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26 octobre 2013

Des Pauzat concernés par la justice ?

Quelques-uns de nos ancêtres eurent affaire à la justice, étaient-ils coupables ou innocents ? Certains témoignages les concernant sont parvenus jusqu’à nous. Jetons donc un regard curieux sur ceux-ci.
Précisons au préalable deux critères importants : l’exercice de la justice et les supports de mémoire, car selon l’époque où les faits se sont déroulés ces derniers sont totalement différents.

En premier lieu, durant l’Ancien Régime, la justice était diverse[1] et il existait « une multitude de modalités à respecter avant l'application de la peine capitale, selon le crime et la condition du condamné. Le droit pénal de l'Ancien Régime comportait des peines afflictives destinées à faire souffrir le coupable et des peines infamantes destinées à l'humilier. Les peines n'avaient pas pour but de punir ou d'amender le coupable, mais d'impressionner les spectateurs, de servir d'exemple, de dissuader le public de commettre des crimes[2] ».
D’autre part, « l'emprisonnement ne figurait pas encore parmi les peines, il ne servait qu'à détenir la personne accusée en attente du jugement, ou alors comme peine de substitution en cas de grâce ».

En second lieu, durant cette même période, rares sont les témoignages de l’action de la justice sur le « bon peuple » où les acteurs sont désignés nominativement. Avant l’invention de l’imprimerie et longtemps après, l’information est véhiculée par voie orale et par affichage. Par la suite, l’analphabétisme limite la portée des gazettes, celles-ci étant de toute façon en très petit nombre. Il ne reste donc que les écrits consacrés aux grands faits historiques ayant fait l’objet de rédaction d’actes et de manuscrits.
Citons les écrits de l’Inquisition en terres cathares où par exemple, tous les habitants d’un village comme celui de Montaillou[3] furent, à la fin du XIII siècle, identifiés et interrogés. Leurs noms et leurs histoires nous sont donc connus. Les cas isolés, par exemple celui de l’assassinat du roi Henri IV en 1610 laissa à la postérité le nom de son assassin François Ravaillac. Mais, pendant cette période aucun Pauzat ne vit son nom accéder à la mémoire collective.

De ce fait, les informations dont nous disposons sont toutes postérieures à la Révolution française et contemporaines de la presse écrite. Celle-ci s’étant développée qu’à partir du 19e siècle, les témoignages existants datent donc logiquement de la période qui suivit.

Notons aussi que si certains de nos ancêtres, cités plus bas, furent condamnés à la peine de mort, le hasard voulut que l’un fût exécuté étant innocent, alors qu’un autre fut gracié après avoir commis un crime odieux !


la guillotine[4] le métier de corroyeur le métier de porteur d’eau[5]

Examinons maintenant les faits recensés :

Léonard PAUZAT[6] en 1794 à Bordeaux


Agé de 47 ans, natif de Dussac en Dordogne, il fut condamné à mort le 4 juillet 1794 (16 messidor de l’an 2) durant la Terreur[7], par la commission révolutionnaire de Bordeaux comme receleur de prêtres réfractaires. Il a été guillotiné place Nationale (l’actuelle place Gambetta).
Il fut arrêté et condamné avec « le prêtre Cazeaux et onze religieuses ou pieuses femmes qui avaient caché ce dernier. Pour sa part, il n’était qu’un humble porteur d'eau du couvent du Bon Pasteur ».
Il n’eut pas de chance à double titre, premièrement parce qu’il était innocent et n’avait commis aucun méfait, mais aussi parce qu’il eut la tête tranchée juste quelques jours avant la fin de la Terreur, celle-ci s’achevant le 28 juillet 1794 avec la chute de Robespierre.
remarque : son prénom laisse supposer que sa famille est originaire du Limousin.

