Bienvenu sur ce blog

N'hésitez pas à faire des commentaires qui permettront d'améliorer ce blog - les critiques sont les bienvenues - les compliments ne sont pas interdits !

14 juin 2014

Histoire romancée de Jean PAUSAT d’Issor

Avant d’aborder prochainement la seconde partie de l’histoire de nos ancêtres béarnais[1] et pour s’immerger dans le contexte de l’époque, je ferai au préalable le récit fictif d’un moment de vie de l’un de ces derniers, à savoir Jean PAUZAT, né en octobre 1749, à moins d’une demi-lieue[2] d’Issor, au lieu-dit PAUZAT. Imaginons ….



… le jeune Jean[3], fils de Jean PAUSAT d’Issor et de Marie SAFFORÉS MEYVILLE de Ste-Marie près d’Oloron, vient de fêter ses 14 ans. Ayant été baptisé à la paroisse d’Issor, il porte, comme de nombreux natifs de ce village, le prénom du saint patron de celle-ci, Jean l’Évangéliste.

Mais comme tous les habitants de ce lieu, il est pour les autres habitants de la vallée, un « mousquilhous », sobriquet signifiant « moucherons ».[4]

Dans l’air vif et frais de cette matinée d’automne, il marche sur l’étroit chemin qui le ramène à la « maysou » de ses parents, celui qui longe le Gave de Lourdios. Ce matin, tout fier de la mission que son père lui avait confiée, il est parti avec l’âne dans la brume matinale, livrer quelques victuailles au tisserand du bourg, la paroisse voisine, en échange d’un lot de toile de lin dont sa mère confectionnera des vêtements neufs pour lui, ses frères et sœurs. Il faut dire qu’ils sont 7 enfants encore vivants sur les treize que sa mère a mis au monde.

L’année passée, sa sœur ainée Marie s’est mariée à Pierre de la « case » PIQUET, laboureur, lui aussi habitant la même paroisse. Au cours du repas de noces, il avait écouté avec intérêt les histoires de ceux qui étaient allés en Aragon et même plus loin au sud de la Castille pour y faire commerce ou y trouver du travail.

En chemin, il croise deux chrestias[5] occupés à préparer, à la lisière de la forêt, un tronc d’arbre destiné à être transporté par voie de terre jusqu’à Noumour[6]. Il se souvient qu’un jour, il avait entendu dire qu’il avait été commandé quelques-uns de ceux-ci pour confectionner le gréement et les mâts des navires de la flotte royale. Ces individus, il les reconnait pour les avoir croisé plusieurs fois, mais il ne sait pas leur donner un nom, ni à quelle communauté ils appartiennent sur les trois présentes dans la vallée. Il se souvient qu’à la mort de son jeune frère Pierre en 1753, c’est à l’un d’eux qu’on avait commandé le cercueil en bois pour pouvoir l’enterrer au petit cimetière jouxtant l’église d’Issor.

En contrebas, l’eau limpide du ruisseau brille sous les rayons du soleil et laisse apparaître par moment son fond pierreux où il reconnaît les bons endroits où il est venu pêcher des anguilles cet été. Mais ce matin, il fait trop froid et il est fier de porter, comme les adultes, son bounet et une camisole[7] propre que sa mère lui a laissé mettre pour l’occasion. Il n’est pas question qu’il la salisse ou qu’il la mouille.




Déjà, il entrevoit au loin la fumée s’élevant de la cheminée de la « maysou » paternelle. Le feu y est toujours allumé, chauffant en permanence une grande marmite d’eau où sa mère fait mijoter toute la matinée les légumes et parfois un peu de viande. Il imagine le repas préparé pour son père et ses quatre frères ainés travaillant aux champs. Comme d’habitude, ses deux sœurs encore à la maison, Catherine l’ainée, âgée de 16 ans et Marie sa cadette âgée de 9 ans, iront le leur porter, l’ainée espérant croiser en chemin le jeune CAMGROS de la ferme voisine. Quant à lui, il attend avec impatience le prochain dimanche, car il sait qu’après la messe, il pourra s’esquiver sur le chemin du retour vers le Gave où il retrouvera la jeune Marie SALANAVE, elle n’a que 11 ans, mais peut-être pourra-t-il lui voler un baiser, même s’il doit plus tard s’en confesser au curé.

Mais la marche lui a donné faim et il presse le pas, ses pieds bien au chaud dans ses sabots où ce matin, il a remplacé le foin par une nouvelle poignée toute propre. S’il avait fait beau les jours précédents, il aurait mis ses espadrilles de toile, mais le sol encore mouillé et boueux l’en avait dissuadé.

Tout à l’heure, en mangeant gloutonnement, sa part de galette de millet, il racontera à sa mère les dernières nouvelles glanées au bourg : il parait que bientôt, passera au village un commissaire chargé de recenser les feux, afin qu’au royaume de France, ils puissent connaître par paroisse, le nombre de familles et leurs patrimoines.

Ainsi, peut s’imaginer un instant de vie de l’un de nos ancêtres et si ceci reste une fiction, le contexte sociohistorique reste authentique et fera l’objet du prochain article.
Nota : Jean PAUSAT se mariera en novembre 1779, à l’âge de 33 ans, à Arette avec Marie SALANAVE. Il aura 9 enfants dont 3 moururent avant l’âge adulte. N’ayant pas pu hériter de la maison paternelle, n’étant pas l’ainé, il « s’expatriera » à Arette dans celle de ses beaux-parents, la maison SALANOBE. J’ignore s’il en fut le chef où s’il vécut sous la direction de l’éventuel frère ainé de sa femme. Ceci peut se savoir en consultant les actes paroissiaux et en reconstituant l’arbre généalogique de celle-ci pour la période correspondante.

