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15 juillet 2020

Les PAUSAT en armes du berceau Languedoc - Pierre PAUSAT

Préambule : voir l'article précédent du 14/07/2020

Après avoir présenté en préambule l'objet de cette série d'articles, découvrons le premier des PAUSAT « en armes » du berceau Languedoc.

Pierre PAUSAT dit Languedoc



Dans le quartier populaire de la paroisse St-Michel, naquit le 12/02/1708 à Castelnaudary Pierre PAUZAT, le quatrième des neufs enfants de Durand PAUSAT exerçant le métier de voiturier[1] et de ménager[2] et de Catherine LINAS, sa femme.
À cette époque, Louis XIV vit ses dernières années de règne et mène la guerre dite de Succession d’Espagne[3]. Quand ce dernier décède en 1715, son seul héritier est son arrière-petit-fils Louis XV dont Pierre PAUZAT sera le contemporain.
Notons que tout jeune, il connut le passage de la peste qui ravagea la Provence et le Languedoc entre 1720 et 1722.
À l’âge de 23 ans, résidant toujours dans sa ville natale, il se marie le 30 janvier 1731 avec Isabeau PORTES, fille d’un brassier[4].
En 1733, ils ont une fille Catherine. Tout semble indiquer qu’il restera vivre à Castelnaudary.
Or, le 30 novembre 1734, pour une raison et des circonstances que l’on ignore, il s’enrôle pour 6 ans dans le Régiment de Cavalerie du Berry où on lui affecta le surnom[5] « Languedoc » qu’il gardera jusqu’à la fin de sa carrière militaire.
Lors de son enrôlement, sa fiche[6] note que : « outre le surnom qu’on lui a attribué, sa taille est de 5 pieds/3 pouces (soit environ 1,60 m), qu’il a les cheveux, la barbe et les sourcils noirs, le nez long, le visage basané, les yeux noirs et une cicatrice sur la joue gauche ». Rien donc du visage d’un jeune premier juvénile !


À cette époque, la France fait face à plusieurs conflits et a un besoin important en hommes[7].
Peut-être s’est-il laissé convaincre ou piégé par un sergent recruteur comme la lecture d’un ouvrage[8] consacré à l’organisation des régiments sous Louis XV l’évoque :
« Le recrutement était normalement du ressort du capitaine du régiment, mais ce pouvoir était délégué en fait aux sergents, voire à de simples soldats. Dans la pratique alors, des faussetés, des manœuvres frauduleuses et criminelles amenaient quelque pauvre diable à contracter un engagement de six ans. On assistait alors à des scènes, pathétiques de racolage, qui dégénéraient en véritables enlèvements ».
Remarque : pour ceux qui ont vu le film « Fanfan la Tulipe », l’histoire se déroulant exactement à cette époque, on assiste au début de ce dernier à une scène qui évoque cette pratique. Dans celle-ci, on voit un jeune paysan (joué par Gérard Philipe en 1952) qui se fait manipuler par la fille d’un sergent recruteur, se faisant passer pour une bohémienne disant la bonne aventure, qui lui révèle qu’en tant que militaire, il connaîtra le succès et la gloire.

Le même ouvrage précise : « Au moment de la signature, on donnait 20 livres pour prix de 6 années de service (soit l’équivalent de 256 € actuels), la solde était payée d'avance pour cinq jours en temps de paix, pour dix jours en temps de guerre. Cette solde beaucoup trop modique, surtout vers 1755, condamnait le soldat à une misère intolérable.

Ces informations nous laissent perplexe sur les motivations de Pierre PAUSAT le poussant à s’engager dans une carrière militaire qui durera finalement 18 ans. Sachons, cependant, selon les mêmes sources que : « Le soldat pouvait travailler en ville. Il devait rentrer au quartier à huit heures du soir ». Mais cette ville pouvait-elle être Castelnaudary ? Ceci est douteux, car les régiments, en temps de paix, étaient toujours cantonnés ou en quartier sur la frontière du nord et de l'est, points vulnérables du royaume.

En 1735, son régiment prend ses quartiers à Clermont-Ferrand, bien loin de la ville qu’il a quittée et où sa femme et sa fille sont supposées encore y résider. Mais ceci ne l’empêchera pas d’avoir un second enfant en 1736, un fils nommé Henry qui fera l’objet de l’article suivant et dont le parcours permettra d’éclaircir les raisons qui pousseront ce dernier à aller vivre à Marseille et à initier ainsi la seule branche survivante du berceau Languedoc.

