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27 août 2017

Quand nos ancêtres se mariaient très jeunes.

Durant l’Ancien Régime, alors que l’âge du mariage se situait majoritairement après 25 ans, certains de nos ancêtres se mariaient beaucoup plus jeunes. Leurs actes de mariage indiquent qu’ils se mariaient parfois à des âges qui choqueraient aujourd’hui notre société.
Ainsi, si l’Histoire nous a appris que nos monarques se mariaient parfois très jeunes pour des raisons politiques, nous trouvons aussi pour nos ancêtres des cas similaires, mais pour quelles raisons ?

Les juridictions en vigueur
Durant l’Ancien Régime jusqu’à la Révolution, l’Église, selon le Droit canonique, fixe l’âge nubile, c’est-à-dire l’état d’une personne ayant atteint la puberté et donc l’âge de procréer, à 12 ans pour les filles et 14 ans pour les garçons.
Notons qu’en Normandie existait la coutume fixant à 20 ans le même âge pour les filles et les garçons.
Remarque : Ne pas confondre l’âge nubile avec la majorité matrimoniale qui désigne l'âge où un individu peut se marier sans l'accord de ses parents ou tuteurs légaux. Cet âge est fixé à 25 ans pour les deux sexes par la Législation royale, l’Ordonnance de Blois de 1579.

La pratique dominante
Contrairement à ce que l’on pourrait penser, nos ancêtres se mariaient majoritairement assez tard, après l’âge de 20 ans :
L’extrait de l’article « La population française sous l'Ancien Régime »[1] , nous explique les raisons qui poussaient nos ancêtres à agir ainsi :
« En France, on se marie tard : 27 ou 28 ans en moyenne pour les garçons, 25 ou 26 pour les filles. On distingue deux causes principales à cette pratique :
- d'une part, le souci d'éviter une descendance trop nombreuse afin de ne pas diviser l'héritage
- et d'autre part, l'attente fréquente de la mort des parents, libérant des biens et des terres.

Le mariage précoce, une exception ?
Des recherches récentes montrent, par contre, que le mariage précoce existait en France, sous l’Ancien Régime. Citons :
« Le mariage de très jeunes filles n’avait pas totalement disparu en France sous l’Ancien Régime : à Bourg-en-Bresse, on compte beaucoup d’adolescentes parmi les mariées du xvie siècle, tout comme en Lorraine ou en Bretagne au xviie siècle …
À Bordeaux, quelques familles des élites recourent aussi au mariage de très jeunes filles âgées de moins de 15 ans ».
Le fait de marier de très jeunes filles, notamment celles âgées de moins de 15 ans, reste donc une pratique, quoique marginale.

Un exemple de mariage précoce chez les PAUZAT
L’exemple ci-dessous concerne le cas de Anne PAUZAT (n°951) vivant à Bussière-Galant en Limousin : elle est née le 27/11/1748 et se marie le 22/02/1762, donc à l’âge de 13 ans et 3 mois.


On trouve d’autres cas semblables dans la généalogie des PAUZAT, avec une particularité, ils sont tous regroupés dans le Limousin.


Existe-t-il une raison justifiant les mariages précoces ?
Première hypothèse : en se plaçant dans le contexte de l’époque, on peut considérer que se marier jeune est une décision prenant en compte l’espérance de vie qui était très faible, de l’ordre de 40 ans en moyenne[2], pour permettre en théorie d’avoir une descendance plus nombreuse.
Toutefois, ces cas restent marginaux, car seulement 4 % des femmes se mariaient avant leurs 17 ans. De ce fait, on ne peut pas considérer qu’il y a un lien de cause à effet, entre une durée limitée de procréation s’appliquant à l’ensemble de la population, et une conséquence se limitant qu’à une minorité.

Deuxième hypothèse : L’incitation à un mariage précoce est-il lié à la survenue d’une naissance « hors mariage », celle d’un enfant dit « naturel ».
En général, si la jeune fille accouchait avant le mariage, les conséquences sociales étaient si graves qu’elles aboutissaient souvent à l’abandon du nouveau-né[3].
« Mais, rares sont les mariages de ce type qui se font sous la pression des événements, très peu de ces adolescentes étant déjà enceintes au moment de leurs noces. Toutefois, même si certaines ont pu consommer leur union avant l’administration du sacrement, beaucoup ne sont pas encore nubiles, ce qui leur évite les risques d’une grossesse prénuptiale qui serait du plus mauvais effet pour la réputation de la famille[4] ».
Notons qu’Anne PAUZAT précitée n’a pas eu d’enfants dans les mois qui suivirent, donc son mariage n’aurait pas été motivé par ce motif.

