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2 mai 2013

Les compagnons de rivière

Poursuivant la recherche de nouveaux individus portant notre patronyme afin d’enrichir la base de données généalogique des Pauzat, je trouve de plus en plus de familles ayant vécu hors des frontières de l’Occitanie. 
Ce fait semblerait normal, s’agissant d’individus ayant migré et dont nous aurions identifié les ascendants comme étant d’origine occitane, mais ce n’est pas le cas, car il s’agit de familles répertoriées dans les premiers registres paroissiaux (milieu du 17e siècle) et dans des régions situées au nord de l’Occitanie. 
Ceci signifie que ces familles portant notre patronyme n’ont aucun ascendant que l’on puisse connaître, puisque ces derniers vécurent entre les 11/12e siècle (apparition des surnoms) et la création de ces registres[1]
Malgré ce handicap, pouvons-nous supposer que ces individus ont malgré tout une origine occitane, comme le laisse supposé l’appartenance linguistique de leur patronyme à la langue d’oc? 
Afin de tenter de répondre à cette question, nous étudierons, le cas d’individus recensés au sud de Paris à la fin du 17e siècle, donc hors l’Occitanie et loin de ses frontières les plus proches du Limousin ou de l’Auvergne (voir la carte ci-dessous). 


Nous avions déjà signalé à cette même période un cas semblable de quelques individus habitant dans l’Yonne (communes de Vallery et de St-Valérien), leur patronyme s’écrivant d’ailleurs Pausat mais aussi Pousat ou Pouzat[2]
Il en est de même pour ceux recensés dans le Loiret, département voisin (communes d’Amilly, Bromeilles, Châlette-sur-Loing, Courtenay, Ferrières, Lombreuil, Montargis, Pannes) et qui se nomment quasiment tous Pousat ou Pouzat, ceci laissant entendre qu’il s’agirait d’une seule et même branche, située à cheval sur ces deux départements.
Nous savons que les migrations de population furent relativement importantes. Une étude[3] sur ce sujet a permis d’établir des cartes migratoires (voir l’exemple ci-dessus pour le bassin de la Garonne au 15e siècle). Ceci en se basant uniquement sur l'information géographique du surnom. 
Dans notre cas, pour un individu ayant vécu à cette époque en dehors de l’Occitanie, la seule façon d’établir un lien avec celle-ci, en dehors de la racine occitane de son surnom, est de trouver une raison vraisemblable qui l’aurait amené à migrer, sans pouvoir aujourd’hui, malheureusement, en assurer la validité. 
Le contenu des actes paroissiaux des individus recensés dans le Loiret, plus précisément au village de Châlette-sur-Loing, au nord de Montargis, nous en fournit une, celle du métier pratiqué, lisons : 

- Edmé POUZAT (n°3116), né vers 1666, compagnon de rivière, marié à Catherine RAGE. Il décède à Châlette-sur-Loing le 09/12/1712 à l’âge de 46 ans, la même année que celle de la naissance de son fils François (n°3118).
- Madeleine ou Magdeleine POUZAT (n°3112), née vers 1680, mariée en 1702 à Châlette-sur-Loing à Anthoine CORBASSON, dont deux de ses fils furent mariniers.
- Madeleine ou Marie, Magdeleine POUZAT (n°3128), est-ce la même que la précédente ? née vers 1690, mariée à René ou Pierre PICARD, compagnon de rivière, elle décède à Châlette-sur-Loing le 21/09/1762 à l’âge de 72 ans.