Lucien POUZAT en 1913 à Paris

Télégraphiste, âgé de 15 ans, il avait pris l’habitude avec certains de ses jeunes collègues d’ouvrir les pneumatiques (imprimé bleu dont les anciens se souviennent certainement) et ainsi de satisfaire leur curiosité pour découvrir quelques secrets, profiter de tuyaux aux courses, etc.
Mais un jour, Lucien apprit ainsi qu’une jeune femme de 29 ans, Mme Juliette S… habitant le quartier avait une liaison avec le patron de son mari. Il eut l’idée de la faire chanter en lui réclamant pour son silence 150 francs[8] en 3 coupures de 50 francs.
Arrêté, il fut rendu à ses parents, car la dame ne porta pas plainte, mais le commissaire prévint l’administration des P.T.T. qui ouvrit une enquête sur la façon dont ses petits facteurs violaient les secrets des correspondances qui leur étaient confiées.

Joseph POUZAT en 1923 à Gannat

Citons : « le 2 septembre 1922, un bourrelier-corroyeur[9] de Gannat, se rendit à Issoire pour y voir sa fillette Madeleine, une enfant de huit ans, confiée à des parents domiciliés dans cette ville. Ayant amené la gamine en promenade et se trouvant avec elle dans un endroit écarté, il la saisit brusquement par les cheveux et lui trancha la gorge d’un coup de couteau, avant de jeter le cadavre dans un fossé rempli d'orties.
Arrêté peu après, il avoua son crime, déclarant qu’il avait tué la pauvre enfant pour se venger de sa femme qui avait demandé le divorce contre lui. Joseph Pouzat à comparu hier devant la cour d’assises du Puy-de-Dôme qui l’a condamné à la peine de mort ».
Cependant, il fut gracié le 19 avril 1923.

Germaine PAUZAT en novembre 1929 à Saint-Mandé[10]

Citons : « une bonne âgée de 27 ans, Germaine Pauzat, avait disparu de chez son patron, M.Branger, rue de l’Alouette à Saint-Mandé, en emportant une somme de 500 francs[11] ; arrêtée, elle a été envoyée au dépôt ».

Rappelons aussi d’autres cas ayant fait l’objet d’articles dans ce blog :

Jean-Baptiste PAUZAT de Zuñiga en 1829 à Bordeaux

Un jugement de la cour de justice de Bordeaux du 18 mai 1829 nous informe qu’un dénommé Pauzat de Zuñiga négociant à Bordeaux était le commissionnaire d’un autre négociant, lui, de Veracruz au Mexique, pour lequel il devait négocier la vente de « 20 surons de cochenille » .
Voir l’article du 27/10/2010

L’abbé PAUZAT en 1899 à Montory

En 1899, une histoire de bancs, à l’intérieur de l’église, fit grand bruit, et les échos parvinrent en haut lieu jusqu’au Président du conseil. ….
Voir l’article du 31/10/2010

Ainsi, nous clôturons la liste, sans doute partielle, de nos ancêtres qui firent connaissance, à juste titre ou à tort, avec la justice de notre pays.

[1] La Justice sous l'Ancien Régime résultait d'un savant mélange entre traditions et édits, entre les coutumes orales et les règles écrites. La France comptait quelque 300 coutumes, dont 60 principales.
[2] La pendaison était la peine commune. La décapitation à l'épée (ou la hache) était un privilège attaché à la noblesse. Le bûcher pour les hérétiques relaps et les incendiaires (le patient était souvent discrètement étranglé auparavant par un lacet). La roue pour les brigands et pour les meurtriers condamnés avec circonstances aggravantes. L'huile bouillante : pour les faux-monnayeurs ; L'écartèlement, avec ensuite exposition des restes aux quatre portes de la cité : pour la haute trahison, pour les parricides. La tête cassée, peine militaire, dont sont aussi menacés les civils qui forçaient les blocus en cas d'épidémie de peste.
[3] Voir l'ouvrage anthropologique d'Emmanuel Le Roy Ladurie : Montaillou, village occitan de 1294 à 1324
[4] La guillotine est une machine destinée à appliquer officiellement la peine de mort par décapitation et qui fut utilisée en France depuis la Révolution française jusqu’en 1977.
[5] Métier ancien existant dans de nombreux pays, il y avait encore 700 porteurs d’eau à Paris en 1879, presque tous Auvergnats !
[6] Aussi identifié avec le patronyme PAUSE
[7] La Terreur est le nom d'une période de la Révolution française (1793-1794), caractérisée par le règne de l'arbitraire et des exécutions de masse perpétrés par les révolutionnaires.
[8] Soit l’équivalent aujourd’hui de 49500 euros
[9] Le corroyeur est celui qui donne aux cuirs, en sortant des mains du tanneur, des façons qui, les rendant plus souples et plus lisses, les disposent aux ouvrages du sellier, du ceinturier, du bourrelier et autres ouvriers.
[10] Saint-Mandé est située à l'entrée sud-est de Paris et au nord-ouest du département du Val-de-Marne, au cœur du plus grand parc boisé de l'Ile-de-France, le bois de Vincennes.