Troisième hypothèse : le contexte familial
Certaines études tendent à montrer le rôle des parents, choisissant délibérément de profiter de leur emprise sur leur jeune enfant, cherchant à sauvegarder un patrimoine et/ou une situation sociale prédominante.
Dans ce cas, ceci concerne surtout « les couples qui ont eu très peu d’enfants, ou seulement des filles. Il s’agit alors d’éviter la disparition complète du lignage, ou à tout le moins d’établir rapidement la fille destinée à recevoir l’essentiel du patrimoine familial pour qu’elle ait à son tour des descendants ».
Notons que les parents d’Anne PAUZAT, n’avaient que deux filles : Anne et sa sœur Jeanne (âgée de 7 ans en 1762), situation qui semble conforme à ce cas.

En conclusion, la pratique du mariage précoce durant l’Ancien Régime n’est que conjoncturelle et demeure limitée en nombre.
Si celle-ci attire notre attention de nos jours, ceci est dû au fait qu’elle existe encore dans certains pays et qu’elle est dénoncée par les Nations unies en tant qu’une atteinte aux droits de l'homme.
Rappelons qu’en France, comme dans la plupart des États membres de l’Union européenne, l’âge minimum légal du mariage[5] est de 18 ans pour les deux sexes, ceci permettant de lutter contre les mariages forcés des filles[6].


[1] Auteur : Thibault, site PHILISTO
[2] Au début du XIXe siècle, l'espérance de vie des Français n’est encore que de 36 ans !
[3] Il a été estimé « qu’environs 3 millions d’enfants illégitimes furent abandonnés en France entre la seconde moitié du 18e à la fin du 19e
[4] Il n’était pas rare que la (future) mariée soit déjà enceinte, parfois depuis de nombreux mois, au moment du mariage. Il était par contre essentiel que l’enfant naisse lorsque les époux étaient mariés. Au niveau national, les différents sondages tant au 17e qu’au 18e siècle donnent un peu plus de 10% de femmes enceintes au moment du mariage, plus de 30% dans certaines paroisses.
[5] En France, avant 2005, la précédente version de l'article 144 du Code civil napoléonien, en vigueur depuis 1804, fixait l'âge minimum du mariage à 18 ans révolus pour les hommes et à 15 ans révolus pour les femmes.
[6] L’Espagne a passé de 14 à 16 ans le minimum légal pour se marier, avec le consentement d’un juge.

2 mai 2017

Les premiers PAUZAT figurant dans la presse écrite


À l’époque actuelle, où le plus grand nombre confie sa vie privée sur les réseaux sociaux et prend immédiatement connaissance du moindre évènement survenu sur la planète, il est intéressant de se pencher sur un passé encore proche, où l’information ne dépassait pas les frontières de son voisinage.

Dans la seconde moitié du 19e siècle, l’expansion de la presse[1] a permis d’élargir le champ de diffusion de ces informations. Ainsi, pour le sauvetage d’une personne en train de se noyer, un accident de circulation ou la réussite au certificat d’études, des PAUZAT ont été cités dans leur journal régional.

Un peu plus d’un siècle plus tard, rien n’avait fondamentalement changé. Je me souviens de mon étonnement, vivant à Toulouse, de pouvoir lire de façon inopinée, dans les faits divers de La Dépêche du midi, qu’un François PAUZAT résidant en Bretagne avait tenté de se suicider. Pour la première fois, j’avais eu l’occasion de découvrir que mon patronyme existait ailleurs que dans le périmètre restreint de ma famille, mais je n’avais aucun moyen d’en savoir davantage.