La similitude des métiers « d’eau » pratiqués par ces familles suggère que leur présence dans cette région est liée à une activité spécifique, celle du transport de marchandises par voie fluviale. Serait-ce là la raison qui aurait poussé ces individus ou leurs parents à venir s’installer dans cette région ? 
Rappelons que dans un article précédent[4], nous avions déjà émis l’hypothèse qu’un berceau, en l’occurrence celui de la Gironde (centré sur Vayres et Arveyres, villages situés au confluent de la Dordogne), avait sans doute un lien direct avec celui du Limousin, suite à la migration de quelques individus qui exerçaient le métier de marinier et convoyaient sur la Dordogne les marchandises provenant de leur région d’origine, principalement le bois (nécessaire aux charpentes des navires et à la confection des tonneaux). Ainsi, les mêmes causes produisant les mêmes effets, nous pourrions nous trouver dans une situation analogue, cette fois-ci orientée au nord, mais vers quel pôle d’attraction ? 
Si nous nous plaçons dans le contexte de cette époque, nous nous apercevons que les voies fluviales constituaient pour l’ensemble du territoire, le moyen le plus rapide et le plus efficace pour le transport de marchandises de grand gabarit comme le bois. Ces voies jouaient alors le rôle de nos autoroutes actuelles, étant donné qu’il n’existait pas en France d’infrastructures routières fiables pouvant les concurrencer. Donc à cette époque, l’équivalent de nos routiers ou camionneurs était des « voituriers » ou d’autres métiers d’eau comme les compagnons de rivière, appelés plus tard après 1789, des flotteurs[5]. Ce constat étant fait, examinons maintenant la raison qui pourrait conforter notre hypothèse, à savoir l’existence d’une activité assez attractive pour nécessiter le regroupement d’un nombre important de personnes pratiquant ces métiers. 
Pour cela, citons :
« Bien avant le 16e siècle, un problème crucial angoissait Paris : celui de son approvisionnement en bois "de chauffe et de four". Les forêts avoisinantes étaient saignées à blanc. Restaient celles du domaine royal, mais celles-ci étaient réservées à la chasse, intouchables... Le développement de la capitale était compromis.
C’est ainsi que l’on pensa au Morvan[6] pour alimenter la capitale et au transport par flottage pour acheminer le bois (bûches de 3 pieds 6 pouces :1,14m). Ce dernier aurait pu venir du Massif central, mais il fallait l’existence de rivières navigables à proximité des lieux d’abattage des arbres, ceci n’étant possible qu’à partir de Clamecy[7] ». 
Flottage sur l’Yonne 
Par conséquent, la population du Limousin et/ou d’Auvergne attirée par ce besoin de main-d’œuvre et des salaires sans doute plus rémunérateurs n’avait d’autre solution que celle de se rendre sur les lieux d’abattage des arbres, c’est-à-dire dans le Morvan. 
Il est donc naturel que des PAUZAT (mais surtout des POUZAT) quittassent leur région natale pour aller chercher du travail sur les rives de l’Yonne ou du Loing[8]

[1] Cette période est pour toujours la « face cachée » de l’apparition et du début de l’existence de notre patronyme
[2] Voir l’article du 01/03/2011 : Les Pouzat sont-ils des Pauzat qui s’ignorent ?
[3] Voir sur le WEB l’étude : « Mouvements de population dans le midi de la France du 11e au 15e siècle » d’après les noms de personne et de lieu, de Charles Higounet.
[4] Les bateliers de La Dordogne, du 18/10/2010
[5] Ce métier débutant dès 1549 perdurera jusqu’à la fin du 19e siècle
[6] Région montagneuse de France, formant la bordure nord-est du Massif central.
[7] Ville en bordure du Morvan, au confluent de l’Yonne et du Beuvron, sur le canal de Nivernais.
[8] Le Loing est une rivière de France, affluent de la rive gauche de la Seine, dont le cours long de 166 km traverse les départements de l'Yonne, du Loiret et de Seine-et-Marne.

6 avril 2013

Le poisson de Zuñigá


Sacrifiant à une ancienne tradition, j’ai succombé lundi dernier à la tentation de faire aux lecteurs de ce blog un « poisson d’avril ».

Pour ceux qui m’ont cru, j’espère qu’ils ne m’en voudront pas trop.