En avril 1738, il obtient le grade de brigadier (l'équivalent de caporal) et le 30/11/1740, il renouvelle son engagement pour une seconde période de 6 ans, laissant seule une nouvelle fois sa femme, cette fois-ci avec deux enfants.

On suppose donc qu’il participa à la guerre de Succession d’Autriche[9] et en particulier à la bataille de Fontenoy le 11/05/1745 qui se déroula aux Pays-Bas autrichiens (l’actuelle Belgique).
Notons que ce fut à l’occasion de cette bataille que s’échangèrent entre les Français et les Anglais qui se faisaient face des exhortations qui n’ont plus cours de nos jours, comme celle de proposer à l’adversaire l’avantage de faire feu les premiers et dont on ne retiendra que la fameuse phrase devenue historique : « Messieurs les Anglais, tirez les premiers ! »[10].



Le 04/05/1749, alors qu’il a quitté l’armée depuis 1746, il se rengage une troisième fois pour 6 ans dans le même régiment. Il terminera sa carrière militaire en 1755, après y avoir consacré 18 ans de sa vie.
On ignore s’il put bénéficier d’une pension de retraite, sachant que celle-ci ne sera officialisée par une ordonnance de Louis XV qu’en 1762, d’une valeur de 100 livres environ par an et d’un habit tous les 6 ans, mais …. seulement pour ceux ayant 24 années de service (3 x 8 ans et non plus 6 ans) et seulement deux élus par bataillon[11] !

Vingt ans plus tard, il décédera à Castelnaudary le 25/02/1775, à l’âge de 77 ans. 

note : le prochain article sera consacré à son fils Henry PAUSAT


[1] Le voiturier était un transporteur de marchandises au moyen de chevaux, de charrettes ou même d'une diligence. Souvent, il était propriétaire de son véhicule.
[2] Personne travaillant au profit d'un ménage, d'une maison
[3] La guerre de Succession d'Espagne, menée par une coalition européenne pour empêcher le comte d'Anjou second fils du dauphin de devenir roi d'Espagne commence en 1701. La France après quelques victoires connaît de nombreux revers. La paix est signée à Utrecht en 1714 et confirme l'accession d'une branche des Bourbon sur le trône d'Espagne.
[4] Ouvrier n'ayant que ses bras pour gagner sa vie
[5] Le surnom, pratique usuelle dans l’armée à cette époque, n’avait pas le même rôle social que dans la vie civile. Le surnom restait la « propriété » de la compagnie et était donc unique chez celle-ci. Une fois le militaire muté par ailleurs ou quittant l’armée, ce surnom devenait disponible pour une nouvelle recrue.
[6] Ces fiches sont consultables sur le site mémoire des hommes, dans les registres matricules de l’Ancien Régime (1682-1793) sur le lien : https://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/fr/arkotheque/inventaires/ead_ir_consult.php?ref=RCT-AR-2&c=GR%201%20Yc%20861&fam=10
[7] En 1734 a lieu la guerre de succession de Pologne, conflit européen qui durera de 1733 à 1738 et en avril l’Autriche déclare la guerre à la France.
[8] « Les régiments sous Louis XV » de Lucien Mouillard : http://pfef.free.fr/Anc_Reg/Unif_Org/Mouillard/mouillard.htm
[9] La guerre de Succession d’Autriche durera de 1740 à 1748.
[10] Contrairement aux apparences, cet échange ne doit rien à la courtoisie ou à la politesse. Une règle du combat d'infanterie interdisait à une troupe de tirer la première dans un combat rapproché, afin de ne pas être désarmé ensuite devant le feu de l'ennemi, le rechargement des armes s'avérant très long.
[11] Voir l’ouvrage : « Une politique de la vieillesse : la retraite des vieux soldats, 1762-1790 » par Jean-Pierre BOIS

14 juillet 2020

Les PAUSAT en armes du berceau Languedoc - Préambule



Préambule :


Il existe en Languedoc à Castelnaudary un berceau où nos ancêtres vécurent jusqu’à la fin de l’Ancien Régime. Nous en ignorons l’origine[1], mais depuis les premiers témoignages de son existence au 16e siècle, nous savons que les générations suivantes s’y sont succédé sans interruption[2]jusqu’au départ de Henry PAUSAT vers Marseille pour y créer la seule branche actuelle qui permet encore aujourd’hui de faire perdurer ce berceau Languedoc.