De nos jours, c’est nous qui pouvons aller à la recherche de ces informations, car nous avons accès aux journaux diffusés les siècles passés, dans la mesure où ces derniers ont été numérisés et mis à disposition sur le Net. Retrouver la trace de notre patronyme est devenu possible[2]. On retrouve ainsi des faits divers qui ont concerné nos ancêtres, qu’à titre de curiosité, je donne ici quelques exemples :


- Le 9 mai 1860, au lieu d’Aixette dans la commune de Nexon (Haute-Vienne), Martial PAUZAT, meunier de profession, est victime d’un vol commis par un individu qu’il avait pris récemment à son service. Ce dernier est arrêté à Limoges et jugé en août de la même année à quatre années d’emprisonnement.
- En 1873, Louis PAUZAT participe à une course de fond consistant à un A/R entre Marseille et Avignon : 220 km parcourus pour certains en vélocipède (9 concurrents), à pied (3 piétons) et 1 cheval attelé (sic). Le départ a eu lieu à 01h du matin, le retour s’est effectué 16h plus tard, dont 2h pour dîner et se reposer !
- Au début des années 1900, on relève le vol d’un lapin !
* Á St-Yrieix (Haute-Vienne), Marie PAUZAT, âgée de 12 ans, est accusée du vol d’un lapin
* Pierre PAUZAT, 47 ans, journalier, impliqué dans cette affaire, est relaxé.
- Les victimes d’accidents : comme quoi les véhicules avec attelage ou à moteur de l’époque étaient aussi dangereux que ceux actuels :
* Le 5 mars 1890, un enfant de 14 ans, domestique du sieur POUZAT, propriétaire à La Morella (commune de Ladignac en Hte-Vienne) est écrasé par le tombereau attelé de deux vaches qu’il conduisait.
* Le 18 octobre 1891, son cheval ayant pris peur, un employé de M. POUZAT de Toulouse a la clavicule gauche cassée par la roue de l’attelage.
* Le 28 septembre 1901 à Paris (Saint-Ouen M. POUZAT, âgé de 45 ans, circulant en bicyclette, a été renversé mortellement par un camion de la Compagnie des wagons-lits.
* En 1917 à Ladignac, Gustave PAUZAT, revenant de la chasse, décharge accidentellement son fusil sur son pied gauche …
* En 1939 à Limoges, Jean PAUZAT, âgé de 80 ans et balayeur municipal, se fait renversé par une voiture attelée d’un cheval et en décède quelque temps après.
- Enfin quelques individus signalés pour leur comportement ou leur nomination :
* Le 15 février 1893, M. Jean-Basile PAUZAT, fondés de pouvoir de recette particulière, est nommé percepteur à Samazan (Lot-et-Garonne), source : L’Express du Midi
* Le 29 juillet 1907, Léon-Armand-Eugène-Paul-Émile PAUZAT, brigadier au 29e régiment de dragons à Grisy-sur-Seine a porté secours à un de ses camarades en danger de se noyer.
* M. PAUZAT, mécanicien principal de 2e classe du port de Rochefort, est « autorisé à servir temporairement à Toulon, après son débarquement du contre des torpilleurs d’Oran », source : L’Écho d’Alger du 02/04/1913
* Le 26 juillet 1906, Léonard PAUZAT, dessinateur, reçoit le 2e prix de la société d’émulation de Brest
Etc.

Voici donc quelques témoignages mentionnant nos ancêtres dans ce qui était, à leur époque, le seul média auquel ils avaient accès. Notre curiosité restera insatisfaite, du fait de leur nombre limité. Cet échantillonnage nous donne cependant un aperçu de la société d’alors, de son quotidien et de l’inattendu, ce que l’on nomme aujourd’hui « les faits divers », et enfin des débuts du journalisme, sa manière d’en rendre compte et aussi, à l’occasion, d’y glisser un avis moralisateur pour « éduquer » le bon peuple.
Par contre, quel jugement porteront les générations futures sur notre quotidien, quand ils se pencheront sur nos faits divers, nos commentaires et notre besoin irrésistible d’y figurer. Seront-ils tentés d’y jeter un regard ?


[1] Dès 1845, l’invention de la rotative permet d'imprimer des dizaines de milliers de quotidiens en une nuit et de faire baisser le coût unitaire de l'édition (la feuille de chou n'est plus vendue simplement sur abonnement, mais en kiosque ou à la criée, au prix de 5 centimes au lieu de 15 à 20 centimes précédemment).
[2] Par des logiciels de reconnaissance de caractères

14 mars 2017

Les PAUSAT marguilliers

En lisant les registres paroissiaux de nos ancêtres ayant vécu au village de Saint-Cernin-de-Labarde, au sud de Bergerac, j’ai eu la surprise de découvrir un mot que j’ignorais et qui servait de qualificatif à certains individus, après leurs nom et prénom. Il s’agit du mot : « marguillier », était-ce un métier ?

ci-dessus : Antoine PAUSAT, tisserand et marguillier de la paroisse

Après recherches, j’ai appris qu’il s’agissait d’une fonction confiée à certaines personnes pour administrer le temporel[1] de la paroisse de leur village. De quoi s’agit-il exactement ?
Primitivement, ce mot désignait celui qui gérait le registre sur lequel était inscrit le nom de chaque personne qui recevait de l’église, soit des prébendes[2], soit des aumônes.

