fils qui mourut lors de l’assaut des Tuileries en 1792 et un troisième qui fut tué « aux frontières ».
[3] En août 1791, commence l'insurrection des esclaves dans le nord de Saint-Domingue.
Le 4 avril 1792, l'Assemblée législative française élève au rang de citoyen tout homme de couleur libre et envoie le commissaire Rochambeau en Martinique pour faire appliquer cette loi.
Le 1er décembre 1792 arrive aussi le capitaine de vaisseau Lacrosse chargé par la Convention de faire triompher
[4] Rappelons que suite à l’article du 29-12-2011, nous pouvons suggérer un lien de ce dernier avec un Bernardo Pauzat, « chef d’exploitation », inconnu, résidant a priori à Madrid à la même époque.
[5] Ceci au choix, en français, anglais, espagnol ou en catalan, à l’adresse email : geneapauzat1@gmail.com
 Je rappelle que votre vie privée sera protégée, car vous seuls décideraient de ce qui sera publié et que votre adresse email ne sera pas communiquée.

3 avril 2012

Les Pauzat qui émigrèrent (1ère partie) : Pourquoi émigrèrent-ils ?

Je dédie cet article à tous les Pauzat[1] qui émigrèrent un jour, ainsi qu’à leurs descendants contemporains, ceux qui perpétuent aujourd’hui ce patronyme et ceux qui ne le portant pas, ont eu une aïeule dont c’était le nom et dont le souvenir s’estompe peu à peu.
J’espère qu’ils ont tous conservé la mémoire de leurs racines et … qu’ils lisent ce blog.

Cette première partie est consacrée à présenter les différentes raisons qui poussèrent nos ancêtres à prendre un jour la décision, certainement difficile, de quitter leurs villages et leurs familles. Bien sûr, souvent ils étaient jeunes, inconscients de ce qui les attendait et fortifiés par les messages flatteurs qui leur parvenaient (lettres d’un parent déjà parti, harangue d’un recruteur passé dans leur village, causeries le soir à la veillée, au coin du feu, ..).

Au cours des articles de ce blog, nous avions vu que de nombreux Béarnais partaient en Espagne qui manquait de main-d’œuvre, puis revenaient régulièrement chez eux. Ainsi, dans certains villages, le tiers des hommes partaient durant 8 à 9 mois de l’année, se spécialisant dans les métiers de bergers, hongreurs (castreurs), forestiers, tondeurs, etc. Ils allaient jusqu’à Valence et en Andalousie, où de nombreux béarnais ne revinrent jamais et firent souche (nous ignorons, à ce jour, s’il eut un Pauzat parmi eux).

Arrivée des émigrants à New York, passant par le centre d'accueil Ellis-Island
Par contre, le départ vers les Amériques, à partir du 18e siècle, s’inscrit dans le flux migratoire des populations européennes, celui-ci étant causé principalement par les différents bouleversements de l’histoire de ce continent.
Tout d’abord en France, les raisons économiques consécutives aux conflits avec les pays voisins et aux guerres de religion, l’inégalité devant l’impôt[2], les années de famine suite aux mauvaises récoltes, les hivers rigoureux, les épidémies, furent la cause majeure de ces émigrations.
En second lieu, nous avons la situation particulière des cadets de chaque famille qui ne peuvent pas accéder à la propriété des terres (droit d’aînesse). 
L’exemple le plus représentatif de la concomitance de ces deux dernières causes est celui de Jean-Baptiste Pauzat Zúñiga, cinquième enfant d’une famille d’Issor dont nous avons déjà parlé dans ce blog. Il a 20 ans, en cette période de la Révolution française, sans espoir d’avoir une terre à lui,  la situation du pays est catastrophique, c’est la période où la « Terreur est mise à l’ordre du jour » avec ses listes de suspects à guillotiner, le clergé est pourchassé, les armées ennemies sont aux frontières.
En troisième lieu, quelques décennies plus tard, il faut ajouter le désir d’échapper à un service militaire long et souvent injuste dans sa forme de recrutement : la Conscription[3]. Les boucheries des guerres napoléoniennes (plus de 2,5 millions de morts, dont 1 million côté français, les récits faits par les survivants revenus chez eux) ont écœuré pour longtemps les jeunes à porter les armes.
Affiches vantant la réussite des émigrés qui se sont expatriés et proposant la traversée de l'Atlantique