En tant que résidants de cette localité, on peut supposer qu’ils vécurent essentiellement de petits métiers liés directement à une économie citadine, c’est-à-dire non agricole : les hommes louaient leurs bras à la journée (brassier, portefaix), voiturier, de l’artisanat (serrurier, cordonnier) et sans doute aussi pour satisfaire les besoins en main-d’œuvre de la construction puis de l’exploitation du canal du midi[3].

Pour échapper à leur sort, comme souvent par ailleurs, certains n’hésitaient pas à s’engager dans l’armée. Or, à la fin du règne de Louis XIV et au début de celui de son successeur Louis XV, la dégradation de la situation économique du pays et les multiples guerres engagées avec ses voisins favorisèrent cette tendance.

C’est dans ce contexte[4] agité, fin de l’Ancien Régime et remise en cause des équilibres nationaux en Europe, que nous découvrons une famille de PAUSAT protagonistes, certes mineurs, mais qui participèrent à ces soubresauts de l’histoire.

Nota : Je tiens à remercier Mme Nicole MAGUET qui, cherchant comme moi des ancêtres ayant rejoint l’armée durant la période précédant la fin de l’Ancien Régime, m’a informé de la possibilité de trouver ces informations via le site gouvernemental mémoire des hommes[5]. Ainsi c’est en consultant ce dernier que j’ai pu accéder à des informations complémentaires, mais aussi à de nouvelles, me permettant de pouvoir rédiger ces articles que je vous propose de découvrir.


- Articles diffusés antérieurement :
    o le 08/08/2011 : Le 10 août 1792 à Paris, deux PAUZAT à l’assaut des     Tuileries
    o Jean-François PAUZAT : La carrière militaire
        § le 05/11/2014 : Jean-François s’engage dans l’armée
        § le 15/01/2015 : la campagne de St-Domingue

- Articles en cours de diffusion :
    o le 14/07/2020 : Préambule
    o le 15/07/2020 : Pierre PAUSAT

- Articles futurs à rédiger :
    o Henry PAUSAT
    o Les fils de Henry PAUSAT
    o les fils de Germain PAUSAT 
    o Noêl PAUSAT 


[1] Soit, il s’agit d’un berceau qui s’est formé à Castelnaudary, soit au fait que des PAUZAT d’un autre berceau déjà existant le quittèrent pour y aller vivre, ceci à une date antérieure à la rédaction des premiers registres paroissiaux.
[2] De tous les individus recensés, il n’existe qu’un seul cas semblable de berceau type « irréductible village gaulois », il s’agit du berceau béarnais centré sur les villages d’Arette et Issor.
[3] L’exploitation du canal du midi à partir de 1681 devait jouer un rôle majeur dans l’économie locale (manutention des produits comme le grain, le vin, etc.). Citons aussi : « Dès sa mise en service, le canal est utilisé pour le transport des voyageurs et du courrier. Un service de malle-poste est mis en place sur des bateaux empruntant le canal. Comme pour les diligences de la malle-poste, les bateaux sont tirés par des chevaux sur les chemins de halage. Ce type de transport est considéré comme moderne pour l'époque, grâce à sa régularité, son confort, sa sécurité et sa rapidité qui constituent une amélioration par rapport à la route. De plus, le trajet peut s'effectuer toute l'année. La durée du voyage est de quatre jours de Toulouse à Sète ».
Remarque : construit en deux phases durant la seconde partie du 17e siècle, son ouvrage a nécessité une main-d’œuvre importante. Est-ce à l’occasion de ce chantier colossal que des PAUZAT, migrèrent de leur berceau d’origine vers Castelnaudary pour y chercher un travail de longue durée et plus rémunérateur ?
[4] Il existe aussi un autre cas semblable d’engagement dans l’armée, sans doute pour les mêmes raisons. Il s’agit de Jean PAUSAT dit CAMGROS, né à Issor en 1745. Il est enrôlé comme soldat en 1774.
[5] https://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/








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4 septembre 2019

Nos ancêtres charrons (2/2)

Il y a quelques mois, j’ai publié un article[1] évoquant nos ancêtres ayant exercé le métier de charron. Or, il se trouve curieusement qu’aucun de ceux répertoriés alors n’était originaire du Béarn. Cette anomalie est désormais corrigée, ayant eu la chance de pouvoir disposer d’informations supplémentaires concernant les charrons de la vallée de Barétous[2].