Ce marguillier était l’un des membres du clergé régulier ou séculier. Il est aussi question, à l’époque des Mérovingiens, de marguilliers qui recueillaient les enfants exposés aux portes des églises et demandaient publiquement au peuple si quelqu’un voulait s’en charger. On donnait encore le nom de marguillier à celui qui assistait le sacristain, par exemple pour sonner les cloches, allumer et éteindre les cierges, ouvrir et fermer les portes de l’église.
Pendant de longs siècles, l'administration des biens ecclésiastiques est restée entièrement aux mains du clergé, sous le contrôle de l’Évêque. C'est au 9e siècle que le nom de marguilliers, "matricularii", fut donné à des officiers de l'église. Dès cette époque, le partage des dîmes devait se faire en présence de deux ou trois paroissiens. C'était le premier pas qui mènera les laïcs à participer directement à l'administration des biens paroissiaux. Je cite :
« Sous l'Ancien Régime, cette fonction avait pour but de décharger les curés d'une administration à laquelle ils étaient souvent mal préparés et d'une responsabilité quelquefois lourde et à laquelle on n'était pas fâché de substituer celle des laïcs ».
Outre les biens propres de l’église qui pouvaient être mis en péril, il y avait aussi l’entretien quotidien du lieu, citons :

« les clôtures autour de l’église étaient souvent mal entretenues, le terrain était envahi par les bestiaux qui venaient y paître, les femmes y étendaient leur linge ; on y déposait le bois, planches et perches nécessaires à certains travaux ». 

acte de décès de François PAUSAC, marguillier

Les marguilliers sont élus par les habitants du village, en général au moment de la grand-messe ou des vêpres. Citons :
« Le notaire, personnage éminent du village se place à la porte de l'église, il intercepte les moins rapides à se rendre à la taverne qui n'ouvre qu'à l'issue du Saint-Office, et en présence du curé et ... d'une bonne dizaine d'habitants constituant la plus saine et grande partie des habitants, les marguilliers vont être élus ».

Élu ou nommé, le marguillier est tenu a priori de savoir lire et écrire, ce qui n’était pas toujours le cas. « Ils sont nommés plus pour leur bonne volonté que pour leur connaissance de la comptabilité ou de l'écriture. Certaines nominations devaient être le fruit de la collusion de certains habitants contre tel ou tel voisin. On n'était pas trop mécontent de pouvoir se venger de la sorte. Et comme l'heureux élu ne pouvait pas refuser ! Et pourtant, leurs fonctions revêtaient théoriquement une importance capitale pour la vie religieuse ».
À gauche, tableau datant de 1897 représentant des marguilliers, à droite, un banc datant de 1755 réservé autrefois à ces derniers dans l’église de St-Ayol-de-Provins (à l’est de l’agglomération de Paris). 
exemple d'un autre François PAUSAC, marguillier qui, en 1761 à St-Cernin-de-Labarde, parraine un enfant présenté devant l'église pour être baptisé et sans doute recueilli
Ainsi, certains de nos ancêtres furent impliqués étroitement dans la gestion de la vie religieuse de leur village. La fonction de marguillier en était un symbole fort. Sa connaissance nous a permis de soulever le voile que les ans avaient tissé et de révéler un peu plus combien la religion conditionnait alors leur quotidien.




[1] Le temporel : ensemble des biens matériels de l’église
[2] Prébendes : Initialement, la ration journalière à fournir aux moines et aux ecclésiastiques, puis le sens se rétrécissant, le revenu alloué à un chanoine. La prébende fut abolie, en même temps que la dîme et autres biens du clergé, par l’Assemblée nationale constituante. Au moment où éclata la Révolution, on voyait encore plusieurs seigneurs en possession de ces espèces de prébendes. Le comte d’Armagnac en avait une dans l’église d’Auch, dont il était le premier chanoine.