Nous voyons ici, qu’avant la fin de l’Ancien Régime, l’une des raisons du départ d’un de nos ancêtres de son village natal vers celui de son épouse, était du fait de son rang de cadet. C’est ainsi que des PAUSAT quittèrent Issor pour aller habiter d’autres villages de la vallée, en particulier Féas et Lanne-en-Barétous. D’autres partirent à l’étranger (Espagne, Cuba, Mexique, Angleterre) et même firent fortune comme son neveu Jean-Baptiste PAUZAT de ZUÑIGA[8].




[1] article du 14-05-2014 : « histoire de nos ancêtres béarnais, part 1/2 ».
[2] Le lieue est une unité de distance terrestre équivalant à 4 km, c’était la distance que peut parcourir un homme à pied en une heure.
[3] Il s’agit de l’un de mes ancêtres, comme celui de nombreux contemporains ayant le patronyme PAUZAT et dont les aïeux sont d’origine béarnaise.
[4] Les habitants d’Arette ont le sobriquet « cabecs » : masculin de cabèque, signifiant « la chouette »
[5] ou Cagots : Sous ce nom, on désignait une sorte de parias qui peut être comparée aux intouchables indiens. Ce terme sera explicité en détail dans la seconde partie, diffusion à venir.
[6] Situé près d’Oloron, C’est de là, au « port du Vert » que les troncs étaient lancés sur le gave d’Oloron à destination de Bayonne
[7] Le « bounet » est le nom béarnais de béret et « camisole » ou « chamarre » celui de blouse.
[8] Voir tous les articles qui lui sont dédiés dans ce blog.

14 mai 2014

Nos ancêtres béarnais de la vallée de Barétous (1/2)

1re partie : origines historiques de nos ancêtres béarnais

Intéressons-nous à nos ancêtres béarnais de la vallée de Barétous et évoquons, dans leur contexte historique, les faits les concernant.
Le premier ouvrage que nous allons utiliser à cette fin et qui cite le Béarn est un dictionnaire[1] diffusé en 1763 par l’Abbé Expilly[2] regroupant la synthèse des informations historiques, géographiques et politiques de chaque partie du territoire du royaume de France.



Le second ouvrage où nous allons puiser ces informations, publié en 1991, est consacré exclusivement à la vallée de Barétous, livre dans lequel J.J.CAZAURANG, ancien maire d’Issor (1971-1977), a rédigé la partie historique.

Les symboles béarnais
Le blason : L'origine de la présence des bovidés sur le blason remonte à nos ancêtres, les Vaccéens (Vascons). Et, comme leur nom l'indiquait, les Vaccéens vouaient une attention toute particulière…aux vaches.
Ce culte devint un tel symbole dans la région que Louis le Pieux, roi d'Aquitaine de 781 à 814, le perpétua au moment de transformer le Béarn en vicomté héréditaire. L'image de deux vaches fut conservée sur le blason et sera utilisée sur la monnaie béarnaise au 16e siècle.

blason             vache béarnaise                         béret béarnais
Si le béret, coiffure circulaire en laine de mouton, demeure un emblème béarnais (ainsi que gascon et basque), il date au moins du Xllle siècle. Il était porté par tous, des plus jeunes aux plus anciens. Entre huit et douze ans, un garçon recevait un béret pour aller à l' école ; c'était comme une tradition initiatique, une manière de lui dire qu' il était entré dans le monde des adultes.

Les origines historiques de nos ancêtres:
Citons ce que l’on sait des origines[3] du Béarn :
« Certains historiens pensent qu'une tribu des Ibères, venant probablement de la vallée de l'Ebre et d'Aragon en Espagne, s'installe aux pieds des Pyrénées. Leur nom : les Benarnis, les Vernanis ou encore les Béharnenses. Leur capitale est Beneharnum, l'actuelle Lescar.
En pleine conquête des Gaules, l'armée romaine parvient à soumettre les Benarnis, après une résistance de presque 30 ans.
La région fait alors partie d'un ensemble appelé la Novempopulanie (territoire des neuf peuples).


peuples occupant l'Europe au 3ème siècle av.J-C - Novempopulanie - carte incursions vikings
Sous l’occupation romaine, l'économie de la région évolue et ne se limite plus seulement à l'élevage. Peu à peu, se mettent en place les cultures céréalières (millet, seigle et orge) et celle de la vigne.
Les Romains construisent des ponts, et des routes, parmi celles-ci, la plus importante d'entre elles est l’axe commercial reliant Aquae Tarbelicae (actuelle Dax) et Saragosse, en passant par la capitale de l'époque, Beneharnum.
Parmi les peuples de la région, inventoriés par Pline l'Ancien, on compte nos ancêtres, les Iluronenses, habitant Iluro, l'actuelle Oloron[4].

La région du Béarn, étant un passage obligé vers l'Espagne, est stratégique et connaît donc de multiples invasions, dont celle des Wisigoths qui ont conquis le Béarn depuis le Vème siècle.
Au début du 6e siècle, Clovis, roi des Francs, part dans le sud pour vaincre ces derniers. Il libère la population des barbares par la bataille de Vouillé, mais en conséquence, le Béarn passe sous le joug franc.
À la fin du 6e siècle, probablement en 561, ce sont les Vascons (basques et gascons), originaires de la Navarre espagnole, qui envahissent le Béarn. Très vite, la Novempopulanie devient le territoire de Vasconie (Vasconia).
En 602, les Francs soumettent la Vasconie qui devient un duché. En 668, Lupus devient duc d’Aquitaine et fédère les Vascons et les Aquitains.
Au VIIIe siècle, c'est au tour des Maures (ou Sarrasins) d'envahir la Gaule, mais leur incursion en Vasconie fut brève, ayant été vaincus à Poitiers en l’an 732 ».