La raison de cette lacune est due principalement au fait qu’un charron pratiquait en fait plusieurs métiers, comme celui de maréchal-ferrant et/ou de forgeron, ceci afin de s’adapter aux besoins réels de ses clients. Ceci explique que, les documents officiels n’indiquant que l’un de ceux-ci, les autres métiers ne soient pas cités, par exemple lors de la rédaction d’un acte de mariage. Dans le cas des charrons de la commune d’Arette, Noël Pauzat est présenté comme charpentier.


Cette diversité de métiers est très bien expliquée dans la revue « En Barétous, hier et avant-hier », les Pauzat « étant plutôt travailleurs du bois », ils s’associaient avec les autres artisans du village. Citons un extrait de ce qu’il en est dit sur ce sujet dans l’article « Anciens charrons du Barétous », évoquant l’exemple des Pauzat :


Ces Pauzat auront donc été des charpentiers-charrons pendant deux générations. Sur l’extrait de leur arbre généalogique présenté ci-dessous, nous voyons que le grand-père est laboureur, pasteur de brebis, tandis que ses deux premiers fils Noël et Ambroise[3] choisirent d’être charpentiers, en travaillant sans doute ensemble à Arette.
Le troisième fils Grat, le cadet, a quitté son village pour vivre à Bordeaux, exercer le métier de cocher et enfin partir à Dunkerque pour devenir douanier, comme ce fut le cas d’autres Pauzat originaires d’Arette[4].
Pierre, fils de Noël, seul représentant de la seconde génération, est resté auprès de son père pour ensuite lui succéder. Ayant perdu sa première femme lors de l’accouchement de sa fille Jeannette, et malgré son remariage, il n’aura plus d’enfant. Cette situation entraîne donc la fin de cette courte lignée de charrons chez les Pauzat béarnais.

ci-dessous l’extrait de l’arbre généalogique de la branche LAMOTHE, concernant les PAUZAT charrons.




[1] Article du 18/12/2018 : « Nos ancêtres charrons »
[2] Informations publiées dans la revue « En Barétous, hier et avant-hier » (n°12 de juin 2017) par l’Association culturelle du Barétous et obtenues gracieusement par l’intermédiaire de M. Jean Arrègle.
[3] Précisons que nous n’avons, à ce jour, aucune confirmation précisant qu’Ambroise est pratiqué le métier de charron. Cependant ceci semble probable, surtout dans le cas où il soit resté travailler avec son frère.
[4] Voir l’article du 30/01/2013 : « Les Pauzat douaniers »

7 avril 2019

N’hésitez plus à rechercher vos ancêtres !

Alors que le salon de la généalogie s’est ouvert à Paris dernièrement, nous avons appris que : « Près de sept Français sur dix ont déjà entrepris des recherches sur leur famille ». Si vous ne faites pas encore partie de ces derniers, mais si vous avez souvent nourri le projet, toujours reporté, de connaître votre généalogie, voici le moment de franchir le pas.


Aujourd’hui, notre site geneapauzat recense sans doute environ 80 à 90% de nos ancêtres[1] et si depuis sa création, certains arbres généalogiques ont été entièrement[2] réalisés, ceci n’a été possible que grâce à l’implication de leurs descendants actuels. En effet, eux seuls ont accès à la connaissance[3] de la première partie de leur arbre (voir ci-dessous, étape 1), celle où ils constituent la première génération, les suivantes permettant d’accéder à leurs arrière-grands-parents.

 
Le contenu de la seconde étape est déjà largement recensé dans la base geneapauzat, et à l’image d’un puzzle, il suffira d’appareiller les « pièces » les unes aux autres.
S’il certaines sont manquantes, une recherche dans les archives départementales et/ou dans les mairies devrait permettre de compléter cette étape, si la commune d’origine est bien sûr connue.

Si vous doutez de la pertinence de vous engager dans cette voie, croyant n’acquérir finalement qu’une liste rébarbative de prénoms et de dates, cette approche est totalement réductrice.
La découverte de votre généalogie est la possibilité de connaître des faits et des détails qui font partie de vos racines. Notre blog, par l’intermédiaire de ses articles, en a montré de multiples exemples.

 
Exemple de recherche : des PAUZAT contemporains sont les descendants de Pierre PAUZAT violeuneux[4], à l’image de ces musiciens représentés dans le tableau ci-dessus, vivant vers 1650 à Douchapt en Dordogne. Franchiront-ils le pas pour établir leur lien avec ce dernier ?