Rappelons que :
« cette tradition trouverait son origine en France, en 1564. La légende veut que jusqu’alors, l’année ait commencé au 1er avril (en fait le 25 mars correspondait selon le calendrier julien au Jour de l'an), à la fête de l'Annonciation à Marie avec la tradition de s'échanger des cadeaux. Mais le roi de France Charles IX décida, que l’année débuterait désormais le 1er janvier, marque du rallongement des journées, au lieu de fin mars, arrivée du printemps.
Si l’origine exacte de l’utilisation des poissons reste obscure (peut-être l’ichthus chrétien), il semble que beaucoup de personnes eurent des difficultés à s'adapter au nouveau calendrier, d'autres n'étaient pas au courant du changement et continuèrent à célébrer le 1er avril selon l'ancienne tradition. Pour se moquer d'elles, certains profitèrent de l’occasion pour leur remettre de faux cadeaux et leur jouer des tours. Lorsque les blagues se développèrent, l'un des pièges les plus courants était l'offrande de faux poissons. Ainsi naquit le fameux poisson d’avril, le jour des fous, le jour de ceux qui n’acceptent pas la réalité autrement ».
Quelques « poissons d’avril » récents dans le monde :
- En 1980, la BBC rapporte qu'il est envisagé de remplacer l'horloge de Big Ben par une horloge digitale
- En 2008, sur internet, Google nous fait croire qu'il s'est engagé avec Virgin Mobile pour aller sur Mars,
- en 2009 : le site Clubic annonce le téléchargement de sandwich.
- Le site Bières et Plaisirs annonce que des chercheurs américains ont inventé une bière avec la mousse qui descend au fond du verre.
- A la télévision, La RTBF annonce la réintroduction de l'ours dans les forêts ardennaises, notamment dans la région d'Andenne et de Neufchâteau.
- Une autre fois, la RTBF présente un faux reportage avec la complicité d’un scientifique réputé membre du GIEC. L'UCL aurait mis au point un nouveau biocarburant, le bovinol, à base du méthane produit par les bovins. Une expérience de collecte aurait déjà eu lieu dans une ferme wallonne et la Stib aurait équipé un bus pour rouler au pet de vache.
Etc.
Remarque : cette tradition existe aussi en Catalogne, mais le 28 décembre.
Donc, aujourd’hui, nous n’avons pas encore d’information sur Jean-Baptiste Pauzat Zuñiga et son mystère reste toujours entier. 
À bientôt sur ce blog, pour de prochains articles plus raisonnables.

1 avril 2013

Les diamants de Zuñigá

La médisance est un vilain défaut, après avoir sous-estimé l’efficacité et la bonne volonté des Archives nationales de Paris Pierrefitte, j’ai eu l’heureuse surprise de recevoir un courrier recommandé contenant une copie du document rédigé par Jean-Baptiste PAUZAT ZUNIGA !
Le voile sur le mystère de son parcours au Mexique se lève enfin :
Après avoir quitté sa famille et son Béarn natal, il se décida à traverser l’Atlantique à la recherche d’un avenir plus prometteur. 
Arrivé au port de Veracruz, il se rendit à l’intérieur des terres dans le village de Pescado, où il apprit que des diamants avaient été découverts plus à l’ouest. C’est ainsi que dans un lieu nommé Zuñigá, il trouva suffisamment de ceux-ci pour revenir à Veracruz, assez riche pour débuter un commerce fructueux avec le continent. Plus tard, surnommé Pauzat de Zuñigá, il se maria avec la fille d’un notable espagnol installé au Mexique, Jeanne TORRES I. MILLAN. 
Ainsi fut l’aventure de notre Béarnais, fuyant les troubles de la Révolution française et la dure destinée réservée aux cadets des familles non fortunées de cette époque.




2 mars 2013

À la recherche de l'arche perdue

Soit dans notre cas, à la recherche de l’origine du parcours de vie du béarnais Jean-Baptiste Antoine Pauzat[1]

L’ordonnance royale du 3 novembre 1825 l’autorisant à ajouter à son nom celui de Zuñiga, « sous lequel il est connu et désigné depuis de nombreuses années », présuppose l’existence d’une demande qu’il aurait faite dans ce sens quelque temps auparavant.

Indication donnée par l’inventaire de ses biens en 1839
Cette dernière, ayant été conservée, se trouve actuellement à Paris aux Archives Nationales sous la cote BB/11/233. D’où l’intention de retrouver ce manuscrit et ainsi de connaître les motivations de l’adjonction du nom Zuñiga à son patronyme, et de permettre, ainsi a priori, de lever le voile sur la première période de sa vie d’adulte. 
Après une première demande faite aux Archives Nationales en juillet 2012, cette opportunité a été reportée au début de l’année 2013, du fait du déménagement de ces archives dans ses nouvelles installations de Pierrefitte-sur-Seine. Ce nouveau site, récemment inauguré par le Chef de l’État, a été l'occasion de repenser les outils informatiques utilisés par les Archives nationales, en vue de leur modernisation, supprimant l’ancienne procédure jugée inadaptée, citons « Ceux qui se sont déjà déplacés aux Archives Nationales connaissent la complexité des procédures ».
La nouvelle entièrement informatisée est articulée sur une Salle des Inventaires Virtuelle, baptisée SIV. Pour ceux qui ne peuvent se déplacer à Paris, quelle joie d’avoir la possibilité de faire une demande à distance pour accéder à la reproduction d’un document.