Après cette défaite, ils repassèrent par le Béarn et se firent massacrer en vallée d'Ossun par des béarnais et des bigordans. On suppose que seule une partie des troupes se fit tuer dans cette bataille. Certains historiens pensent que les Sarrasins faits prisonniers à ce moment-là sont à l'origine de la population des cagots (voir le paragraphe qui leur est dédié ci-dessous).

En 843 les Vikings parvinrent à détruire certaines villes de Vasconie. N’étant pas des conquérants, mais cherchant seulement à rapporter des richesses dans leur pays, ils remontent les fleuves (par exemple le gave de Pau) à bord de leur knörr (drakkars en français) et pillent les villes dont Beneharnum, Iluro, Aire, Bayonne, Dax, Condom, Agen, etc.

Citons un extrait de l’histoire de la Soule[5], évoquant ce sujet :
« À la fin de l’Empire carolingien, ils essuient les raids sanguinaires des Vikings. Bien que plus en retrait dans les montagnes et l’intérieur des terres, la Soule et le Béarn sont mis à sac et saignés à blanc par les Norvégiens. Oloron brûle plusieurs fois… »
Étant donné que nos ancêtres résidaient près d’Oloron (Iluro), nous pouvons nous poser la question si cette incursion nordique est à l’origine, pour la majorité des individus d’une branche des PAUZAT[6], du fait que ces derniers possèdent encore de nos jours, une chevelure blonde, des yeux bleus ou une fossette. Dans un avenir proche et si l’étude en est faite, peut-être que des tests ADN pourront répondre à cette question. La probabilité en est faible, et il peut y avoir aussi de nombreuses autres hypothèses, Gaston Febus n’était-il pas lui aussi blond …

Entre 1343 et 1391, ce dernier va régner sur le Béarn et le pays de Foix. Le Béarn sera indépendant à partir de 1347 et neutre pendant la guerre de 100 ans. Au 14e siècle, cet état sera l’un des seuls d’Europe à ne pas connaître la guerre, la famine ou la peste.
C’est à cette époque qu’a lieu en 1385, le premier recensement, appelé dénombrement, organisé à l’instigation de Gaston Fébus. Il a pour objectif d’établir des impôts sur la base des biens possédés par la population.[7]

Béarn sous Gaston FEBUS              Arette : dénombrement de 1385
En 1517, Henri II d’Albret, fils de Catherine, devient roi de Béarn-Navarre. Le Béarn compte alors 50 000 habitants et connaît la prospérité. La vigne se développe et le commerce se fait avec l’Espagne, Bayonne et le Languedoc, mais aussi avec les Antilles.

Les fors[8] manquant d’unité, Henri II va les moderniser et créer un Conseil souverain (pour la justice et les sanctions). Un impôt permanent sera établi, la Cour des comptes surveillera les finances, la monnaie béarnaise (lou vaqueta[9]) sera fabriquée dans la Tour de la Monnaie au château de Pau.

monnaies béarnaises
En 1560 Jeanne d’Albret (fille d’Henri II et Marguerite de Navarre) fait du Béarn un État protestant. Après son décès en 1572, son fils Henri III devient roi de Béarn-Navarre. Ce dernier échappe de peu au massacre des protestants (Saint-Barthélémy) en 1572 à Paris. Une fois convertit au catholicisme, il devient Henri IV roi de France, mais le royaume de Béarn-Navarre resta distinct du royaume de France.
Plus tard, en 1620, Louis XIII (fils d’Henri IV) proclame l’Union du Béarn à la France. Le Béarn se transforme peu à peu en province française, malgré la révolte des Béarnais[10]. Durant cette période, la population béarnaise se compose surtout de paysans et de bergers, d’artisans et marchands, le nombre d’ouvriers augmente, le commerce se développe surtout avec l’Espagne.
Ainsi, le Béarn, berceau de nos ancêtres, était donc une « province » peuplée en 1698 d’environ 200.000 habitants. Elle était divisée en cinq Sénéchaussées[11] et trois vallées, celles d’Aspe, Barétous et Osseau ».

En 1763, dans son dictionnaire, l’abbé Expilly définit ainsi le Béarn :
« .. cette province est un pays sec et montueux. Les hauteurs sont couvertes de landes constituées de fougères dont les habitants se servent utilement pour fumer leurs terres. Les plaines sont beaucoup plus fertiles : on y sème peu de seigle et encore moins de froment, mais on y recueille quantité de millet ou maïs. Le peuple fait sa principale nourriture de cette sorte de grain. Les coteaux sont garnis de vignes qui produisent d’excellents vins et en très grande quantité.
Outre les vins, les lins sont encore l’une des meilleures productions : on convertit ces lins en toiles qui se débitent en Espagne, aussi bien qu’une partie du bétail qu’on engraisse dans cette province. Les chevaux sont fort estimés : ils sont petits, mais nerveux et fort vites.
Il y a dans ce pays des eaux minérales … aussi des mines de plomb, de cuivre, de fer, etc.
Les montagnes sont riches non seulement en pâturages excellents, mais encore en belles forêts, d’où l’on tire des mâts de navire et des bois de charpente et de construction ».

Et voici, comment en quels termes il parle des béarnais :
« Les béarnais sont forts laborieux, très adroits, industrieux, bons soldats, fidèles, sobres, économes et propres, mais on leur reproche d’avoir trop d’attachement à leurs intérêts, et d’être dissimulés. En général, ils sont bien faits et robustes. Leur langue est particulière au pays et très difficile à apprendre : mais parmi eux, toutes les personnes qui ont reçu de l’éducation, entendent et parlent fort bien la langue françoise ».