Pour vous aider à répondre positivement à cette invite, je vous propose de finaliser ensemble votre arbre généalogique.
- Pour se faire, il est nécessaire de me communiquer[5] le contenu de l’étape 1, en renseignant le formulaire du site geneapauzat (en bas de la page 01-2 : renseignements) ou sous la forme qui vous convient[6]. 
- Je m’engage ensuite à compléter ces informations en y joignant celles contenues dans la base de geneapauzat (étape 2).
- Les informations manquantes feront l’objet de recherches communes auxquelles pourront se joindre, s’ils le souhaitent, les lecteurs de ce blog.

Remarque (étape 1) : N’oubliez pas qu’un repas de famille, à l’occasion d’un mariage ou autre, est l’opportunité rêvée pour collecter ces informations. Vous obtiendrez en quelques minutes ce qui prendrait énormément de temps si vous le faisiez seul.




[1] Il s’agit des personnes portant le patronyme PAUZAT et dérivés (PAUSAT, POUZAT, etc.)
[2] Il existe, souvent incomplet, des arbres établis à partir des données recueillies sur notre site geneapauzat. Ils sont consultables sur ce dernier : https://sites.google.com/site/geneapauzat/
[3] Ces informations n’étant pas consultables dans les archives départementales
[4] Violoniste jouant de la musique populaire, de la musique traditionnelle ou folklorique.
[5] Envoyer vos informations à l’adresse : geneapauzat1@gmail.com
[6] Pour chaque individu, indiquer les nom/prénom ainsi que, dans la mesure du possible, les dates et lieux de N, M et D

8 janvier 2019

Vœux du nouvel an 2019

En ces jours propices aux réunions familiales, je saisis cette occasion pour souligner combien ce moment est privilégié pour prêter attention plus particulièrement à nos « anciens ».

Auparavant, toute la famille vivait sous un même toit, un « feu ». Le soir à la veillée, réunis autour de la cheminée, les adultes évoquaient les événements passés. Peu à peu, les nouvelles générations découvraient l’histoire de leur origine, récit éphémère qui ne survivait que par cette transmission orale.

Aujourd’hui, s’il n’en est plus ainsi, une majorité d’entre nous a eu tout de même accès à celui-ci, mais ce n’est pas le cas pour certains.
Pour eux qui n’ont pas pu recueillir ces informations, j’exprime le vœu qu’ils puissent y parvenir avant qu’elles ne disparaissent. Ils n’auront pas alors le regret d’avoir perdu la possibilité de connaître le récit de leur mémoire familiale[1].
En m’inspirant d’un proverbe africain[2], je l’interpréterai ainsi pour cette occasion :
« Avant que les traces des pas de tes ancêtres s’effacent, retourne-toi et cherche à savoir d’où elles viennent ».

Notre blog s’inspire de ce précepte. Une liste de noms et prénoms accompagnée de dates peut établir une généalogie, un test ADN une origine géographique, mais pas nous renseigner sur l’histoire de notre propre famille, nos racines.

Pour tous, j’espère que vous avez passé d’agréables fêtes de fin d’année et je suis heureux de vous présenter mes meilleurs vœux pour 2019.





[1] Pour ma part, j’ai le remords de n’avoir pas su saisir les rares occasions qui se sont présentées pour écouter ma grand-mère paternelle.
Il y a quelque temps, une jeune lectrice de ce blog, n’ayant plus de contact possible avec sa famille paternelle et se sentant orpheline de ses racines m’a aussi exprimé le même besoin.

[2] Ce proverbe africain dont je me suis inspiré est : « Si tu ne sais plus où tu es, retourne-toi et regarde d’où tu viens ».

9 décembre 2018

Nos ancêtres charrons (1/2)

Si la majorité de nos ancêtres exerçait le métier de cultivateur, sous ses différentes formes[1], on trouve très peu d’artisans, ayant été charrons. 
A priori, cette profession qui rend des services indispensables à des multiples d’autres, ne semble pas être représentée à la hauteur qui aurait dû l’être parmi celles des PAUZAT et POUZAT recensés dans notre base généalogique[2]. Qu’en est-il vraiment ?

En quoi consiste le métier de charron.
Un charron est une personne spécialisée dans la construction et la réparation des véhicules à traction animale, notamment dans le cintrage et le cerclage des roues.