[11] Soit l’équivalent aujourd’hui de 28500 euros


15 décembre 2011

Jean Pauzat, lieutenant dans l'artillerie à cheval de la Garde Impériale, meurt au cours de la bataille de Wagram.

(informations provenant du site d’art militaire et souvenirs historiques de Bertrand MALVAUX)

Dernière victime des conflits français ajoutée dans mon article précédent[1], Jean PAUZAT a vécu durant la période révolutionnaire en y prenant une part active jusqu’à son décès lors de la bataille de Wagram[2], en juillet 1809 à l’âge de 32 ans.

Né le 3 mars 1777 à Saint-André de Cubzac en Gironde, il s’engagea comme volontaire dans le 16e bataillon du Bec d’Ambès le 1er septembre 1792 (soit, si l’information est exacte à l’âge de 15½ ans !) et participa aux guerres civiles de 1792 et 1793 en Vendée[3].
En juin 1794, il est incorporé dans le 7e Régiment d’Artillerie à cheval[4] et servit à l’armée des Pyrénées occidentales pendant trois ans.

Artillerie à cheval














Revenu en France, il participa au début de la guerre de l’an VI en Italie[5] où il partit en mai 1798 avec l’armée d’Orient en tant que fourrier[6]. En mai 1800, il obtint le grade de maréchal des logis-chef. Le 21 mars 1801, lors de la bataille d’Alexandrie, après avoir eu deux chevaux tués sous lui, il prit la place de l'un de ses camarades qui venait d'être blessé et continua de combattre avec la plus grande intrépidité ; sa conduite lors de cette journée lui valu une grenade d'honneur[7] que le premier consul lui décerna par arrêté du 18 pluviôse an XI ( 7 février 1803). Le 2 juin 1804, il est nommé adjudant sous-officier. Le 1 mai 1806, il passe lieutenant en second dans l'artillerie à cheval de la garde impériale; le 29 août 1808, il fut nommé lieutenant en premier et fit en cette qualité la campagne de 1808 en Espagne. Il mourut, les armes à la main, le 6 juillet 1809, sur le champ de bataille de Wagram.

Régiment d'artillerie française et à droite, brevet d'honneur de Jean PAUZAT










J’ignore, à ce jour, les origines de Jean PAUZAT. Cependant, il semble vraisemblable que sa famille est issue du berceau « Guyenne ». La lecture de son acte de naissance pourra seul nous informer sur ses ascendants.
Nous savons qu’il a consacré sa vie à la carrière militaire à un moment, où la France fut entraînée dans de nombreux conflits. Son décès à Wagram l’empêchera de connaître la fin des guerres napoléoniennes et leurs épilogues tragiques. Son parcours me fait penser à un livre très ancien « récits de la vieille France[8] » d’Alfred ASSOLLANT, édité en 1889 et qui fut remis à l’un de mes oncles, quatre ans plus tard, comme prix d’orthographe, de géographie et d’instruction morale et civique. Il retrace le parcours de François Buchamor, parcours étrangement semblable à celui de Jean Pauzat et sans doute de beaucoup d’autres dont nous ne connaîtrons jamais l’histoire.