À la lecture de ce qui précède, les descendants de nos ancêtres béarnais se reconnaîtront aisèment dans les qualités citées par l’abbé Expilly , quant aux défauts… ils ont dû disparaître avec le temps !

La suite de cet article: « nos ancêtres, habitants de la vallée de Barétous » sera publiée prochainement sur ce blog. 

[1] 
Le dictionnaire géographique, historique et politique des Gaules et de la France, publié en 1763 « sponsorisé » par les familles royales (dont les rois du Danemark, d’Espagne), la noblesse et les dignitaires de l’époque
[2] Jean-Joseph Expilly, né le 17 décembre 1719 à Saint-Rémy (Bouches-du-Rhône), mort en 1793 en Italie, est un ecclésiastique français, auteurs de plusieurs ouvrages historiques et géographiques.
[3] Extrait du site « les béarnais de Paris »
[4] Le toponyme dont est issu Oloron apparaît pour la première fois sous la forme Iluro (sur une borne militaire). Iluro vient du basque ili (ville) et ur (eau) et serait donc la « ville des eaux » car Oloron se trouve à la confluence de deux rivières
[5] Voir le site du Gite Millerou, retraçant avec brio l’histoire du Béarn et celle de la Soule (jouxtant la vallée de Barétous) : http://gitemillerou.free.fr/src/soule.php
[6] ces caractères physiques sont signalés dans la descendance de la branche « MEYVILLE » qui semble être la source amont de ces gênes. Par contre, son origine et son antériorité sont totalement inconnues.
[7] Ce sont ces résultats, pour ce qui concerne la vallée de Barétous, qui seront explicités dans la seconde partie de cet article
[8] On appelle « fors de Béarn » l'ensemble complexe de textes légaux (privilèges, règlements, décisions de justice, tarifs, formulaires) accumulés dans le vicomté de Béarn entre le XIe et le XIIe siècle. Le premier for concernant la vallée de barétous date de1220 environ.
[9] « vaqueta » (Occitan gascon = vachette) pour ses deux vaches endémiques du Béarn à corne lyre et à clarine, fierté de leurs propriétaires.
[10] Louis XIII se déplace à Pau avec 500 soldats pour forcer les États de Béarn à accepter la souveraineté du Royaume de France. Le Conseil Souverain est remplacé par le Parlement de Navarre, la langue française devient la langue officielle, les États du Béarn perdent quasiment tous leurs droits…mais le roi promet de maintenir et de respecter les fors.
[11] Circonscription administrative, financière et judiciaire créée par Philippe-Auguste. La sénéchaussée juge en première instance les affaires criminelles et en appel les causes des juridictions inférieures.

12 mars 2014

Premier regard sur les PAUZAT du Périgord

La mise en ligne sur le Net des Archives départementales de la Dordogne nous permet de découvrir aujourd’hui les PAUZAT ayant vécu au Périgord.

Auparavant, la majorité des individus recensés dans ce département se situait à son Nord-Est et ces derniers étaient tous supposés être liés au berceau limousin, par exemple, ceux de la commune de Jumilhac-le-Grand, au sud de Limoges.
Cependant, quelques-uns, situés plus à l’Ouest, sont restés à la postérité grâce à des documents témoignant de leur enracinement dans cette région. Citons :
- Aimare POUSAT (n°3331) qui a vécu près d'Angoulême, où il a légué en 1060 ses propriétés de la terre de Moulède à Saint-Pierre d'Angoulême (duché d'Aquitaine).
- Arnaut PAUZAT (n°1369) sans doute propriétaire terrien, cité sur un inventaire de la châtellenie[1] de Bourdeille[2] : Le 10 avril 1398, "il fait hommage au comte de Périgord pour ce qu'il possède en la juridiction de Bourdelle"

Des recherches récentes entreprises sous l’initiative et la participation active de Paul PAUZAT (Yonne), ont permis de trouver ses ascendants à DOUCHAPT, commune située au sud du Pays de Montagrier, à proximité de la rive gauche de la Dronne, sur l’axe Angoulême-Périgueux.
vues et localisation de la commune de Douchapt
Son ancêtre le plus ancien connu à ce jour est Catherine PAUZAT (n°3569) qui se marie le 23-02-1668 à Douchapt avec Jean MATHIEU, avec qui elle a eu 3 enfants. Son nom s’écrit en ZAT. Par contre, Jean PAUSAC (n°3596) né le 17-07-1699 s’écrit avec SAC, comme de nombreux individus qui suivront au fil des actes. Nous trouverons aussi les écritures PAUSSAC et PAUZAC.

Hormis les différences d’orthographes habituelles, inhérentes au contexte de la rédaction des actes à cette époque, un phénomène nouveau apparait, à savoir celui de l’apparition du suffixe AC, que l’on retrouve d’ailleurs dans les noms des communes (par exemple : Bergerac, Bussac, Ribagnac, Segonzac etc.).