Ateliers de charrons et sculpture d’un charron à l’église de Heudicourt dans l’Eure.

De façon plus précise, citons :
« Á partir du moment où l'homme a utilisé la roue pour construire des véhicules, il y a eu des charrons. Ce métier existe probablement depuis plus de 4000 ans.
Charron vient tout droit du métier de charpentier puisque déjà dans le haut Moyen Âge, il faut maîtriser le travail et l’assemblage du bois pour bâtir châteaux et cathédrales. Parmi les différentes spécialisations est né le métier de charron qui s’est consacré à la fabrication des charrettes et autres moyens de roulage même si à la campagne, le métier présentait une polyvalence plus large.

Tout d’abord le charron s’occupait de l’outillage du jardinage et des champs et des bois. Il façonnait de nouveaux manches pour les bêches, fourches, les râteaux, les haches et les pioches. En morte-saison, il fabriquait et réparait les râteaux pour retourner le foin. Mais le gros de son travail consistait à construire les charrettes, tombereaux, surtout les voitures des paysans du village.

La fabrication de la charrette demandait une dextérité et un savoir-faire importants notamment pour la confection des roues qui constituait la partie la plus délicate du travail ; c’est à leur solidité et à leur longévité que le charron devait sa renommée. Leur réalisation reposait sur de longs mois d’apprentissage et faisait appel à des notions de physique, de géométrie, de dessin, plus une connaissance affirmée du bois et de son travail
».

L’atelier de charronnerie était indispensable à chaque 
village, au même titre que celui du forgeron ou du maréchal ferrant. En 1840, on estimait qu’en Lorraine il y avait environ un charron pour 300 habitants. Mais à partir du milieu du 20e siècle, ce métier devint obsolète.

Combien de nos ancêtres furent-ils charrons ?
À ce jour, on en recense que quatre dont trois le furent de père en fils en Guyenne, au nord-ouest de Périgueux. Le quatrième vivait en Auvergne au nord de Clermont-Ferrand. 



* vous pouvez visualiser la courte vidéo ci-dessous montrant un aperçu du métier de charron



- Jean PAUZAT (n°3537) né à Douchapt en 1827
- François PAUZAT (n°987), son fils, né à Douchapt en 1862
- Adolphe PAUZAT (n°4432), le petit-fils du premier, né à St-Méard-de-Drône en 1896
- Auguste POUZAT (n°3232) né à Varennes-sur-Morge (Auvergne) en 1902. Pour information, il sera charron au Cheix sur Morge en 1930, à Ennezat en 1931.

Remarque : S’il n’a pas été trouvé de charrons durant l’Ancien régime, ceci semble être dû au fait que le métier était rarement cité dans les actes paroissiaux, contrairement aux actes qui suivirent. On pourrait donc imaginer qu’il y aurait eu davantage de charrons portant notre patronyme.

Malgré ce handicap de notre recensement, le nombre d’individus trouvés semble apparemment faible. Mais si pour la même période (1800- 1950), l’on rapporte celui-ci au nombre d’individus recensés dans notre base, on trouve un ratio de 4/793, soit 1 charron pour environ 200 personnes, ce qui est du même ordre de grandeur que celui indiqué pour les villages lorrains. Nos ancêtres exercèrent donc ce métier au même titre que leurs concitoyens et sont bien représentatifs de la répartition de ce métier dans notre pays.




[1] Journalier, métayer, propriétaire, etc.
[2] A ce jour, on y dénombre 1935 individus de sexe masculin ayant porté notre patronyme et ayant vécu entre la fin du 17e siècle et celle du milieu du 20e.

13 septembre 2018

Une erreur d’écriture !

Nous avions évoqué, il y a quelque temps[1], l’existence de deux orthographes différentes de notre patronyme, celles en terminaisons AT et AC. C’est ainsi que cohabitent pour une même région, parfois le même village, les deux patronymes PAUZAT et PAUZAC. 

Dans ce contexte, la lecture des actes d’état civil de plusieurs individus d’une même famille, ayant vécu en partie dans le même village, nous donne l’occasion de découvrir cette situation de manière concrète et d’entrevoir les conséquences que celle-ci peut provoquer.