Hélas, que devait être la complexité de l’ancienne procédure si la nouvelle apporte une amélioration : La SIV apparaît sous la forme d’un labyrinthe, où une fois qu’on y pénètre on ne peut plus en ressortir. De temps en temps, un message laconique adressé par courriel vous indique où vous en êtes et vous conseille de continuer le parcours. Mais aucune possibilité de demander son chemin, la communication furtive avec le personnel qui vous a adressé le message se clôt aussitôt, il faut donc continuer à errer seul. Cependant, comme dans les labyrinthes, on se retrouve toujours à passer par le même endroit, avec sous les yeux les mêmes formulaires, moult fois remplis et toujours sans réponse.
Je n’ai ni la compétence d’Indiana Jones ni sa réussite pour surmonter les difficultés de cette recherche, j’aurai aimé pouvoir donner aux lecteurs de ce blog le contenu du document recherché, mais aujourd’hui, je peux affirmer que si ce labyrinthe n’était pas virtuel, mon squelette serait en train de se dessécher dans ce SIV !

message : « Recherche Indiana Jones pour effectuer une mission aux Archives Nationales »

Je reste songeur sur l’inadaptation de ce système au besoin qu’il est sensé remplir. Si les sites de vente par internet comme Amazon étaient programmés selon les mêmes règles, ils seraient depuis longtemps en faillite !

Je rêve pourtant du jour, où je pourrai effectuer une demande à distance à ces Archives Nationales avec la même facilité que je commande mes capsules de café sur internet : en cinq minutes cette commande est réalisée, j’ai payé par paiement sécurisé et deux jours après, on me les livre à domicile !

À l’évidence ce système d’information n’a pas été conçu pour prendre en compte les besoins du « Client » éloigné. Il a sans doute reproduit l’architecture du système ancien, orienté pour satisfaire les besoins des archivistes, professeurs et chercheurs, mais n’a pas anticipé le tsunami des généalogistes amateurs, aujourd’hui majoritaires en nombre, n’ayant pas la possibilité de se déplacer, et qui ont désormais la possibilité, grâce à internet, de franchir le pont-levis maintenant baissé de la citadelle. 


Sera-t-il nécessaire de me rendre à Paris pour entreprendre directement cette recherche ? Ou peut-être qu’un Indiana Jones ayant déjà affronté avec succès le SIV m’aidera à sortir victorieux de ce labyrinthe, nous permettant enfin de connaître la part encore inconnue de la vie de notre Jean-Baptiste Pauzat Zuñiga.


[1] Voir les articles qui lui sont consacrés dans ce blog, le dernier étant celui du 29/07/2012

30 janvier 2013

les Pauzat douaniers

Les informations contenues dans les archives des douanes nous permettent aujourd’hui de connaître un peu mieux nos ancêtres douaniers. 
Sans doute la proximité d’une frontière, dans ce cas avec l’Espagne, fait que la majorité de ces derniers recensés à ce jour et portant notre patronyme sont natifs de la vallée de Barétous en Béarn et plus particulièrement d’Issor et d’Arette. 
C’est ainsi qu’ils partirent travailler au Pays basque voisin, comme ce fut le cas de mon aïeul Étienne PAUZAT (n°8) dont je prendrai le parcours professionnel comme fil conducteur de cet article. 