Le cas le plus singulier concernant cette particularité est celui du village de PAUSSAC (aujourd’hui rattaché à celui de Saint-Vivien), situé au nord de Douchapt, de l’autre côté de la Dronne, sans savoir si ce village est à l’origine du nom des individus précités.
carte du pays de Montagrier, pigeonnier rond à Paussac et Moulin de la Pause sur les rives de la Dronne 
Son appellation, datant de 1365, tirerait son nom de Paussacum, qui marque l'emplacement ancien d'une villa gallo-romaine. En effet, il est dit :
« Au départ, le suffixe gaulois -acum est principalement utilisé dans les appellations toponymiques ou hydronymiques. Il sert plus tardivement et plus généralement à former des noms de domaine basés sur le nom de leur propriétaire ».
Plus tard, dans certaines régions occitanes, la terminaison acum se transforme en AC, telles que dans le Sud-Ouest, le Massif Central, mais aussi la Charente et la Vendée et aussi en Bretagne. On y trouvera donc de nombreux PAUSAC et ses variantes, mais surtout dans les régions du Sud-Ouest.
Parfois, ce suffixe est transformé en AT, comme en Limousin, Auvergne et au Centre-Est où AC se prononçait A. Ce qui donne une répartition géographique de ces deux suffixes, comme le montrent les deux cartes ci-dessous :
carthographie des toponymes se terminant par les suffixes AC et AT
C’est ainsi que s’explique la généralisation des patronymes en AC dans ces régions où PAUSAC viendra se mêler à celui de PAUSAT, parfois au sein d’une même famille, alors que ce dernier était considéré jusqu’à présent comme le référentiel. Mais qu’en est-il vraiment ?

De même, en toponymie, il existe des noms de lieu comme celui du Moulin de la PAUSE sur la rive gauche de La Dronne, ayant a priori les mêmes racines linguistiques que celle de notre patronyme. Une fois de plus, on peut s’interroger sur le lien existant entre l’appellation d’un toponyme et celui de notre patronyme.
Pour de nombreux individus, par exemple ceux s’appelant DUPONT, la réponse est facile, car évidente : celui qui habitait près d’un pont s’est vu surnommé ainsi du fait de cette contingence et non l’inverse. Mais dans notre cas ?

Finalement, cette première exploration sérieuse de la région du Périgord, nous fait connaître un autre lignage, celle des PAUSAC, PAUSSAC ou PAUZAC dont le lien avec le nôtre est évident, sans que l’on sache encore lequel en est l’ancêtre. Peut-être sont-ils tout simplement frères. À suivre.


[1] Seigneurie et juridiction d’un seigneur châtelain et par extension, territoire soumis à cette juridiction
[2] Située sur la Dronne, à 20 km au nord-ouest de Périgueux et à 7 km au sud-ouest de Brantôme, Bourdeilles était la première des quatre baronnies du Périgord.

31 janvier 2014

La survie de notre patronyme est-elle en péril?

Examinons un instant la question de savoir si, après avoir survécu depuis des siècles[1], notre patronyme risque de disparaître, faute de descendance masculine.

Ce phénomène n’est pas rare et des études montrent qu’en France, au 20e siècle, donc sur une période de 100 ans, sur 1.329.359 noms de famille différents répertoriés, 500.000 ont disparu pendant cette même période par non-transmission par les porteurs.
Si l’on estime, tous pays confondus, à environ 500/600 individus le nombre des contemporains se nommant PAUZAT, on peut se demander si ce chiffre ne se situe pas sous la barre fatidique sous laquelle son extinction est mathématiquement programmée.

En effet, si on extrapole la théorie scientifique appliquée pour les espèces animales[2], on pourrait comparer la situation de ce patronyme à celles du lynx d’Espagne ou du crocodile du Siam !
Mais qu’en est-il vraiment ?

Notre nom de famille n’est pas en effet aussi courant que MARTIN (environ 236.000 individus) classé 1er en France, suivi des BERNARD, DUBOIS, THOMAS, etc.
Selon les mêmes sources, notre patronyme se classe autour du 30.500ème rang et le total des personnes portant ce nom serait d’environ 300.
Cependant, si l’on compare ce dernier chiffre avec celui estimé à sa création qui devait être de l’ordre d’une ou deux dizaines[3], puis d’une centaine vers 1600, on constate une progression lente, mais pas de régression.

Pourtant, si l’on se réfère aux critères appliqués aux espèces animales, la loi générale est celle du seuil des 50/500 :
- 50 individus suffiraient à éviter la dépression consanguine : ce qui n’est pas à prendre en compte dans notre cas, les PAUZAT ayant la possibilité et même l’obligation (sévèrement surveillée par le clergé durant l’Ancien Régime, les dérogations étant rares[4]) de se marier avec des personnes du sexe féminin dont les liens du sang sont différents du leur[5].
- 500 suffiraient à conserver un potentiel évolutif : « Sous la barre d'un total de 500 individus, la population est considérée comme ne pouvant survivre dans la nature ».

Ainsi, si l’on se réfère à ce qui précède, notre patronyme aurait dû disparaître depuis plusieurs siècles, étant inférieur à ce chiffre. Pourtant, ce ne fut pas le cas.
Par conséquent, pourquoi s’inquiéter après plusieurs siècles d’une situation que nos ancêtres ont affrontée avec succès?

Ils ont su transmettre ce surnom à leurs enfants jusqu’à nous, et ceci malgré des périodes difficiles (conflits armés, épidémies, disettes, etc..)[6], sachant qu’à 20 ans, plus de la moitié sont déjà morts ! Rappelons qu’à son décès, Louis XIV avait perdu pratiquement toute sa famille, malgré son statut de privilégié.
Une des réponses est sans doute dans le nombre important d’enfants que chaque couple procréait, la moyenne était plus grande qu’aujourd’hui. Si actuellement celle-ci est légèrement supérieure à 2, elle était de 4,5 au 18e siècle et sans doute encore plus importante auparavant.

Par curiosité, prenons des exemples dans notre généalogie et examinons ce qu’il est advenu de la descendance de deux couples « performants » pour vérifier si le nombre d’enfants mâles, au bout de plusieurs générations, s’est accru ou a diminué.
Donnons la priorité au Béarn et à mon ancêtre Ambroise PAUZAT. Il est né en 1821 et malgré les séquelles d’une grave blessure survenue durant son service armé, il se marie en 1845 avec Élisabeth LAGRAVE et a une descendance de 13 enfants supposés[7], dont je n’ai identifié que 9 d’entre eux, dont 7 garçons.
Aujourd’hui, après 5 générations et durant une période où la mortalité infantile a régulièrement baissé de façon significative, il n’y a qu’un seul descendant mâle susceptible de perpétuer notre patronyme !