23 décembre 2016

2016, l’année d’une pause


Absorbé par la recherche de nouvelles informations me permettant de connaître davantage la généalogie des PAUSAT, je n’ai pas vu arriver cette fin d’année.

Peut-être, suis-je victime d’une nonchalance méridionale, tel « Le sous-préfet aux champs[1] » tentant de rédiger un discours pour ses administrés et qui y renonce, succombant à la chaleur, au charme de la nature, le parfum des violettes, le chant des fauvettes.. ou encore, ai-je vécu une accélération temporelle, dont sont victimes les personnes d’un certain âge ?

Non, pour ma défense, je plaiderai avoir fait simplement une PAUSE. Ceci n’est pas étrange pour nous autres ayant pour patronyme ce participe du verbe occitan, je me suis donc « PAUSAT », c’est-à-dire reposé.

Cependant, ceux qui ont consulté le site[2] ont pu constater qu’une mise à jour importante avait été réalisée, précisant les communes où furent cités les premiers individus recensés dans les registres paroissiaux (avant 1680). Ainsi, on peut constater que chaque berceau contient un à plusieurs groupes de ces communes. Ces groupes ont été baptisés « foyer » et constituent donc les racines des arbres généalogiques des PAUZAT contemporains.

Exemple : le berceau Guyenne regroupe quatre foyers proches des villes d’Angoulême, Bergerac, Bordeaux et Périgueux. À titre d’exemple, le foyer « Bergerac » regroupe les communes de Bouniagues, Lliorac-sur-Louyre, Ribagnac et St-Cernin-de-Labarde.

Le dépouillement des actes de ces communes nous permettra de remonter le temps jusqu’à nos jours et à trouver, grâce à votre participation, le lien avec les contemporains.

En attendant de cueillir le fruit de ces recherches, j’ai le plaisir de vous souhaiter, ainsi qu’à vos proches, mes meilleurs vœux pour 2017 et de passer de très bonnes fêtes de fin d’année.



[1] court récit des Lettes de mon moulin d’Alphonse DAUDET
[2] site : https://sites.google.com/site/geneapauzat/

17 mai 2016

Les métiers de nos ancêtres


Préambule

Depuis ce début d’année, ces quelques mois ont été consacrés au rituel du « nettoyage de printemps », essentiellement, pour faire un toilettage complet du site en français de la généalogie des PAUZAT : https://sites.google.com/site/geneapauzat.
La raison majeure de cette opération a été de définir plus précisément les berceaux, zone limitée du territoire occitan regroupant le (ou les) village(s), où nos premiers ancêtres furent identifiés officiellement par leur surnom PAUSAT.
Pour mémoire, ceci se produisit officiellement qu’au moment de l’écriture des premiers registres paroissiaux confiée à l’église lors de l’ordonnance de Villers-Cotterêts, déclarée par François 1er en 1539[1]. Mais concrètement, ceci ne fut généralisé qu’environ un siècle plus tard.

Enfin, je profite de ces lignes pour remercier tous ceux et celles qui m’aident dans cette entreprise, me signalent des erreurs et s’offrent spontanément à m’aider dans nos recherches.

Quels étaient les métiers de nos ancêtres ? [2]

Nous allons nous intéresser à quelques métiers pratiqués par nos ancêtres dont certains ont été indiqués sur les actes paroissiaux. Précisons que, durant l’Ancien régime, la profession d’une personne était rarement citée dans ces actes. La rédaction de ces derniers était laissée à l’initiative du clergé et le parchemin étant coûteux, sans doute par souci d’économie, l’accent était surtout porté sur le respect de la pratique religieuse et non sur les qualités[3] de l’individu. Ceci sera corrigé après la révolution, quand fut imposé un formulaire unique et détaillé.

1- La vie paysanne :

Nous consacrerons la première partie de cet article aux travaux paysans dont l’objectif essentiel était de nourrir la population du pays.