Enfin, le quatrième facteur est le prosélytisme des organisations[4] incitant la population à franchir les océans pour aller s’implanter dans les terres « vierges » réclamant de la main-d’œuvre. Les années 1875-1890 ont marqué l'apogée de cette émigration.
Les pays demandeurs avaient ouvert en France des agences d’immigrations et embauché des recruteurs. Ce métier d’agent recruteur, très actif par exemple en Béarn, semble être né des opportunités pour les navigateurs transporteurs de marchandises de rentabiliser leurs voyages en prenant des passagers.
Une page du registre de Laplace et photo de passagers émigrants 

« Un natif du Béarn, Jean-Baptiste Laplace, a été l’un de ces recruteurs. Au départ, il est lui-même un émigré pour insoumission qui en 1863 est en Argentine et qui en 1868 parvient à rentrer en Béarn pour se faire juger et pour « racheter » un remplaçant.
Il a laissé dans ses registres, dès 1879,  les relevés des coordonnées des passagers qu’il faisait embarquer. Il tire ses revenus d’un pourcentage qu’on lui accorde sur chaque passage payant. Il est fort probable que l’un des Pauzat émigrés ait profité de cette filière.
Les descendants d'émigrés qui ont entendu les récits de ces voyages affirment souvent que l'aïeul, ou l'aïeule parfois, était parti « en sabots, le baluchon sur l'épaule et pour payer le prix du passage, avait travaillé sur le bateau ».
Les départs des Béarnais se faisaient le plus souvent par le port de Bordeaux ou de La Rochelle, mais certains par Le Havre (destination New York) ou les ports espagnols. On sait, par exemple, que Jean-Baptiste Laplace accompagnait (ou faisait accompagner) les émigrants à destination de La Havane, jusqu'à Irun pour aller prendre un bateau à Santander ou aux Pasajes de San Sébastien ».
La création des Compagnies maritimes a ainsi développé le métier et multiplié les agents recruteurs qui sillonnaient les campagnes, fréquentant les marchés et les foires, les sorties de messe et les enterrements. Le nombre de candidats à l'embarquement semble s'être accru rapidement pour devenir des plus importants vers la seconde moitié du 19e siècle, et surtout, au niveau européen, au début de 20e siècle[5] ce que nous allons vérifier aussi dans la seconde partie de cet article.
  
Prochain article : 
Les Pauzat qui émigrèrent (2e partie) : Qui sont-ils ?

Nota : Si l'un de vos ancêtres a émigré et si vous souhaitez faire une remarque, citer une anecdote, envoyer une photo à son sujet, n’hésitez pas à me les faire parvenir à l’adresse : geneapauzat1@gmail.com
Ces témoignages, avec votre accord, seront alors diffusés dans ce blog.
Langues acceptées : français, anglais, espagnol, catalan.

[1] Et les autres patronymes d’origine ou dérivés : Pausat, Pouzat, etc.
[2] Seuls les roturiers devaient assumer l’impôt. Le clergé, qui possède 10% des terres, ne paye pas d’impôt, mais en perçoit des paysans qui doivent fournir 3 à 15% des récoltes. La noblesse, qui possède 25% des terres, ne paye pas d’impôt, mais a le droit de lever les siens.. à ceux-ci s’ajoutent les impôts royaux, toujours payés par les paysans et les autres représentants du bas peuple !
[3] C’est la Conscription qui semble avoir provoqué le plus de départs et plus particulièrement après les guerres napoléoniennes et sous la Restauration. Les guerres de la période révolutionnaire « consommaient » beaucoup d’hommes. Pour y remédier, une loi fut votée en 1798, la loi Jourdan, afin de permettre la réquisition des hommes en âge de se battre. Chaque homme, l’année de son vingtième anniversaire, devait s’inscrire sur les listes de Conscription. Si le numéro associé à son nom était tiré, il était aussitôt enrôlé dans l’armée pour un service militaire dont la durée a été jusqu’à sept ans !
[4] Les offres des agences d’émigration ont facilité beaucoup le départ des jeunes gens voulant échapper à la Conscription qui espéraient par la même occasion améliorer leur situation économique.
[5] Les immigrants venus des régions agricoles d'’Europe, chassés par la pauvreté ou la violence voient leur nombre augmenter considérablement, celui qui passe par Ellis Island enfle jusqu’à atteindre 800 000 (!) pour la seule année 1914.