Étudions maintenant un autre cas, celui d’Henri PAUZAT, issu de la branche Castelnaudary, venu s’installer à Marseille comme pêcheur et patron de ponton en 1769.
Il a 5 enfants, tous des garçons, mais quatre meurent de mort violente dont François Barthélémy décédé en 1792 à Paris, lors de l’assaut des Tuileries.
Un seul survit pour assurer la descendance, ce qu’il fait avec brio ayant 11 enfants, dont 8 garçons qui auront à leur tour 32 enfants ! L’avancement de mes recherches ne me permet pas de savoir le nombre exact des PAUZAT contemporains composant la branche marseillaise actuelle, mais nous pouvons penser que la survivance de notre patronyme est a priori assurée pour cette branche.

En conclusion, il est difficile de tirer un enseignement clair de ces exemples. Le fait que notre nombre sur cette terre a lentement augmenté dans le temps est de bons augures. Les progrès de la médecine compensent la diminution actuelle du nombre d’enfants et la conjonction de ces deux facteurs fait que la probabilité de la survivance de notre patronyme reste sans doute à peu près la même qu’auparavant.

Attendons donc encore un siècle ou deux pour le vérifier !

[1] voir l’article du 14/09/2010, relatif au surnom PAUSAT
[2] théorie appelée biologie de la conservation qui évalue, pour une population et dans un certain contexte la population minimale viable, laquelle ne dépend pas que du nombre d'individus, mais aussi de la dispersion des individus, leur capacité à se rencontrer et à se reproduire
[3] dont les descendants, identifiés au début de la rédaction des actes paroissiaux et vivant par groupes géographiquement proches, constituent ce que j’ai appelé les berceaux : Limousin, Béarn, etc.
[4] En 1215 le concile de Latran IV réduit de 7 à 4 le nombre de degrés créant un obstacle au mariage dans la parenté. On calcule les degrés en comptant le nombre de générations jusqu'à l'ancêtre commun. En cas de dispense pour consanguinité, la demande était faite à l'évêché du diocèse, et à Rome pour le 2e degré. Dans tous les cas, il s'agissait de démarches payantes...
[5] Il existe tout de même 2 ou 3 cas où les deux conjoints se nomment PAUZAT, certainement que leurs degrés de parenté furent examinés avec soin.
[6] Au XVIIIe siècle en France, près d'un nouveau-né sur trois mourait avant d'avoir atteint son premier anniversaire, victime le plus souvent d'une maladie infectieuse. La situation change à la fin du XVIIIe siècle : la mortalité infantile se met à baisser rapidement et, vers 1850, la mort ne frappe plus qu'un nouveau-né sur six.
[7] On m’a indiqué que parfois les parents « oubliaient » de déclarer officiellement leur enfant, est-ce le cas ?

23 décembre 2013

Ode à la langue occitane

PAUSAT, notre patronyme, nous a été légué par nos ancêtres.

C’était leur surnom, mot occitan qui a subsisté jusqu’à nous, plus ou moins altéré selon la diction de ceux qui en était les détenteurs, mais qui souvent n’en connaissait pas l’écriture, et selon les compétences en sa rédaction de ceux qui le transcrivait sur les registres paroissiaux.

Ce surnom est emprunté à leur langue, la langue occitane, celle des poètes et des troubadours, c’est leur héritage que nous portons aujourd’hui depuis le jour de notre naissance.

En cette fin d’année, citons un poème de Louisa PAULIN[1] où notre patronyme est utilisé dans son usage courant, dans un texte simple où mêlé à d’autres mots occitans, il participe à la beauté, la simplicité et le chant d’une langue presque oubliée.

Silenci de l'auton

Silenci de l'auton quand lo vent s'es pausat
doç coma una pluma de palomba
escapada de la negra man del caçaire.
Silenci saure de l'auton
ont s'ausis la darrièra vèspa
e lo, mai escondut al plus prigond del còr.

Silence de l'automne

Silence de l'automne quand le vent s'est posé,
doux comme une plume de palombe
échappée de la noire main du chasseur.
Silence blond de l'automne
où l'on entend la dernière guêpe
et le plus caché au plus profond du cœur.

poème extrait de "Direm a la nòstra nena"



[1] Louisa PAULIN, professeur à l’École Normale de Tulle, profita d’une retraite anticipée en 1932 pour étudier systématiquement l’occitan et ensuite publier des poèmes dans cette langue.

26 octobre 2013

Des Pauzat concernés par la justice ?

Quelques-uns de nos ancêtres eurent affaire à la justice, étaient-ils coupables ou innocents ? Certains témoignages les concernant sont parvenus jusqu’à nous. Jetons donc un regard curieux sur ceux-ci.
Précisons au préalable deux critères importants : l’exercice de la justice et les supports de mémoire, car selon l’époque où les faits se sont déroulés ces derniers sont totalement différents.

En premier lieu, durant l’Ancien Régime, la justice était diverse[1] et il existait « une multitude de modalités à respecter avant l'application de la peine capitale, selon le crime et la condition du condamné. Le droit pénal de l'Ancien Régime comportait des peines afflictives destinées à faire souffrir le coupable et des peines infamantes destinées à l'humilier. Les peines n'avaient pas pour but de punir ou d'amender le coupable, mais d'impressionner les spectateurs, de servir d'exemple, de dissuader le public de commettre des crimes[2] ».
D’autre part, « l'emprisonnement ne figurait pas encore parmi les peines, il ne servait qu'à détenir la personne accusée en attente du jugement, ou alors comme peine de substitution en cas de grâce ».