Le choix de cette profession s’est imposé naturellement pour la majorité des peuples dès que nos ancêtres, de nomades devinrent sédentaires pour produire et vivre de la culture de certaines espèces végétales et de l’élevage du bétail. Cependant, durant l’Ancien régime, cette vie n’était pas de tout repos, comme le souligne cet extrait d’un ouvrage[4] consacré à ce sujet, évoquant ci-dessous les problèmes d’alimentation de cette époque : « Les hommes, en un certain sens, vivent d'abord pour manger. Suivant les impératifs de l'économie de suffisance à l'intérieur du village, les habitants dépendent exclusivement de leur terroir, de la récolte de blé, des céréales panifiables que la bonne ou mauvaise température leur permettra d'engranger, à la merci des disettes ou des famines, accompagnées de leurs séquelles accoutumées, maladie, épidémie ou mortalité. Le pain était jusqu'au XVIIIe siècle l'aliment de base de neuf hommes sur dix … Il était défendu de vendre son blé, même au village voisin, de peur qu'on n'en manquât soi-même. Une saison de sécheresse ou de pluie voire même quelques heures de grêle anéantissait les espoirs des populations. Faute de pouvoir s'alimenter, les habitants des campagnes s'affaiblissaient et devenaient une proie facile à la maladie, à l'épidémie et à la mort ».

Parmi les différentes professions relevées dans les actes paroissiaux de nos ancêtres paysans, nous pouvons citer :

- Berger, pâtre : curieusement, on ne trouve chez les PAUZAT qu’un seul cas se référant à des activités spécifiques à l’élevage. Sans doute, parce qu’il était entendu que ce travail faisait partie de celui agricole.
Ex : Jean-Baptiste PAUSAT SALENOVE (n°149) né à Arette (Béarn), pâtre à Romagne en 1863 (voir ci-dessous son acte de décès en 1881)


- Bordier : Agriculteur, appelé aussi laboureur à bras (qui ne dispose que de ses bras pour travailler), exploitant une borderie et payant une rente annuelle au propriétaire. Les borderies inférieures en général à 10 ha étaient plus petites que les métairies et le bâtiment principal ne comportait qu'une ou deux pièces.
Ex : Étienne PAUZAT (n°525) à Troche en Limousin, vers 1850 (cas unique, il a été aussi meunier).
- Brassier : Ouvrier n'ayant que ses bras pour gagner sa vie. La plupart des paysans de l'Ancien Régime sont appelés brassiers parce qu'ils n'ont qu'une concession sur leurs terres et leurs maisons, lesquelles appartiennent de droit au seigneur.
Il peut aussi s’agir d’un bûcheron chargé de faire du bois de chauffage et de l’empiler en brasses
Ex : Germain PAUZAT (n°1428) à Castelnaudary en Languedoc, vers 1740, sur l'acte de baptême de son fils François.


- Castreurs de bétail : ce métier est cité pour le Béarn : « Il passe chaque année en Espagne une grande quantité de faucheurs de foins et de bleds, des chastreurs de bestail qui vont travailler trois mois et rapportent quelque gain à la famille ». Ce métier devait être répandu dans toutes les régions, le castreur passant de ferme en ferme pour offrir ses services.
- Colon : métayer
Ex : Marie PAUZAT (n°109) à La Jubertie en Limousin, vers 1750
- État de labeur, labour :
Du latin labor (« labeur », « peine, effort »). Le latin a également donné labour qui a pris un sens spécialisé de « travail dans les champs » puis de « sillonner la terre », Ce terme a été relevé exclusivement en Béarn et en particulier pour les femmes.
Ex : Catherine PAUZAT dite SALANOBE (n°338) en Béarn, vers 1830

- Journalier : ouvrier agricole employé à la journée, terme usité principalement en Auvergne et au Limousin, aussi en Béarn pour … les femmes !
Ex : Antoine PAUSAT (n°1267) à St-Hilaire-Lastours en Limousin, vers 1740
- Laboureur : paysan possédant en propre des moyens de labour (araire, charrue, animaux de trait, etc.), en général, locataire d’une métairie (métayer), très usité dans toutes les régions, concerne autant les hommes que les femmes.
- Ménager : agriculteur petit propriétaire, dénomination trouvée en Provence
ex : Charles PAUZAT (n°971) à Salon-de-Provence, vers 1680
- Ménagère : Personne travaillant au profit d'un ménage, d'une maison. Surtout employé au féminin, ce terme désigne souvent les célibataires vivant chez leurs parents ou leurs frères. Parfois, il qualifie les épouses de laboureur, essentiellement en Béarn, vers 1830.
- Propriétaire cultivateur : désignation indiquant que la famille de cet individu était passée du statut de métayer à celui de propriétaire, sans doute ceci au prix d’efforts continus sur plusieurs générations et signalons-le, grâce au droit d’aînesse qui évitait la dispersion des biens.
ex : Jean PAUZAT (n°1419) à Jumilhac-le-Grand en Limousin, vers 1830
- Servante cultivatrice : terme assez rare trouvé en Limousin qui doit correspondre à celui de journalière travaillant aussi dans une ferme comme domestique.
Ex : Marie Jeanne PAUZAT (n°1291) à Château-Chervix en Limousin, vers 1870
- Travailleur de terre : travailleur (journalier, ouvrier agricole)
ex : Jean PAUZAT (n°2029) à Liorac-sur-Louyre en Guyenne, vers 1700 (acte de B de son fils)