[1] Voir l’article consacré aux Pauzat morts lors des conflits
[2] Celle-ci se déroula autour de l’île de Lobau sur le Danube les 5 et 6 juillet 1809 et eu pour résultat la victoire de la Grande Armée française sur l’armée autrichienne dirigée par l’archiduc Charles.
Napoléon fit préparer son attaque, notamment les ponts et les positions d’artillerie, car il désirait engager cette bataille avant l’arrivée des troupes de l’archiduc Jean qui venait en renfort à marche forcée depuis l’Italie. La bataille de Wagram fit près de 11000 tués répartis de manière relativement égale entre les deux camps et presque 50000 blessés. Elle décida de la fin de la guerre de la cinquième coalition.[3] La guerre de Vendée est le nom donné à la guerre civile qui opposa partisans (bleus) et adversaires (blancs) du mouvement révolutionnaire dans l'Ouest de la France, entre l'An I et l'An IV(1793 et 1796) au cours de la Révolution française, et plus particulièrement pendant la Première République.
[4] Toutes les compagnies d'artillerie à cheval seront réunies en régiments en 1794. L‘artillerie montée permet d’être mise en position et en batterie beaucoup plus rapidement. Ce sera un avantage décisif pour les armées de la République.
[5] Bonaparte partit le 11 mars 1796 (21 ventôse de l’an IV) rejoindre l’armée d’Italie dont il avait reçu le commandement en chef le 2 mars.
[6] Sous-officier responsable du cantonnement des troupes et du couchage ainsi que de la distribution des vivres et des vêtements.
[7] Récompense assez rare, puisque seulement environ 120 « grenades d’or » furent distribuées
[8] Ouvrage passé dans le domaine public, dont le texte est disponible sur internet : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k68578f.pdf

24 novembre 2011

Les Pauzat morts ou blessés durant les conflits armés de la France

Il y a quelques jours, la France a commémoré la fin de la Première Guerre mondiale. Il me semble intéressant, qu’à notre tour, nous jetions un regard sur les PAUZAT morts ou blessés durant les conflits auxquels notre pays a dû faire face et plus particulièrement celui de 14/18, le plus coûteux en vie, par lequel nous commencerons.

levée en masse des Français contre l'invasion étrangère en 1972 et, 

à droite, les mobilisés Parisiens devant la gare de l'Est, le 2 août 1914

L’Allemagne à déclaré la guerre à la France le 3 août 1914 et déjà le 25 du même mois, un premier PAUZAT trouve la mort :
Jean-François PAUZAT (berceau limousin), né le 07 février 1889 à Paris (11e), marié à Claire Berthelot en 1913, recruté à Dijon comme soldat 2e classe au 109e Régiment d'Infanterie, 11e Compagnie. Il disparaît le 28 août 1914 au cours d'un combat dans les Vosges. Jugement du décès transmis à la famille de sa femme à Precy-sous-Thil (21390 Côte d'Or), où il figure sur le Monument aux Morts.

Quelque temps après, en septembre de la même année, se déroule l’épopée des « taxis de la Marne » et c’est durant cet épisode de la guerre que décédera le second PAUZAT :
Louis PAUZAT (berceau limousin) , né le 17 mai 1892 à Ladignac-le-Long, recruté à Limoges comme 2e classe au 63e Régiment d'Infanterie, 8e Compagnie. Il est tué à l'ennemi à St Léonard (51500 - Marne) le 26 septembre. Il figure sur une plaque commémorative de Ladignac-le-Long et sur le Monument aux Morts.