Mais auparavant, rappelons succinctement que « la douane ne sera considérée comme une institution publique qu’à  la Révolution française. À partir de 1815, l'installation durable du protectionnisme assure à la douane une place de premier plan dans l'appareil d'État.
Les agents des brigades, de loin les plus nombreux, sont organisés militairement. Armés, souvent casernés, ils portent l'uniforme. La discipline, très stricte, régit même certains actes de leur vie privée : mariage, déplacements, etc. Leurs conditions de travail sont dures et leurs rétributions assez faibles. Les brigades comptent dans leurs rangs beaucoup d'anciens militaires et de parents de douaniers ».
fouille des pacotilleuses[1]             douaniers en embuscade 

Examinons maintenant la carrière de mon aïeul, douanier au Pays basque. 
Étienne PAUZAT, né à Arette en 1860 au moulin Vigneau, est le septième d’une famille de 13/14 enfants[2]. Adolescent, il est tailleur de pierres, puis en novembre 1881, il part faire son service militaire. Il est incorporé au 78e Régiment de ligne, d’abord soldat de 1ère classe, puis caporal en 1882, il est sergent en 1884, enfin il quitte l’armée en septembre 1885. 
Son signalement est le suivant :
- cheveux et sourcils blonds, yeux bleus et fossette[3],
- taille : 1,55m, nez gros, bouche grande, front découvert, visage rond 

À la fin de son service militaire, peut-être recommandé par le mari de Marie-Thérèse PAUZAT, officier des douanes (voir plus bas), il est candidat pour être douanier. Il passera un examen médical où on constatera que : « le candidat est d’une bonne constitution et apte à supporter les fatigues du métier ». 
Cependant, il échouera à cette première tentative, pour motif : « pas assez lettré », sans doute au cours d’une dictée baptisée : « Spécimen d’écriture du postulat Pauzat » révélant ses lacunes en orthographe. Après cet échec, il suit des leçons particulières pour « perfectionner son instruction » et demande la permission de repasser cette épreuve, ce qu’on lui accordera, car ayant a priori réussi, le 1er avril 1887, il devient préposé des douanes à St-Jean-de-Luz, son traitement (annuel) sera de 900 francs[4]
- En 1888, il est en poste à Louhossoa[5] et se marie avec Anne HALET, couturière à Biarritz, fille d’un préposé des douanes à la retraite (tous les témoins qui signent l’acte de mariage, sauf un jardinier, sont douaniers). Auparavant, il a exposé une demande d’autorisation de se marier à ses supérieurs, en fournissant un certificat de moralité de la future.
- En 1889, il est noté : « sert et se conduit bien, belle représentation, a besoin d’apprendre le service en campagne ».
- Au mois d’avril 1890, il est toujours à Louhossoa où naîtra sa première fille Marie Joséphine.
En novembre 1890, il exerce à la gare d’Hendaye. Il est jugé ainsi : « préposé soumis et exact, belle tenue, belle représentation, ancien sergent »
- Le 6 janvier 1891, il fait une chute sur la voie en pleine nuit (noire), « aveuglé par le reflet des lanternes situées sur le quai, il heurte le tampon d’un wagon. Il est resté quelque temps sans pouvoir recouvrer ses esprits, mais a ensuite repris son service jusqu’à 09h du matin ».
- En 1892, toujours en poste à la gare d’Hendaye, il est noté : « assez bon agent, un peu mou, bonne conduite, peu d’instruction », son traitement est alors de 950 francs[6].
C’est cette année et dans cette ville que naîtra son fils Jean, mon grand-père.
- En juin 1893, il est puni « d’un avertissement », pour « avoir été vu par le capitaine vers 11h du matin, traverser les voies de garage, étant en tenue, et porteur d’un fagot de bois pour le compte d’une personne étrangère à l’administration ». En fait, ce fagot « composé d’une vingtaine de piquets pour les tomates », appartenait à un chauffeur voisin qui l’avait laissé près d’un aiguillage, et la manœuvre avait pour objet de déplacer ce fagot en dehors des voies, selon les déclarations d’Étienne.
- Le 1er août 1894, il est nommé de nouveau à Louhossoa où il restera jusqu’à la fin de 1899. Les commentaires de sa hiérarchie à son sujet sont quelque peu mitigés : « assez bon agent, un peu mou et peu discret, boit quelque peu – tenue passable, a besoin d’être suivi de près ». Heureusement, ce jugement sera beaucoup plus favorable en 1895, où les louanges qui lui seront accordées justifieront qu’il soit proposé 1ère classe !
Sa seconde fille Pascaline naîtra à Louhossoa en octobre 1895.
Un an plus tard, son traitement est de 1050 francs. 
- En juin 1899, il est récompensé par un « témoignage de satisfaction » pour : « son attitude énergique qui a contribué à l’arrestation de 4 malfaiteurs »
- En avril 1900 il est toujours préposé des douanes et est nommé en poste à Biarritz où il restera jusqu’en 1908, son traitement passera alors de 1100 francs à 1200 francs
- En juin 1905, il est récompensé par un « triple encouragement » pour : « au retour d’une embarcation qui venait de conduire un pilote à bord d’un paquebot, a visité le sac d’un matelot et y a saisi 95 paquets (4 kilos) de tabac français d’exportation ».
- En juillet 1907, il contracte une « maladie » durant son service, en l’occurrence « une congestion ayant causé un état syncopal d’une durée de cinq heures environ, celui-ci ayant été provoqué par la fraîcheur de la nuit ». En fait, il devait « s’embusquer » du côté du port vieux à Biarritz de 11h du soir à 3h30’ du matin par « un temps clair et chaud » et vers 01h, le vent ayant tourné au nord, le temps est devenu brumeux et frais, ce qui a provoqué d’abord des maux de tête, les jambes chancelantes, puis le malaise précité
 ».
- En janvier 1909, il est récompensé par « un encouragement », pour : « s’être empressé de déclarer au bureau de police de sa résidence qu’il avait trouvé sur la voie publique une petite montre en or »
- En octobre 1909, il prend sa retraite à l’âge de 49 ans, après 22 ans et 6 mois de service.