Que s’est-il passé ?
Dans la même commune de St-Yrieix-la-Perche, en Haute-Vienne, pendant une période assez courte (1842-1847), certains individus d’une même famille ont vu leur patronyme rédigé différemment dans leurs actes d’état civil, alors qu’eux-mêmes, quand cela fut possible, signèrent correctement ces derniers.
Il s’agit de Jean Baptiste PAUZAT (n°847) et de l’un de ses deux fils Jean Baptiste PAUZAT junior (n°849). Le père sera enregistré avec la terminaison ZAC lors de son mariage en 1842 et de son décès en 1847, tandis que son fils le sera uniquement à sa naissance, lui aussi en 1842.


Remarques :
- Le second enfant, Philippe Jean PAUZAT (n°1581), quoique né en 1846 dans le même village, donc durant cette période, sera enregistré correctement sur son acte de naissance.
- Cette erreur se répétera à l’identique pour d’autres individus du même village ayant le même patronyme.
- Aujourd’hui, il est difficile de deviner la raison de ces anomalies. On peut toutefois soupçonner que selon le fonctionnaire de la mairie qui rédige l’acte, cette erreur ait pu se produire ou non. Cette hypothèse se vérifie a priori dans certains actes, car rédigés avec la même écriture, mais pas dans tous. 

La demande de rectification :
Ce qui singularise cette situation est qu’une demande en rectification du nom de famille a été faite vers 1872, soit 30 ans plus tard, pour :
- D’une part, l’acte de mariage du père, Jean Baptiste PAUZAT sénior (n°847), son acte de décès en 1847 n’étant pas évoqué.
- D’autre part, l’acte de naissance de Jean Baptiste PAUZAT junior (n°849).
Cette demande ayant été acceptée, on peut constater dans ces deux actes la mention de rectification rédigée en marge gauche, comme suit :


Rappelons que la requête de rectification du nom de famille est prévue par la loi depuis 1826 : 
Que s’est-il donc passé entre 1842 et 1872 pour motiver cette demande de rectification ? 

Quelle en est la raison ?
Pour connaître le motif de cette rectification, il faudrait pouvoir consulter les archives judiciaires du tribunal de St-Yrieix-la-Perche. Mais, les archives départementales numérisées n’y donnant pas accès, il faudrait pour se faire, se rendre sur place ou sans doute aux AD de Limoges. Pour le moment, nous ne serons donc pas ce qui a motivé cette démarche, sauf si un lecteur bienveillant de ce blog, voisin de cette commune, s’y rend et nous fait part de sa découverte[2].

Lors de la demande de rectification en 1872, Jean Baptiste PAUZAT junior était confiseur dans la commune voisine de Paysac en Dordogne et son frère Philippe Jean, sans profession lors de son mariage en 1867, était propriétaire au village de l'Hépital à Angoisse en Dordogne. Plus tard, ce dernier revient à St-Yrieix-la-Perche comme fonctionnaire des Contributions Indirectes où il restera pendant sa retraite jusqu’à son décès en 1899.
C’est probablement l’un d’entre eux, sinon les deux, qui on fait la demande de rectification.

Dans le cas qui nous intéresse, cette erreur d’écriture est d’autant plus sensible qu’elle désigne spécifiquement un autre patronyme porté par d’autres habitants de cette même ville ou des villages et hameaux voisins, dont certains ont le même prénom !
Citons par exemple :
- Jean PAUZAC (n°837), journalier, qui a 25 ans en 1863 au moment de son mariage et qui vit au lieu “Pouyoulou du levant”.
- Son père Jean PAUZAC (n°865), cultivateur au village du Queyroix
- Jeanne PAUZAC (n°1103), née à St-Yrieix-la-Perche en 1840,
- son père François PAUZAC (n°1108), âgé de 25 ans à cette date, meunier au moulin du Puy.
- Marie PAUZAC (n°4928), née à St-Yrieix-la-Perche en 1840
- Son père Jean PAUZAC (n°4929), cultivateur, demeurant au lieu de Lascaux Lafarge. Etc.
Signalons que les individus PAUZAC cités ci-dessus[1], en remontant seulement de deux générations, ont tous pour ancêtres des PAUZAT. Au même titre que certains POUZAT[2], les PAUZAC sont donc ici des PAUZAT qui s’ignorent !


[1] Article du 12/03/2014, intitulé « Premier regard sur les PAUZAT du Périgord ».
[2] Dans une telle éventualité, merci d’avance.
[3] À l’exception des deux derniers, pour lesquels je manque d’information
[4] Voir l’article « Les POUZAT sont-ils des PAUZAT qui s'ignorent ?» du 01/03/2011