À la fin de l’année 1914, exactement en novembre, le front se stabilise de la mer du Nord à la Suisse et les armées s’enterrent sur 780 km ! C’est le début de la guerre des tranchées. L’année suivante, pour secourir l’armée russe, la flotte franco-anglaise a tenté en vain de forcer les Dardanelles, détroits tenus par les Turcs, alliés des Allemands depuis octobre 1914. C’est au cours de ce conflit que décédera le troisième PAUZAT:
Étienne, Octave PAUZAT (berceau inconnu) , né le 21 septembre 1889 à Cénac, décède à Sed-Ul-Balor en Turquie le 28 avril 1915, suite de ses blessures. Il avait été recruté à Bordeaux comme soldat au 175e Régiment d'Infanterie, 10e Compagnie. Il figure sur le Monument aux Morts de Cénac en Gironde.

En septembre-octobre de la même année, l’offensive franco-anglaise en Champagne se traduit par des pertes effroyables dans le camp allié : entre mai et octobre, cette stratégie de « grignotage » coûte à l’armée française 348.00 morts et deux fois plus de blessés !
En février 1916, les Allemands qui veulent « saigner à blanc l’armée française » déclenchent une offensive à Verdun qui durera cinq mois. Dans un réseau inextricable de tranchées et de boyaux, les troupes françaises et allemandes vivront « l’enfer de Verdun ». Durant cette phase du conflit décédera le quatrième PAUZAT:
Henri PAUZAT (berceau limousin), né le 28 juillet 1885 à Lubersac (Corrèze), caporal 19e Cie, 211e régiment d'infanterie, recruté à Brives, décède au combat, disparu, le 6 mars 1916 à Forges-sur-Meuse. Il figure au Monument aux Morts de Lubersac.

En décembre 1916, la bataille de Verdun est terminée. Elle aura coûté, en morts et blessés des deux camps, un total d’un peu plus d’un million d’hommes ! Mais cette boucherie n’est pas terminée, en avril 1917 de nouvelles offensives entre l’Oise et Reims ont lieu (30.000 morts et 80.000 blessés en deux jours, côté français), c’est le Chemin des Dames (16-19 avril). Au cours de cette offensive décéderont le cinquième et le sixième PAUZAT:
Jean PAUZAT (berceau inconnu), né le 4 décembre 1889 à Miramont de Guyenne (Lot-et-Garonne), recruté à Marmande, maître-pointeur au 18e Régiment d'Artillerie, 3e Bataillon, tué à l'ennemi à Moronvilliers durant la grande offensive connue sous le nom "d'offensive Nivelle" qui commença le 16 avril 1917. Il figure au Monument aux Morts et au Carré des corps restitués de sa ville natale.
Jean-Louis PAUSAT (berceau béarnais), né le 3 mai 1879 à Lanne-en-Barétous (Pyrénées atlantiques), incorporé le 14-11-1902, puis mobilisé le 2-8-1914 comme caporal, blessé le 27 mars 1916, disparu le 5 mai 1917 au Chemin des Dames. Il figure sur le Monument aux Morts de Lanne-en-Barétous.

Quelques mois plus tard, les mutineries de mai et juin dues à la lassitude générale et aux échecs de ces offensives étant maîtrisées, ces attaques inutilement meurtrières sont stoppées. Cependant le conflit durera autour de Verdun jusqu’à la fin de l’année. C’est durant cette période que trois PAUZAT supplémentaires trouveront la mort.
Auguste PAUZAT (berceau limousin), né le 20 octobre 1897 à Saint-Yrieix-la-Perche (Haute-Vienne), recruté à Brive comme 2e classe au 219e Régiment d'Infanterie, 22e Compagnie, sera tué à l'ennemi à la bataille de la Marne à St-Quentin, le 28 juillet 1917.
Jean, Émile PAUZAT (berceau limousin), né le 29 novembre 1897 à Ladignac-le-Long (Haute-Vienne), recruté à Brive comme canonnier, conducteur au 34e Régiment d'Artillerie de Campagne, sera tué à l'ennemi au bois 167, au NE de St Hilaire-le-Grand, le 7 septembre 1917. Il est inhumé (tombe individuelle n°1900) dans la Marne à Jonchery-sur-Suippes (nécropole nationale), et il a une plaque commémorative et figure au Monument aux Morts à Ladignac-le-Long.
Augustin PAUZAT (berceau limousin), né le 9 septembre 1891 à Ladignac-le-Long (Haute-Vienne), recruté à Brive, brigadier au 20e Régiment de Dragons, 4e escadron, décède le 2 décembre 1917, suite à des éclats d'obus à la tête et au cœur dans les tranchées de Folembray, il a une plaque commémorative à Ladignac-le-Long.