Pour information, j’ignore le lieu et la date de son décès. Cependant, une photo le montrant chez lui avec sa femme et ses trois enfants devenus adultes, laisse supposer qu’il a passé en partie sa retraite à Biarritz ou peut-être Bidart. 

Pour terminer, voici quelques PAUZAT (tous du Béarn, à l’exception du dernier) ayant un lien direct ou indirect avec le métier de douanier :
- Catherine PAUSAT (n°201), née à Arette en 1800, mariée en 1823 à Jean BARROUILLET-BERGÉ (labour, militaire retraité), a un fils Vincent-Thomas en 1834 qui sera douanier sous-brigadier[7]
- Marie-Thérèse Amélie PAUZAT (n°244), née à Issor en 1848, se marie avec Charles MOISSON, officier des douanes (Capitaine).
- Grat PAUZAT (n°339), né en 1873 à Arette, marié avec Marie HOURCATTE (couturière) est préposé des douanes à Dunkerque de 1898 à 1901, à Bayonne en 1905, résidant à Urdos en 1901 et 1905, il prendra sa retraite à Licq Atherey à partir de 1927 ou 1929.
- Jean-Pierre PAUZAT (n°233), né en 1884 à Arette (cheveux blonds et yeux gris), cultivateur puis douanier, préposé à Dunkerque en 1909, Issassou en 1912/13, Hendaye (gare) de 1919 à 1929, il habite Cambo en 1928. En 1919, il se retire à Arette
- Jean-Louis PAUZAT (n°31), né en 1886 à Arette (yeux gris foncé) maçon, recruté à Pau en 1907, classé affecté spécial des Douanes comme préposé douanier à Villerput (54), mobilisé durant la guerre 14/18, caporal 13e Cie du 289e régiment d'infanterie, il décédera le 02/06/1918 à Pierrefonds à l’âge de 32 ans, dans l'ambulance des suites de ses blessures de guerre – il figure sur les monuments aux morts de Lanne en Barétous (64) et d'Arette.
- Noël PAUZAT (n°37), né en 1895 à Arette, maçon en 1915, Sous-brigadier des douanes à Urrugne en 1923, Cambo en 1928, Bordeaux en 1936
- Eugène PAUZAT (n°873), né en 1895 à Ladignac-le-Long, Agent des douanes, a résidé à Villiers-sur-Marne (94350) et à Ladignac-le-Long. C’est le seul qui ne soit pas du berceau béarnais.