De même que Pierre PAUZAT dit Béluquet (n°789) à Salon-de-Provence vers 1570 : travailleur

Après ce parcours des métiers de nos ancêtres paysans, nous aborderons dans une deuxième partie faisant suite à cet article, ceux aussi pratiqués dans les villages pour assumer ce que l’on pourrait appeler l’intendance de l’économie locale.



[1] Cette 
ordonnance est le plus ancien texte législatif pour partie encore en vigueur en France. C’est l'acte fondateur de la primauté et de l'exclusivité du français dans les documents relatifs à la vie publique du royaume de France.
[2] Voir le site : http://www.vieuxmetiers.org/
[3] Dans le sens de condition sociale, civile, professionnelle
[4] Réf. à « La mentalité paysanne en France sous l’ancien régime (XVIe -XVIIIe siècle) » de Claude Galarneau

1 janvier 2016

Les vœux du nouvel an

Nous voici à l’aube d’une nouvelle année. Elle nous donnera, je le souhaite, l’opportunité de poursuivre la recherche de notre généalogie et de l’histoire de nos ancêtres. 

Monastère de Sant Pedro de Roda

Quelques informations d’actualité :
- Avec l’aide de certains d’entre vous, la généalogie des PAUZAT s’enrichit progressivement et il est maintenant possible d’en connaître un peu mieux les racines. Cette nouvelle situation va nous permettre de préciser encore davantage les lieux où vécurent les premiers PAUSAT. Ce sujet sera intégré dans la nouvelle version du site en français « geneapauzat » qui est en cours de finalisation.
- Le dernier article publié dans ce blog évoque un PAUZAT dont la tombe se trouve à Saint-Jean-de-Luz. Grâce à l’intervention d’une personnalité de cette ville, nous pouvons désormais dresser son arbre généalogique jusqu’au 17e siècle.

Pour conclure, souhaitons donc bonne année à tous les PAUZAT et leurs familles, sans oublier ceux dont les ancêtres portaient aussi ce patronyme, modifié par les rédactions successives des actes, qui se nomment aujourd’hui POUZAT, PAUZAC etc.
Rappelons aussi ceux qui ont conservé le patronyme tel qu’il s’écrivait à l’origine avec la lettre S, PAUSAT, dont on retrouve quelques contemporains, par exemple aux USA, dans le Kentucky et le Connecticut.

À bientôt sur ce blog.

5 novembre 2015

La tombe de St-Jean-de-Luz

En ce début du mois de novembre, alors que de nombreuses familles se recueillent sur les tombes de leurs défunts, penchons-nous sur celle de Gabriel PAUZAT, située à St-Jean-de-Luz au cimetière de St-Joseph.

Sur sa stèle est gravée une épitaphe dédiée à son fils[1], tel que le précise la plaque funéraire déposée à ses pieds.
"Né sur terre comme un ange, 
la guerre et l'exode, peine immense, 
nous laissa que ses cendres" 
Ce texte laisse deviner que la perte de cet enfant est un drame familial qui s’est déroulé dans un contexte houleux de notre histoire, une guerre et un exode, circonstances dramatiques entourant son décès.