En mars 1918, les combats en Russie s’étant arrêtés, les Allemands récupèrent leurs divisions situées sur ce front et lancent quatre offensives de la Flandre à la Champagne qui surprennent les armées françaises et anglaises. Les Allemands parviennent à 65 km de Paris. C’est dans ce contexte que le dernier PAUZAT, moins de six mois avant la fin de la guerre, décédera. C’est le 10e PAUZAT mort durant ce conflit.
Jean-Louis PAUZAT (berceau béarnais), né le 4 avril 1886 à Arette (Pyrénées atlantiques), maçon, recruté à Pau en 1907, classé préposé douanier à Villerput (54) en 1912, mobilisé comme caporal à la 13e Cie du 289e régiment d'infanterie. Il décédera des suites de ses blessures dans l’ambulance le 2 juin 1918 à Pierrefonds (Oise) - acte de décès transcrit à Villerupt (54-Meurthe et Moselle) - figure sur le monument aux morts d'Arette et de Villerupt et au Carré militaire de Pierrefonds.

En juillet 1918, les renforts américains donnent aux alliés une supériorité numérique. La contre-offensive générale obligera les Allemands à se replier. Le 11 novembre 1918, les Allemands signent l’armistice qui aboutira au traité de Versailles le 28 juin 1919. Cependant, un POUZAT[1] clôturera cette liste :
Antoine POUZAT (berceau Limousin), né le 7 février 1888 à St-Pourcain-sur-Sioule (Allier), recruté à Montluçon en 1908, sergent au 5e régiment d'infanterie coloniale. Il décédera des suites de ses blessures à l’hôpital de Louppy-sur-Meuse le 22 novembre 1918, soit 11 jours après l’armistice.

Avant de conclure, citons pour les autres conflits, ceux connus et répertoriés :
Barthélémy PAUZAT (berceau Languedoc), né à Marseille le 21 août 1771, tué « par les nègres en Martinique » vers 1790[2].
François Barthélémy PAUZAT (berceau Languedoc), né à Marseille le 4 janvier 1773, frère du précédent, tué à Paris lors de l’assaut des Tuileries le 10 août 1792[3].
Honoré Barthélémy PAUZAT (berceau Languedoc), né à Marseille le 20 septembre 1776, frère des précédents, « tué aux frontières » le 7 octobre 1789.[4]
Ambroise PAUZAT (berceau béarnais), né à Arette le 23 novembre 1821, blessé au début des années 40 (occupation de l’Algérie[5] ?), ce qui lui vaudra de toucher une pension, dès le 15 décembre 1843, suite à une blessure et infirmités graves et d’occuper la fonction de garde champêtre à Arette (ceci ne l’empêchera pas de se marier en 1845 et d’avoir, semble-t-il, 13 enfants dont seulement 9 sont recensés aujourd’hui !).

défense du fort de Mazagan (Algérie) en février 1840

Nous ne trouvons aucun PAUZAT (a priori) décédé au cours des guerres de 1870 et de 1940-45. Par contre, ajoutons à cette liste :
- un PAUZAT (prénom inconnu), lieutenant faisant partie de la Vieille Garde, mort durant la bataille de Wagram en 1809, nouveau : voir l'article suivant du 15 décembre qui lui est dédié.
Gaston, André PAUZAT (berceau Périgord), né le 26-12-1925 à Paris (réf. SGA / Mémoire des hommes),  soldat 2ème classe, à la demi brigade parachutistes SAS, mort le 07-09-1947 durant la «guerre d’Indochine» (1945-1954).