[1] Pacotilles : Assortiment de marchandises diverses destinées au troc en pays lointains
[2] Son père Ambroise PAUZAT, est garde champêtre du même village, pensionné militaire, suite à une blessure et à des infirmités graves, ce qui ne l’a pas empêché d’avoir (paraît-il) 13/14 enfants, dont seulement 9 sont identifiés à ce jour, mais il semblerait que certains ne furent pas déclarés à la naissance !!
[3] Traits physiques que l’on retrouvera plus ou moins dans tout l’arbre généalogique de la branche « LAGRAVE »
[4] Quelques salaires moyens en 1890 dans le département de la Seine :
Cochers, conducteurs d'omnibus, camionneurs : 5,75 francs par jour pour 16 heures de travail (soit 18,42 euros, valeur 01/01/2002).
Employés de bazars : 5 francs par jour pour 15 à 17 heures de travail, selon la saison et les exigences de la vente.
Garçons de café et de restaurants : ne sont pas payés et vivent seulement de leurs pourboires, ils travaillent 16 heures par jour de huit heures à minuit.
Aiguilleurs des chemins de fer : 900 à 1000 francs par an pour 15 à 16 heures de travail par jour.
Ouvriers de l'industrie privée : 4,85 francs par jour (soit 15,54 euros, valeur 01/01/2002).
Ouvrières de l'industrie privée : 2,46 francs par jour.
Facteurs : 600 francs par an pour des tournées à pied de 28 kilomètres en moyenne (40 km pour certains) auxquels s'ajoutent un vêtement et deux paires de chaussures.
Chemisières, lingères et couturières : 2 francs par jour.
Femmes de ménage : 1,50 franc par jour.
[5] Louhossoa fait partie de la province basque du Labourd, proche de la frontière espagnole (10 km) et à une demi-heure par la route de la côte basque.
[6] Le dossier d’Étienne PAUZAT contient des documents manuscrits de ses supérieurs, montrant qu’ils faisaient intervenir le préfet et/ou le député pour « faciliter » la promotion de leur candidat.
[7] L’équivalent dans l’armée au grade de caporal, le brigadier étant à celui de sous-officier

27 décembre 2012

Une nouvelle année pour la généalogie des Pauzat

Voici un peu plus de deux ans que ce blog dédié à notre patronyme existe, faisant le lien entre la recherche généalogique de nos ancêtres et vous tous, contemporains, qui en portent le nom.

Cette recherche, qui progresse selon un parcours que je ne maîtrise pas, est riche d’enseignements sur le passé de notre société et la vie que menait nos aïeuls. C’est donc avec plaisir, détermination et modestie que j’entreprends celle-ci et que j’essaie de vous en conter et partager les principaux évènements.
Aujourd’hui, nous pouvons estimer à environ 500 individus les contemporainss portant actuellement notre patronyme, ce qui est peu. Pourtant celui-ci subsiste et curieusement, pour ce que l’on peut en estimer, à nombre stable.
Auparavant, cette stabilité était due, sans doute, parce que les couples avaient un nombre important d’enfants, ce qui compensait la mortalité très élevée et depuis un siècle environ, grâce aux progrès de la médecine, malgré une natalité plus faible.

Ce blog (une fois écartées les visites non intentionnelles ou transitoires) est lu dans de nombreux pays :
-         bien sûr en Europe : la France, mais aussi l’Espagne (il y a-t-il un Pauzat à Madrid ?), la Belgique, l’Allemagne, etc.
-         et aussi le Canada, les États-Unis, le Mexique, le Brésil (il y a-t-il un Pauzat à Pelotas ?) et quelques autres comme la Lettonie, la Russie, etc.
Aujourd’hui, nous avons dépassé les 5300 pages visitées, ce qui est très faible vis-à-vis de blogs ayant une cible d’audience plus large, mais convenable si l’on se réfère au nombre supposé des visiteurs potentiels.
Aussi, je remercie ces derniers de consacrer un moment de leurs loisirs à lire cette gazette, qui est en fait la leur et à laquelle, ils peuvent, s’ils le souhaitent, contribuer[1].
Certains trouveront dans les deux sites associés[2] des informations permettant de connaître la généalogie de leur famille, d’autres pas encore.
Pour ces derniers, je pense plus particulièrement à ceux issus du berceau Limousin, pour lesquels j’espère pouvoir bientôt progresser dans mes recherches[3]. Souvent, comme dans un puzzle, l’absence d’une pièce bloque la situation. Espérons que ces obstacles sauteront bientôt.