En second lieu, durant cette même période, rares sont les témoignages de l’action de la justice sur le « bon peuple » où les acteurs sont désignés nominativement. Avant l’invention de l’imprimerie et longtemps après, l’information est véhiculée par voie orale et par affichage. Par la suite, l’analphabétisme limite la portée des gazettes, celles-ci étant de toute façon en très petit nombre. Il ne reste donc que les écrits consacrés aux grands faits historiques ayant fait l’objet de rédaction d’actes et de manuscrits.
Citons les écrits de l’Inquisition en terres cathares où par exemple, tous les habitants d’un village comme celui de Montaillou[3] furent, à la fin du XIII siècle, identifiés et interrogés. Leurs noms et leurs histoires nous sont donc connus. Les cas isolés, par exemple celui de l’assassinat du roi Henri IV en 1610 laissa à la postérité le nom de son assassin François Ravaillac. Mais, pendant cette période aucun Pauzat ne vit son nom accéder à la mémoire collective.

De ce fait, les informations dont nous disposons sont toutes postérieures à la Révolution française et contemporaines de la presse écrite. Celle-ci s’étant développée qu’à partir du 19e siècle, les témoignages existants datent donc logiquement de la période qui suivit.

Notons aussi que si certains de nos ancêtres, cités plus bas, furent condamnés à la peine de mort, le hasard voulut que l’un fût exécuté étant innocent, alors qu’un autre fut gracié après avoir commis un crime odieux !


la guillotine[4] le métier de corroyeur le métier de porteur d’eau[5]

Examinons maintenant les faits recensés :

Léonard PAUZAT[6] en 1794 à Bordeaux


Agé de 47 ans, natif de Dussac en Dordogne, il fut condamné à mort le 4 juillet 1794 (16 messidor de l’an 2) durant la Terreur[7], par la commission révolutionnaire de Bordeaux comme receleur de prêtres réfractaires. Il a été guillotiné place Nationale (l’actuelle place Gambetta).
Il fut arrêté et condamné avec « le prêtre Cazeaux et onze religieuses ou pieuses femmes qui avaient caché ce dernier. Pour sa part, il n’était qu’un humble porteur d'eau du couvent du Bon Pasteur ».
Il n’eut pas de chance à double titre, premièrement parce qu’il était innocent et n’avait commis aucun méfait, mais aussi parce qu’il eut la tête tranchée juste quelques jours avant la fin de la Terreur, celle-ci s’achevant le 28 juillet 1794 avec la chute de Robespierre.
remarque : son prénom laisse supposer que sa famille est originaire du Limousin.

Lucien POUZAT en 1913 à Paris

Télégraphiste, âgé de 15 ans, il avait pris l’habitude avec certains de ses jeunes collègues d’ouvrir les pneumatiques (imprimé bleu dont les anciens se souviennent certainement) et ainsi de satisfaire leur curiosité pour découvrir quelques secrets, profiter de tuyaux aux courses, etc.
Mais un jour, Lucien apprit ainsi qu’une jeune femme de 29 ans, Mme Juliette S… habitant le quartier avait une liaison avec le patron de son mari. Il eut l’idée de la faire chanter en lui réclamant pour son silence 150 francs[8] en 3 coupures de 50 francs.
Arrêté, il fut rendu à ses parents, car la dame ne porta pas plainte, mais le commissaire prévint l’administration des P.T.T. qui ouvrit une enquête sur la façon dont ses petits facteurs violaient les secrets des correspondances qui leur étaient confiées.

Joseph POUZAT en 1923 à Gannat

Citons : « le 2 septembre 1922, un bourrelier-corroyeur[9] de Gannat, se rendit à Issoire pour y voir sa fillette Madeleine, une enfant de huit ans, confiée à des parents domiciliés dans cette ville. Ayant amené la gamine en promenade et se trouvant avec elle dans un endroit écarté, il la saisit brusquement par les cheveux et lui trancha la gorge d’un coup de couteau, avant de jeter le cadavre dans un fossé rempli d'orties.
Arrêté peu après, il avoua son crime, déclarant qu’il avait tué la pauvre enfant pour se venger de sa femme qui avait demandé le divorce contre lui. Joseph Pouzat à comparu hier devant la cour d’assises du Puy-de-Dôme qui l’a condamné à la peine de mort ».
Cependant, il fut gracié le 19 avril 1923.

Germaine PAUZAT en novembre 1929 à Saint-Mandé[10]

Citons : « une bonne âgée de 27 ans, Germaine Pauzat, avait disparu de chez son patron, M.Branger, rue de l’Alouette à Saint-Mandé, en emportant une somme de 500 francs[11] ; arrêtée, elle a été envoyée au dépôt ».

Rappelons aussi d’autres cas ayant fait l’objet d’articles dans ce blog :

Jean-Baptiste PAUZAT de Zuñiga en 1829 à Bordeaux

Un jugement de la cour de justice de Bordeaux du 18 mai 1829 nous informe qu’un dénommé Pauzat de Zuñiga négociant à Bordeaux était le commissionnaire d’un autre négociant, lui, de Veracruz au Mexique, pour lequel il devait négocier la vente de « 20 surons de cochenille » .
Voir l’article du 27/10/2010

L’abbé PAUZAT en 1899 à Montory

En 1899, une histoire de bancs, à l’intérieur de l’église, fit grand bruit, et les échos parvinrent en haut lieu jusqu’au Président du conseil. ….
Voir l’article du 31/10/2010

Ainsi, nous clôturons la liste, sans doute partielle, de nos ancêtres qui firent connaissance, à juste titre ou à tort, avec la justice de notre pays.