Les faits qui sont cités ci-dessus étant par eux-mêmes suffisamment explicites, ne nécessitent aucun commentaire. Rappelons que le bilan humain de la Première Guerre mondiale s'élève à environ 9 millions de morts et environ 8 millions d’invalides, soit environ 6 000 morts par jour !
Je tiens cependant à préciser que les descendants de ces PAUZAT morts pour la France, s’ils le souhaitent, peuvent me communiquer toutes informations supplémentaires ou corrections éventuelles qu’ils jugeront utiles, que je prendrai en compte sur le site « geneapauzat » dédié à nos ancêtres. Je serai en effet heureux de pouvoir leur consacrer une page spéciale et d’y présenter tout document et/ou photo qu’ils me confieront.

[1] Voir sur ce blog, l’article du 01 mars 2011 concernant l’affiliation des Pouzat avec ceux portant le patronyme Pauzat
[2] Le 18 octobre 1790 eut lieu une insurrection des nègres en Martinique
[3] Voir l’article du 01/08/2011 sur ce blog
[4] Cette date semble prématurée par rapport aux évènements situés « aux frontières » qui eurent lieu en 1792, lors de la guerre avec l’Autriche (ultimatum austro-prussien).
[5] Le 1er bataillon d’Afrique, défendit le fort de Mazagran, près de Mostaganem (Algérie) les 3, 4, 5 et 6 février 1840 contre les attaques de 12000 Arabes commandés par Mustapha Ben Thami, lieutenant d’Abd-El-Kader.

1 août 2011

Le 10 août 1792 à Paris , deux PAUZAT à l’assaut des Tuileries.

La branche marseillaise des PAUZAT compte deux révolutionnaires fédérés ayant fait partie des volontaires partis à Paris pour sauver « la Patrie en danger » !

Henri PAUSAT est né le 26 octobre 1736, sa famille étant originaire de Castelnaudary dans l’Aude, il est pêcheur puis patron de ponton à Marseille où il se mariera en 1770 et eut 5 enfants, tous mâles, dont seulement le dernier Antoine Henry PAUZAT, né en 1781, aura une descendance[1].
Parmi les quatre autres, relevons que le premier fut « tué par les nègres en Martinique » vers 1790/91, le troisième fut estropié et le quatrième « tué aux frontières » en 1789.

Quant au deuxième, François Barthélémy PAUZAT, il naquit à Marseille le 4 janvier 1773.
Pour des raisons que nous ignorons, il s’engagea avec son père en 1791 dans la Garde Nationale (2ème Bataillon, 5ème Compagnie « Escarnier ») avec les 500 volontaires marseillais qui firent le trajet vers Paris.

Le 5 juillet 1792, l'Assemblée déclare la nation « en danger ». Tous les citoyens en mesure de prendre les armes et de servir dans la Garde nationale sont placés en service actif. Des piques sont distribuées à ceux qui ne peuvent se procurer d'armes, et des drapeaux sont placés dans les espaces publics, avec ces mots : « Citoyens ! La Patrie est en danger ! »
Le 30 juillet, les fédérés marseillais arrivent à Paris. Leur secours a été réclamé en hâte par un jeune avocat de Marseille, Barbaroux, étroitement lié avec les Girondins. Ils sont accueillis place de la Bastille et conduits à un banquet aux Champs-Élysées. Ils traversent ainsi tout Paris, drapeau déployé, sans doute en chantant ce Chant de guerre pour l'armée du Rhin qui s'appellera la Marseillaise[2].
« Tôt dans la matinée du 10 août[3], les insurgés assaillent les Tuileries. L'avant-garde des faubourgs, composée de fédérés marseillais et bretons se déploie sur le Carrousel, tournant ses canons contre le château.
 