Finalement, pour clore cette année 2012, je souhaite présenter mes vœux à tous ceux qui liront ces lignes et pouvoir vous retrouver encore plus nombreux en 2013.
Cordialement et vive les Pauzat !

soleil levant à proximité de Cadaqués le 22/12/2012



[1] Citons par exemple, M. Yves Chatelard qui nous a communiqué le récit des circonstances du décès de son grand-père, Joseph Pauzat, qui a fait l’objet de l’article du 09/07/2011.
[2] Ancestries et geneapauzat
[3] Malheureusement, le noyau du berceau Limousin est situé en Haute-Vienne dont les archives départementales ne sont toujours pas en ligne sur internet

21 décembre 2012

Chronique des Pausat de l'Entre-deux-Mers (suite 2/2)

Je n’aurais jamais pensé en rédigeant l’article précédent (un Pauzat mort en 1753, au large d’Esnandes lors du naufrage de son bateau) qu’il pourrait exister un second épilogue dont le bilan serait encore plus dramatique que le premier.
En fait, en dépouillant des relevés de généalogie sur internet, j’ai appris, grâce aux informations citées par M. Bernard et Mme Ginette Lamarzelle que, non pas un seul, mais deux Pauzat périrent lors de ce naufrage !

En examinant de nouveau les archives départementales de la Charente-Maritime en page 178/374 de la commune, nous trouvons en effet :
- Le premier acte de décès qui nous avait appris que l’un des enfants de Guillaume Pauzat était décédé lors du naufrage précité et enterré à Esnandes le 5 avril 1753. Le prénom orthographié Bideau en marge gauche, rectifié dans l’acte, est semble-t-il Vidal (ou Vital)[1]. Ce garçon, maintenant identifié avec exactitude, né en 1738, avait donc 15 ans au moment du naufrage. Son père s’était rendu sur place pour son enterrement, mais n’avait pas signé, ne sachant pas le faire.
- Le second acte rédigé juste après et que je n’avais pas remarqué indique qu’un autre enfant de Guillaume Pauzat, prénommé Jean, « mort à la mer par naufrage » a été enterré à Esnandes le 25 avril (en l’absence du père).
Le délai qui sépare les deux enterrements signifie sans doute que son corps n’a pas été retrouvé immédiatement.
 Guillaume Pausat a eu trois enfants prénommés Jean.
- le premier, né en 1727 (n°2077) est mort à l’âge de 5 mois.
- le second, né en 1735 (n°1427), serait a priori, celui qui est décédé au cours de ce naufrage avec son frère Vital. Il avait donc 18 ans.
- le troisième, né fin 1740 (n°634), charpentier de vaisseau à Vayres, puis agriculteur à 59 ans en 1798, décédera en 1816, à l'âge de 75 ans, au village de St Pardon de la commune de Vayres.
Voici donc la triste réalité qui a frappé cette famille, deux enfants de 15 et 18 ans morts ensemble au cours de ce naufrage.
Il serait intéressant de connaître à quel titre - membre de l’équipage (mousse , matelot), passager - ils étaient à bord et quelle était l’affectation de ce bateau (pêche, transport de marchandises ou autres activités). Seule la possibilité de consulter les registres concernant les naufrages de navires dans cette région pourrait nous fournir éventuellement cette information, si elle existe.

Remarquons aussi, une fois de plus, la disparité de l’écriture de notre patronyme, Posat, Pausat, Pauzat sur deux actes successifs, à trois semaines d’intervalle.

Quant à l’église Saint-Martin d’Esnandes, elle conserve encore aujourd’hui sous sa voûte des ex-voto[2] faisant référence à ces naufrages. L’un d’entre eux est un tableau réalisé en 1785 qui relate une scène où l’on aperçoit un bateau drossé sur une digue enrochée. Cette scène pourrait ressembler à celle vécue par les deux frères Vital et Jean Pauzat.




[1] L'un des noms de personne les plus répandus en Catalogne et en Languedoc. Le nom vient du latin vitalis = lié à la vie. De nombreux martyrs ont porté ce nom, mais le succès de ce nom et prénom se justifie surtout par son lien étymologique avec la vie, la naissance, et sans doute le baptême.
[2] Tableau, objet, plaque gravée que l’on suspend dans une église, un endroit vénéré en remerciement d’une grâce obtenue, d’un vœu exaucé.