Sous l’épitaphe précitée se trouve le nom de l’enfant, les dates et lieux de naissance et de décès.
Claude PAUZAT 
2-12-39 Paris 
2-7-40 Bordeaux 
Qui est cet enfant dont nous découvrons le visage dans un médaillon placé sur la stèle ? Qui sont ses parents dont les inscriptions sur cette tombe sont la seule source d’informations que nous ayons à ce jour ?
Celles-ci citées sur cette sépulture révèlent qu’il s’agit d’un couple :
- Gabriel PAUZAT né en 1899 et décédé en 1995, sans précision de lieux, marié à
- Maria de la Concepción PEREZ, sans doute de nationalité ou d’origine espagnole, née en 1907 et décédée en 2003, elle aussi sans précision de lieux.
En 1939, soit déjà résidant en France et fuyant les troupes allemandes, soit fuyant peut-être la dictature franquiste, cette dernière, à l’âge de 32 ans, accouche le 2 décembre à Paris d’un fils dénommé Claude. Quelques mois plus tard, ayant quitté la capitale française pour le sud-ouest, son fils est déclaré décédé à Bordeaux le 2 juillet 1940.

Rappelons le contexte de cette période troublée de notre histoire :
- La guerre civile en Espagne se termine le 1er avril 1939, par la victoire du général Franco. L'exode des populations en provenance de Catalogne devient massif après la chute de Barcelone le 26 janvier1939, dernier bastion des républicains. 
- À la même époque, la France se prépare à la guerre avec l’Allemagne qui est promulguée le 3 septembre 1939. 
- Début 1940, suite à l’avancée des troupes hitlériennes dans le pays, c’est la débâcle et l’exode des civils fuyant l’envahisseur. Le 22 juin, Pétain signe l’armistice et le gouvernement français se réfugie provisoirement à Bordeaux[2] avant de se rendre à Vichy. 

Dans l’éventualité d’un PAUZAT résidant en Espagne et fuyant le franquisme, nous avons, pour cette période, plusieurs PAUZAT susceptibles d’être proches de lui. 
Parmi ceux cités dans l’article du 29/12/2011 « les PAUZAT en Espagne », relevons en 1912 un Señor Bernardo PAUZAT « Inspector de Exploitation » résidant à Madrid, avec qui mon grand-père Jean Sylvain PAUZAT, né à Hendaye, a eu certainement des contacts. 

Existait-il alors une branche du berceau Béarn des PAUZAT issue de ceux ayant vécu à Cadix vers 1785 et qui faisaient commerce avec les Amériques ? Dans ce cas, Gabriel PAUZAT, comme ce Bernardo, en serait les descendants ? Cette hypothèse est très séduisante, mais nous n’en avons aucune preuve. Notons aussi que mon grand-père était à Paris (Brétigny /Orge) en 1939, par conséquent au même moment où Gabriel PAUZAT et sa femme y séjournèrent. 

Dans l’hypothèse où Gabriel PAUZAT n’aurait pas vécu en Espagne, on peut envisager un autre scénario : 
- Dans un premier temps, étant militaire et ayant séjourné dans l’une de nos colonies, s’y serait marié avec une émigrée d’origine espagnole, hypothèse étayée par la découverte d’un document paru au JO en 1928 et citant un Gabriel PAUZAT, sergent-chef au 16e régiment colonial. 


- L’indice qui vient confirmer, au moins partiellement, cette hypothèse est l’inscription reposant sur la dalle de sa tombe, témoignage indiquant « Les médaillés militaires à leur camarade ». 
- Plus tard, vivant en France, par exemple à Paris, il fuit la capitale comme beaucoup de ses compatriotes. 
- S’il a de la famille ou une possibilité de travail en Pays basque, il descend se réfugier à St-Jean-de-Luz, où il décède à l’âge de 96 ans. 

En conclusion, nous connaissons quelques PAUZAT du berceau béarnais ayant des liens avec l’Espagne et dont la descendance pourrait être parente du couple, objet de cet article. Remarquons cependant que le prénom Gabriel est peu usité chez les PAUZAT du Béarn, par contre, il l’est de manière significative en Auvergne et un peu au Limousin. 
Aujourd’hui, cette tombe est la seule source d’information le concernant. Quelles sont ses racines, les circonstances du décès de son fils ? Nous l’ignorons. 
Seul, le témoignage d’un proche s’il existe, ou les archives[3] des médaillés militaires pourront permettre d’en connaître un peu plus sur lui, en particulier l’identité de ses parents et son lieu de naissance.

[1] Qui reposerait, a priori, lui aussi dans le caveau
[2] Les allemands sont présents à Bordeaux dès le 24 juin
[3] Pour les informations datant de plus de 75 ans