[1] La Justice sous l'Ancien Régime résultait d'un savant mélange entre traditions et édits, entre les coutumes orales et les règles écrites. La France comptait quelque 300 coutumes, dont 60 principales.
[2] La pendaison était la peine commune. La décapitation à l'épée (ou la hache) était un privilège attaché à la noblesse. Le bûcher pour les hérétiques relaps et les incendiaires (le patient était souvent discrètement étranglé auparavant par un lacet). La roue pour les brigands et pour les meurtriers condamnés avec circonstances aggravantes. L'huile bouillante : pour les faux-monnayeurs ; L'écartèlement, avec ensuite exposition des restes aux quatre portes de la cité : pour la haute trahison, pour les parricides. La tête cassée, peine militaire, dont sont aussi menacés les civils qui forçaient les blocus en cas d'épidémie de peste.
[3] Voir l'ouvrage anthropologique d'Emmanuel Le Roy Ladurie : Montaillou, village occitan de 1294 à 1324
[4] La guillotine est une machine destinée à appliquer officiellement la peine de mort par décapitation et qui fut utilisée en France depuis la Révolution française jusqu’en 1977.
[5] Métier ancien existant dans de nombreux pays, il y avait encore 700 porteurs d’eau à Paris en 1879, presque tous Auvergnats !
[6] Aussi identifié avec le patronyme PAUSE
[7] La Terreur est le nom d'une période de la Révolution française (1793-1794), caractérisée par le règne de l'arbitraire et des exécutions de masse perpétrés par les révolutionnaires.
[8] Soit l’équivalent aujourd’hui de 49500 euros
[9] Le corroyeur est celui qui donne aux cuirs, en sortant des mains du tanneur, des façons qui, les rendant plus souples et plus lisses, les disposent aux ouvrages du sellier, du ceinturier, du bourrelier et autres ouvriers.
[10] Saint-Mandé est située à l'entrée sud-est de Paris et au nord-ouest du département du Val-de-Marne, au cœur du plus grand parc boisé de l'Ile-de-France, le bois de Vincennes.

[11] Soit l’équivalent aujourd’hui de 28500 euros


2 octobre 2013

Regard sur les lieux-dits Pauzat en Auvergne

Quelques jours de vacances en Auvergne m’ont donné l’occasion d’aller voir in situ les deux lieux-dits portant le nom de notre patronyme. Il s’agit de ceux localisés dans les communes d’Escoutoux et de Vieillevie.

Nous avions déjà abordé ce sujet dans l’article de mars 2012, sans pouvoir conclure sur l’origine de cette dénomination : celle-ci est-elle consécutive à la création des surnoms de nos ancêtres, notre patronyme actuel (vers les 11/12ème siècles) ou antérieure à celui-ci.

Dans la première hypothèse, on peut supposer que le lieu a pris le nom de la « famille »[1] habitant cet endroit : c’est fort probablement le cas de celui d’Issor en vallée de Barétous, cette localité étant le cœur du berceau béarnais des Pauzat.

La seconde hypothèse privilégie l’existence du toponyme Pauzat avant celle de notre patronyme. Ceci implique donc, a priori, que ce dernier est apparu pour identifier une caractéristique géographique d’un lieu ou de celle de l’usage qui en était fait, dans notre cas celui, fort probablement, d’estive et de lieu de repos pour les bêtes[2].

C’est ainsi que dans le sud du Cantal, au-dessus de la vallée du Lot et sur les hauteurs de la petite commune de Vieillevie existe une grange dénommée Le Pauzat.
Actuellement, ce lieu héberge à proximité, entre autres, une bergerie d’une trentaine de chèvres qui pâturent tout au long de l’année dans les sous-bois de chênes et de châtaigniers et dont le lait sert à l’élaboration d’un fromage bio dénommé « Le Pauzat des chèvres ».



Un second cas identique existe au sud de Thiers (Puy-de-Dôme, capitale française de la fabrication du couteau), dans la commune d’Escoutoux.
À cet endroit (actuellement occupé par quelques habitations), on peut identifier encore les traces potentielles d’un usage dédié à l’estive d’animaux.

Pour compléter l’article précité évoquant l’exécution en 1794 du curé Benoît Calmard domicilié à Pauzat, notons que : « La répression des menées contre-révolutionnaires commence très tôt à Thiers, dès la fin juin 1791 (après la fuite du roi stoppée à Varennes). Elle s'amplifie en février 1793 avec des visites domiciliaires contre les prêtres réfractaires et dans les familles d'émigrés ».

Enfin, j’ai visité la commune de Plauzat, située à quelques km au sud de Clermont-Ferrand, pour savoir si l’origine de son nom était liée à celui de notre patronyme. La réponse n’est pas connue, sans doute que la présence d’un L après la lettre P n’est pas accidentelle, il s’agirait à l’origine d’une villa gallo-romaine du nom de Plausius ou Plosius.

Pour conclure, je tiens à préciser que j’ai été fort aimablement reçu par les mairies concernées et j’en remercie les personnels et les maires, et plus particulièrement celui de Vieillevie qui n’a pas hésité à me servir de guide pour accéder à la grange PAUZAT.

[1] L’appellation exacte était à l’origine celle de « feu ». Le dénombrement d’une population se faisait en comptant le nombre de feux, c’est-à-dire le nombre d’habitations possédant une cheminée autour de laquelle s’organisait la vie de son propriétaire, de sa famille et de ceux qui travaillaient pour eux.
[2] Notons que le terme occitan PAUSADOU que l’on retrouve aussi dans la région de Marseille, signifie lieu de montagne où l’on fait se reposer les troupeaux transhumants.