Représentations des combats 
Sur la place du Carrousel, devant le palais, l'émeute enfle. Une porte est malencontreusement ouverte. Un flot de sans-culottes s'y engouffre. Les gardes suisses ouvrent le feu et provoquent un reflux éperdu vers le Carrousel.
Fauchés presque à bout portant, les émeutiers évacuent la place. Ils semblent près d'abandonner la partie. Mais vers dix heures, un groupe de volontaires marseillais parvient à s'introduire à l'intérieur des Tuileries. Le combat reprend de plus belle ».
C’est sans doute à ce moment que François Barthélémy PAUZAT, non loin de son père, est tué[4]. Son nom figure désormais aux Tuileries sur la plaque de marbre commémorative de cette journée.
monument dressé dans les catacombes à Paris sous les Tuileries              
Plaque commémorative                         

Nous ne saurons jamais quelles furent les motivations de ce père et de son fils, le premier abandonnant son travail, sa femme et ses enfants à Marseille.
Prirent-ils conscience, comme une grande partie des Français, que la patrie était alors en danger et qu’il était aussi temps d’abolir les privilèges exorbitants de certains ?
François mourut donc à 19 ans dans une grande aventure que l’on nommera la Révolution française et qui aurait pu s’appeler « l’été français ».

[1] Dont le peintre d’aquarelles Marius PAUZAT et le naturaliste Henri PAUZAT
[2] À l’origine chant de guerre révolutionnaire et hymne à la liberté, la Marseillaise s’est imposée progressivement comme un hymne national. Elle est écrite par Rouget de Lisle en 1792 comme le "Chant de guerre pour l’armée du Rhin". Ce chant est repris par les soldats de Marseille participant à l’insurrection des Tuileries à Paris le 10 août 1792. Son succès est tel qu’il est déclaré chant national le 14 juillet 1795.
[3] « La journée du 10 août 1792, décisive pour la Révolution, est, après le 14 juillet 1789, la plus importante des grandes journées révolutionnaires. La plupart des historiens la qualifient de seconde Révolution ».
[4] Il y eut parmi les insurgés entre 200 et plus de 400 morts (dont 316 tués et blessés parisiens)




31 octobre 2010

Histoire d’un abbé PAUZAT qui fait des siennes …

En 1899, une histoire de bancs, à l’intérieur de l’église, fit grand bruit, et les échos parvinrent en haut lieu jusqu’au Président du conseil. (l’équivalent du Premier ministre actuel). Les élèves de l’école libre disposaient de bancs réservés, séparés des élèves de l’école publique par le siège de l’institutrice « congréganiste[1] ». Or, le nombre d’élèves de l’école publique ayant augmenté, les parents demandèrent au Curé, l’abbé PAUZAT, de leur attribuer deux bancs supplémentaires, ce qu’il accepta dans un premier temps. Quelques semaines après, il se ravisa et retira ces bancs, d’où intervention auprès de Monseigneur l’évêque et de Monsieur le Préfet qui lui demandèrent de remettre ces bancs. Il finit par obtempérer, mais à sa façon. Au lieu d’ajouter deux bancs, il fit fabriquer quatre demi-bancs, qu’ il disposa devant le siège de l’institutrice « congréganiste », il en attribua deux aux élèves de l’école libre, et les deux autres aux élèves de l’école publique. C’est là que les choses se gâtèrent, car, les parents refusèrent que leurs enfants se trouvent (du fait de la disposition de ces demi-bancs) sous la surveillance de l’institutrice « congréganiste ».
Monsieur le préfet alerté, écrivit donc une longue lettre, avec croquis à l’appui, à Monsieur le Président du Conseil, en lui demandant « de supprimer sans délai le traitement du Curé desservant de Montory ». (Les curés étaient encore rétribués par l’État, ceci se passant juste avant les lois de séparation de l’Église et de l’État) Il est probable que le curé s’exécuta, car en 1904, il était encore en poste[2].

(extrait de l'HISTOIRE DES ÉCOLES DE MONTORY, Seconde moitié du 19è et première moitié du 20è siècle)
Le bourg de Montory

[1] Membre d’une communauté religieuse
[2] Son sacerdoce se termina en fait en 1904